Réseau d'acteurs du territoire engagés dans les enjeux de la transition écologique, le club Climat et Grand Besançon Métropole ont ainsi souhaité permettre aux citoyens d’expérimenter et de ressentir concrètement les effets d’une chaleur extrême sur le corps et l’esprit. Pour cela, ils ont fait venir le camion Climate Sense derrière le théâtre de l’Espace à Besançon.
Cet ex-camion frigorifique a été transformé en chambre climatique mobile afin d’offrir une expérience immersive, conçue par Christian Clot avec l’institut Human Adaptation Institute. Sillonnant les routes, elle permet aujourd’hui d’expérimenter les activités d’une vie normale dans une température probable en France d’ici le milieu du siècle, soit 50°C à l’ombre.
Le dérèglement climatique ne s’explique plus, il se vit
Pendant 30 minutes, les participants sont ains invités à réaliser différentes activités physiques et cognitives. L'objectif : ressentir de manière concrète les effets d’une chaleur intense sur les capacités physiques, l'attention et la prise de décision.
Après des températures flirtant avec les 40°C durant la canicule, les participants se disent avant d’entrer que finalement, 10 degrés de plus ce n’est peut-être pas si terrible. L’entrée s’apparente pourtant tout de suite à une impression de pénétrer dans un sauna.
Le premier test correspond à une marche (simulée sur tapis de marche ou step) de 10 minutes à pied pour rendre visite à un membre de la famille ou encore se rendre au travail. Un trajet a priori basique à environ 4 km/h. Mais dans une atmosphère à 50 degrés, les mouvements sont tout de suite plus lents et pénibles, le souffle est plus irrégulier, les premières suées ne mettent pas longtemps à arriver et les dix minutes paraissent interminables.
Un temps de repos... qui n'est pas de tout repos
Heureusement, après cela, les participants ont le droit à une petite pause et un verre d’eau… à température ambiante ! Avec une eau à 50°C, la pause fraîcheur s’apparente plus à une punition qu’une véritable récompense. Des jeux sont mis à disposition pour se détendre. Mais là encore, les jeux d’adresse comme construire un château de cartes ou le parcours électrique deviennent plus compliqués. Le signal sonore ne cesse de sonner pour ce participant qui tente de réaliser ce jeu d’adresse électrique et s’étonne "je ne tremble jamais d’habitude !".
Les organismes ne sont pas les seuls à ressentir les effets de la chaleur, les objets du quotidien l’emmagasinent devenant ainsi plus difficiles à utiliser. Le téléphone portable est en surchauffe, les branches de lunettes commencent à être désagréables, tout comme cette tasse difficile à tenir en main ou cette montre en acier devenue pénible à porter.
Vient alors la dernière étape, qui propose des exercices simples de réflexion mentale. Et là, les choses se compliquent une fois de plus. Un problème de mathématiques simple nécessite plusieurs relectures de consigne. Même chose pour un autre exercice de base comme compter la lettre "e" dans une phrase où il est rare d’avoir le bon nombre du premier coup. À l’issue de l’expérience, on apprend dans une vidéo explicative que le cerveau est particulièrement sensible à la chaleur et que lors de fortes températures il est aussitôt "mis sous pression". Cela se traduit alors par un besoin de réduction de l’activité cérébrale et de perte de capacités cognitives (difficulté à réfléchir, perte de mémoire, confusion, irritabilité etc.). Oui, travailler lors de fortes chaleurs est plus difficile, cette expérience permet de s’en rendre compte rapidement et de manière très concrète.
La chaleur tue également. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment affirmé qu’environ 500.000 personnes meurent chaque année en raison de la chaleur.
En sortant, un relevé de température, comme à l’entrée, permet également de s’apercevoir du fait que notre corps souffre de la chaleur. Si avant l’expérience la température de notre journaliste était de 36.3°C, elle était de 37.6 à l'issue de celle-ci.
Une expérience qui marque les esprits
Si elle se veut aussi immersive, c’est parce que l’expérience Climate Sense a un but : permettre aux gens de mieux ressentir la chaleur et ses effets pour ensuite leur permettre d’agir. L’Human adaptation Institute à qui appartient le Climate Sense met en garde : "nous ne ressentirons pas une lente montée des températures, nous vivrons des soubresauts erratiques avec plus de pics climatiques en nombre et en intensité". À l’issue de l’expérience, les messages laissés par les participants sur le tableau blanc invitent ainsi "les élus", "les médias", "les climato-sceptiques", "Donald Trump" ou encore "tous les chefs d’entreprise" à venir tester l’expérience.
Mais l’expérience ne se veut pas pessimiste pour autant. Après celle-ci, les organisateurs diffusent une vidéo explicative qui met en lumière des solutions possibles pour agir concrètement sur le changement climatique. "Tout le monde peut agir à son échelle respective pour au moins deux choses", insiste Chrisitan Clot, le créateur du Climate Sense :
- "en adaptant son comportement pour réduire nos émissions et pollutions, ce qui réduira d’autant les risques de dérèglement.
- en agissant pour nous adapter, nous : nos infrastructures, nos éducations afin de mieux vivre les situations futures".
"Il n’est absolument pas trop tard, il est tout simplement temps", conclut Chrisitan Clot, à l’issue de la vidéo.
"Extrêmement désagréable et difficile"
Dans notre vidéo, retrouvez l’interview de deux participantes, Amandine Polet et Alice Cnockaert à l’issue de leur immersion dans le Climate Sense.
Infos +
- Quelques idées de solutions : https://climatesense.fr/hai-panneaux-expo-climate-sense/
- L'événement était organisé par Grand Besançon Métropole et le Club Climat, avec le soutien des 2 Scènes et des membres du Club Climat engagés dans son cofinancement : EDF, la CCI Bourgogne–Franche-Comté, NEO, Ingénierie Bois Noroy, Dalkia, Blanchisserie Textiles Services, les Éclaireuses et Éclaireurs laïques, Energy Cities, le CROUS Bourgogne–Franche-Comté et France Active Bourgogne–Franche-Comté.


