Sécheresse dans le Doubs : préserver l’eau, un combat de long terme aux conséquences déjà très visibles

Publié le 05/08/2026 - 17:30
Mis à jour le 05/08/2026 - 17:36

Le Doubs est en "crise sécheresse", niveau maximum, depuis le 17 juillet 2026. À cela s'ajoute la quatrième vague de chaleur qui frappe la région. L'écosystème du département est mis à rude épreuve. Quel est l’impact sur ce territoire où l’eau est une ressource devenue fragile ? Qu’en est-il de la production laitière, premier produit agricole de la région, qui est vulnérable vis à vis du manque de précipitations ? On en parle avec le directeur de l'EPAGE et un agriculteur.

L'Établissement public d'aménagement et de gestion de l'eau (EPAGE) Haut-Doubs Haute-Loue s'occupe, à travers de multiples actions, de rendre l'eau du Doubs plus propre et plus saine. C'est un combat de "moyen et long terme", nous explique Cyril Thevenet, joint par téléphone.

Le directeur de l'établissement ajoute que : "Même si nous avons des retours très positifs (…), s'il ne pleut pas, nous nous battons contre des moulins à vent". Ces efforts visent, de façon générale, à améliorer la qualité de l'eau qui s'écoule dans le département. Une des missions particulières sur laquelle se concentre l'EPAGE est d'améliorer la rétention naturelle de l'eau. Phénomène crucial lorsqu'il ne survient aucune précipitation, à l'image de ces dernières semaines.

L'année 2026 s'annonce record, dépassant les années 2018 et 2022, qui avaient elles-mêmes battu des sommets en termes de sécheresse. Si le vrai bilan ne pourra être fait qu'en septembre ou en octobre, Cyril Thevenet voit l'accélération des phénomènes climatiques extrêmes se concentrer sur les 5 à 10 dernières années. Ces exceptions sont en train de devenir la norme.

"Les prévisions à 2050 annoncent une baisse allant jusqu'à -45 % du débit du Doubs et de -10 à -20 % pour la Loue", prévient le directeur de l'Établissement public d'aménagement et de gestion de l'eau. Comment y faire face ?

Tous les moyens de ralentir l'écoulement des rivières et l'infiltration de l'eau dans les sols, afin de garder des zones humides et des rivières à flot, sont mis en œuvre, et ce depuis 30 ans. L'EPAGE travaille, entre autres, sur des chantiers visant à faire retrouver leur lit naturel aux différentes rivières et ruisseaux qui émaillent le territoire. Des rivières comme la Reverotte ou le Dessoubre ont vu leur tracé très fortement modifié : souvent, les méandres que faisaient naturellement ces cours d'eau ont été supprimés au profit de canaux en béton. Ainsi, l'eau s'écoule plus rapidement et, en hiver, lors des fortes pluies, déborde plus vite et disparaît dans les fossés au lieu d'irriguer des zones humides.

Pour rappel, le Doubs est une région karstique : les sols sont très vite traversés par l'eau de pluie, qui rejoint ensuite les rivières souterraines resurgissant à divers endroits du territoire. Chaque cours d'eau est précieux, autant pour l'eau potable qu'il va générer que pour l'écosystème qu'il traverse et nourrit. Ralentir l'infiltration a pour but de filtrer l'eau et de la rendre plus propre, mais aussi de permettre qu'elle irrigue les sols en restant plus longtemps à la surface de la terre.

La sécheresse a aussi un impact direct sur le monde agricole, et ce à plusieurs niveaux

Jean-Baptiste est un agriculteur installé sur les plateaux des portes du Haut-Doubs, un territoire bénéficiant de l'appellation d'origine protégée. Cette spécificité est à prendre en compte dans ce témoignage. L'appellation donne donc un contexte d'exploitation très spécifique. En nous faisant visiter sa ferme, cet exploitant nous précise qu'il ne peut pas être pris comme un exemple général, même s'il partage des problématiques communes avec d'autres exploitations laitières ne bénéficiant pas du label AOP.

Nourrir ses bêtes comme en hiver pendant l'été

Le manque de précipitations impacte son activité de différentes façons. D'abord, s'il ne pleut pas, l'herbe ne pousse pas dans les prairies et les vaches doivent être nourries autrement. En ce moment, il "donne la même ration de foin qu'en hiver, soit deux bottes par jour et une botte de regain" pour son troupeau de 60 vaches, dit-il, en rabattant le foin que les vaches ont poussé en le mangeant, hors de portée de leur museau. À cela s'ajoute une botte de foin pour les génisses. Ce rythme épuise ses stocks. Le foin qu'il devra acheter pour l'hiver sera de moins bonne qualité que celui récolté sur ses parcelles, car plus vieux. Il est "à ce rythme depuis la première semaine de juillet et probablement jusqu'à fin août", nous raconte-t-il. Et ce, même si les conditions hygrométriques devenaient soudainement optimales, il faudrait attendre quelques semaines pour que l'herbe pousse et que les prairies verdissent.

Comme la majorité des agriculteurs est dans son cas, cela provoque inévitablement une hausse des prix du foin, due à la rareté du produit couplée à la forte demande. S'il dit "avoir eu un printemps exceptionnel", lui ayant permis de bonnes récoltes, il ne pourra pas faire de regain d'ici la fin de l'été. Des pluies abondantes suivies d'un beau soleil ne lui permettraient pas de combler ce qui a été consommé pendant la sécheresse.

© Arthur Miserez

Baisse significative des rendements, donc baisse du revenu

La canicule impacte également la productivité des bêtes. En moyenne, lors de fortes chaleurs, Jean-Baptiste observe 3 à 5 litres de lait en moins par vache et par jour. Lors de la première canicule, en juin, il a remarqué une baisse de rendement allant jusqu'à 8 litres de lait par vache et par jour. C'est autant de lait qui ne sera ni commercialisé ni payé à l'agriculteur, alors que ses frais augmentent. La santé des animaux est aussi fortement impactée. Deux de ses vaches ont avorté, selon lui, à cause des températures très élevées. Il lui est aussi plus difficile de lire leur comportement, notamment de savoir si elles sont en chaleur.

Jean-Baptiste est conscient que, grâce à la spécificité AOP, le prix du lait est suffisamment élevé pour lui permettre, pour l'instant, d'amortir ces surplus de dépenses, contrairement à d'autres exploitants ne bénéficiant pas de l'appellation AOP.

© Arthur Miserez

Résilience et adaptabilité face à l'inconnu

Ce jeune agriculteur, installé depuis 10 an, redoute l'irrégularité des années. Il a le sentiment que l'exception est en train de devenir la norme et que les années dites "normales" ne sont plus qu'un détail parmi des événements extrêmes, bons comme mauvais. Selon lui, l'année 2024 a été exceptionnelle.

Pour affronter cet avenir incertain, il voudrait que l'Europe et les pouvoirs publics, même s'il trouve que les "règles sont justes", prennent davantage en compte les spécificités locales afin d'aider au mieux les agriculteurs à se préparer aux transformations futures nécessaires.

Pour sa part, il pense que ne pas trop agrandir son cheptel est une bonne solution, même si l'agriculture de marché pousse à produire plus de volume. Il veut aussi réaliser des travaux, grâce aux aides de l'Union européenne, sur son bâtiment afin d'augmenter son isolation et de pouvoir récupérer l'eau de pluie hivernale qui ruisselle sur cette surface. Objectif : utiliser l'eau du réseau potable uniquement pour abreuver les vaches, et rationaliser les dépenses de cette précieuse ressource pour le reste du fonctionnement de la ferme.

"Il va falloir s'adapter", concède-t-il, et faire des efforts pour gérer au plus près l'usage de l'eau et, plus globalement, la façon de travailler, en étant toujours plus précis sur l'utilisation de chaque ressource.

Economie

À Quingey, Peugeot Saveurs fabrique deux millions de moulins par an avec du bois local

VIDÉO • À l’occasion de la remise officielle de sa certification PEFC Ambassadeur, jeudi 5 novembre 2026, Peugeot Saveurs nous a ouvert les portes de sa manufacture de Quingey. Près de 200 ans après ses débuts, le fabricant des célèbres moulins à poivre et à sel poursuit sa production dans le Doubs, en s’appuyant sur un approvisionnement local.

SMCI Editeur Immobilier recrute un Collaborateur Comptable (H/F) en CDI

Offre d'emploi • Au sein du Groupe SMCI à Besançon, vous prenez en charge la comptabilité générale, le suivi des fournisseurs et des clients ainsi que la gestion administrative des opérations. Un poste polyvalent et évolutif, idéal pour mettre à profit vos compétences comptables et contribuer activement au suivi financier de programmes immobiliers.

L’Écrin du Monastère à Montferrand-le-Château, le pari un peu fou de Cathy et François Grobost

VIDÉO • Après dix mois de travaux, Cathy et François Grobost ont transformé l’ancien domaine religieux des Dominicaines de Béthanie en un lieu dédié aux événements privés, professionnels et culturels. Baptisé L’Écrin du Monastère, le site de sept hectares entend conjuguer valorisation du patrimoine, mémoire historique et développement économique, à quelques minutes de Besançon.

Vers un relèvement du plafond du Livret A en février

Le gouvernement a annoncé mardi 3 novembre 2026 un relèvement du plafond du Livret A pour février 2027, une mesure destinée à financer l'adaptation au changement climatique des infrastructures publiques, dont les lycées, mais qui laisse les banques sceptiques sur fond de désamour des épargnants pour ce produit.

Commerce : GBM porte à huit le nombre de dimanches d’ouverture en 2027

Parmi les dossiers sur lesquels auront à se prononcer les élus du conseil communautaire du jeudi 5 novembre 2026 figure la question des dimanches travaillés. Un point présenté mardi 3 novembre 2026 lors de la conférence de presse d’avant-conseil de Grand Besançon Métropole dans le cadre de l’attractivité commerciale par Patrick Bouzat, conseiller communautaire délégué au commerce de proximité et à l’artisanat.

Sondage – Avec la baisse des températures, avez-vous rallumé votre chauffage ou résistez-vous encore pour faire des économies ?

Avec la baisse des températures, la question du chauffage revient au cœur des préoccupations des ménages. Si certains ont déjà rallumé leurs radiateurs pour retrouver un peu de confort, d'autres préfèrent encore patienter et enfiler un pull supplémentaire pour éviter de voir leur facture d'énergie s'envoler. Et vous, avez-vous déjà rallumé le chauffage ou résistez-vous encore ? C'est notre sondage de la semaine.

En Bourgogne-Franche-Comté, un quart des parents ne parviennent plus à couvrir les besoins essentiels de leurs enfants

En deux ans, la situation financière des familles de Bourgogne-Franche-Comté s’est nettement détériorée. Selon une enquête de l’Observatoire de la famille menée avec OpinionWay, entre le 29 janvier et le 19 février 2026, un quart des parents déclarent désormais ne plus pouvoir répondre aux besoins essentiels de leurs enfants, contre 10 % en 2024. Malgré leurs efforts pour préserver leur quotidien, les renoncements se multiplient.

Hausse du gaz, baisse du gazole, pneus hiver… Ce qui change au 1er novembre 2026

Nouvelle hausse du prix repère du gaz, début de la trêve hivernale, retour de l'obligation des équipements hivernaux dans certaines communes, nouvelles règles pour le crédit à la consommation… Plusieurs changements entrent en vigueur en novembre 2026. On fait le point sur les principaux à connaître avec l’aide du site officiel du Gouvernement info.gouv.fr.

Retour de la Grande Collecte Solidaire de jouets dans les éco-centres du Sybert… et ailleurs !

Du 16 au 29 novembre 2026, le Sybert s’associe à Ecomaison et ecosystem, pour organiser une grande collecte de jouets d’occasion dans les éco-centres de Besançon-Tilleroyes, Saint-Vit et de Thise-Chalezeule à travers sa "Grande collecte solidaire des jouets". Les centres partenaires de l'opération disposeront chacun d’un point de collecte accessible à tous les habitants lors des heures d’ouverture pour venir y déposer des jouets inutilisés, en vue de leur réemploi ou à défaut de leur recyclage.

HRV Concept : à Flagey, une entreprise lit l’état de forme dans les battements du cœur

À Flagey, Margaux et Jean-Louis Bourgon ont développé un dispositif nommé HRV Concept capable de lire l'état de forme, d’énergie et de récupération… dans les battements du cœur. Développé depuis 2023 comme marque, HRV Concept est depuis octobre 2026 devenue une société à part entière visant à commercialiser un protocole qui permet de piloter performance et bien-être dans le sport, comme en entreprise. Explications avec la dirigeante, Margaux Bourgon.

Déstockage de gazole : les distributeurs devront afficher " de manière claire " la baisse de prix

Les distributeurs de carburant devront indiquer "de manière claire par un affichage visible" le montant de la baisse de prix du gazole lié au déstockage de réserves stratégiques décidé mi-octobre par le gouvernement, selon un arrêté publié jeudi 29 cotobre 2026 au Journal officiel.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 12.1C°
partiellement nuageux
le 05/11 à 13h00
Vent
1.71 m/s
Pression
1023 hPa
Humidité
71 %

Sondage