Abelhamid Hakkar en liberté conditionnelle à Besançon fin mars

Publié le 24/01/2012 - 18:05
Mis à jour le 24/01/2012 - 18:06

Incarcéré depuis 27 ans pour le meurtre  d'un policier qu'il a toujours nié, le Bisontin Abelhamid Hakkar va bénéficier d'une libération conditionnelle le 20 mars prochain.

Abelhamid Hakkar en prison (archives) © DR
Abelhamid Hakkar en prison (archives) © DR

Le tribunal d'application des peines (TAP) de Colmar - compétent pour la maison centrale d'Ensisheim (Haut-Rhin) où est détenu Abelhamid Hakkar -, a rendu cette décision le 12 janvier dernier, mais elle n'est devenue définitive que lundi, a précisé Me Marie-Alix Canu-Bernard, confirmant ainsi une information de France Inter.

Le Franco-Algérien, 56 ans, compte parmi les plus anciens détenus de France. Après sa libération, il sera placé sous bracelet électronique au sein de sa famille à Besançon et travaillera dans une association de réinsertion de détenus

Dans sa décision, le TAP de Colmar a souligné que "on ne parvient plus à trouver de sens à l'incarcération du requérant", a rapporté Me Canu-Bernard. "C'est ce que je dis depuis dix ans. Mon client est admissible à la libération conditionnelle depuis septembre 2000", a souligné l'avocate.

Abdelhamid Hakkar a été condamné à trois reprises à la perpétuité pour le meurtre en 1984 à Auxerre (Yonne) d'un policier qu'il nie avoir commis: en 1989, en 2003 à la suite d'une saisine de la Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH) qui a annulé la précédente procédure, et en appel, en 2005.

Au cours de sa détention, il a été transféré à 45 reprises et a passé 12 ans à l'isolement. Il a été condamné dans l'intervalle à diverses peines pour des délits pendant son incarcération, dont quatre tentatives d'évasion.

En 2008, il avait observé une grève de la faim pendant 42 jours pour "dénoncer l'acharnement de la justice française contre lui". En 2006, M. Hakkar avait signé avec neuf autres détenus de la centrale de Clairvaux (Aube), tous condamnés à perpétuité, un texte réclamant "le rétablissement de la peine de mort", qu'ils disaient préférer à la "perpétuité réelle" les faisant "crever à petit feu".

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