Efsia Chanez, du lycée Pasteur, Ilyès Fhima, du lycée Victor Hugo, Anne-Laure Grandvoinnet, du lycée Pergaud, Samuel Bouadma, du lycée Condé, et Eliot Monnier, du lycée Ledoux, ont notamment porté auprès du recteur les remontées de leurs camarades sur l’orientation, les conditions matérielles dans les établissements et le remplacement des enseignants.
Parcoursup et absences au cœur des échanges
La question des absences et de leurs conséquences sur Parcoursup figurait parmi les premiers sujets abordés. Selon les représentants présents, le recteur leur a indiqué que les absences ne sont pas comptabilisées dans Parcoursup. Une information qui, expliquent-ils, contredit ce qui leur avait été précédemment présenté. ”On a abordé l’orientation, Parcoursup, tout ça. Il nous a dit que les absences n’étaient pas comptabilisées dans Parcoursup, on n’était pas du tout au courant !”, rapporte l’un des représentants. Un autre ajoute : ”On nous disait même le contraire, on ne savait pas, on n’était pas au courant, on nous disait juste le contraire, on nous a mentis !”
Les lycéens ont également profité de cette rencontre pour faire remonter plusieurs difficultés concernant les bâtiments scolaires.
Des établissements qui se délabrent
Isolation, état des locaux, internats ou sanitaires : les représentants ont dressé un état des lieux des difficultés rencontrées dans plusieurs lycées bisontins.
À Pasteur, ils ont notamment évoqué l’état de l’internat. Des problèmes concernant les toilettes ont également été signalés à Pergaud et à Victor Hugo. ”Il y a des lycées qui tombent en lambeaux”, rapporte une représentante, qui indique avoir également fait remonter ”tout ce dont on avait connaissance au niveau des locaux”.
Les élèves ont par ailleurs évoqué la présence de moisissures dans certaines parties de l’internat de Pasteur. ”Le fait qu’on ait donné des exemples concrets pour nos lycées, ça les a aussi aidés à comprendre à quel point la situation était inquiétante dans certains endroits”, estime l’une des représentants.
Le remplacement des enseignants a également été abordé. Les lycéens affirment avoir signalé au rectorat des situations qui, selon eux, n’avaient pas encore été portées à sa connaissance.
Le rectorat promet de faire remonter les problèmes
Face à ces remontées, Pierre Moya s’est montré, selon les représentants, ouvert à la discussion. ”Il a dit qu’il allait tout faire remonter, essayer de trouver des solutions”, explique l’un d’eux.
Le recteur leur aurait également fait état d’un recensement en cours afin d’identifier les établissements nécessitant des travaux prioritaires. Cette démarche concernerait également les écoles et les collèges. Les lycéens rapportent enfin que le recteur a évoqué "une hausse de 1,6 milliard d’euros du budget" consacré à l’éducation en France cette année.
Pour autant, les représentants ne considèrent pas cette audience comme une réponse à l’ensemble de leurs revendications. Ils estiment que les décisions susceptibles de modifier la situation de manière importante doivent être prises à un niveau supérieur.
”Ce n’est pas au niveau du rectorat que les choses vont changer drastiquement”
L’entretien a ainsi permis un échange direct, sans pour autant modifier la position des lycéens sur la poursuite du mouvement. ”On savait que ce n’est pas ce rendez-vous-là qui allait faire changer les choses”, explique l’un des représentants.
Il reconnaît toutefois avoir apprécié la qualité des échanges : ”C’est cool parce qu’il était ouvert à la discussion et qu’il n’allait pas contre nous.” Les élèves espèrent désormais que les remontées effectuées auprès du rectorat seront transmises au gouvernement.
Pour eux, le niveau académique ne dispose cependant pas des leviers permettant de répondre à l’ensemble de leurs demandes. ”Ce qu’il faut vraiment comprendre, c’est que le mouvement, il est national”, souligne un représentant. ”Ce n’est pas au niveau du rectorat de l’Académie Besançon que les choses vont changer drastiquement.”
Selon les représentants, les mesures attendues relèvent avant tout du ministère et du gouvernement.
Des lycéens satisfaits d’avoir été entendus, mais sans illusion
Malgré ces réserves, les représentants dressent un bilan positif de la rencontre avec Pierre Moya sur la forme. ”Oui, on a été très écoutés, il était plutôt compréhensif, il nous ont pris au sérieux”, assure l’un d’eux.
Un autre insiste sur le respect mutuel durant l’entretien : ”Là-dessus, on est vraiment heureux, il ne nous a pas pris pour des gamins pas contents, il a compris qu’il y a de vraies revendications derrière."
Les représentants disent ainsi avoir apprécié que les problèmes concrets rencontrés dans leurs établissements soient reconnus comme tels. ”Ils ne se rendaient pas compte que c’était des problèmes réels”, résume l’un d’eux, en précisant avoir abordé ”tous les sujets que nos camarades, à propos desquels ils étaient inquiets et qui nous ont fait remonter”.
Pas d’action mercredi, de nouveaux blocages jeudi
Aucune nouvelle action n’était annoncée mercredi à la sortie de l’entretien. Les représentants expliquent que le mercredi, traditionnellement réduit à une demi-journée pour de nombreux lycéens, se prête moins aux mobilisations. Ils n’excluent toutefois pas une initiative spontanée.
La mobilisation doit en revanche se poursuivre jeudi, avec des blocages annoncés. Les réunions de coordination entre lycéens et étudiants doivent également continuer.


