Ambulancier poignardé à Besançon : les premiers résultats de l'enquête

Publié le 30/08/2021 - 17:15
Mis à jour le 01/09/2021 - 15:19

Le procureur de la République de Besançon est revenu ce lundi 30 août 2021 sur l'homicide de Moussa Dieng, poignardé samedi matin par un homme de 40 ans connu pour des troubles psychiatriques. Une information judiciaire a été ouverte lundi pour "homicide volontaire" et "tentative d'homicide". Le procureur a requis la mise en examen du suspect, qui doit être prononcée dans un délai de 10 jours.

Moussa Dieng a été poignardé samedi 28 août 2021 vers 9h20 par un homme en crise connu pour des troubles psychiatriques dans un immeuble de l’avenue de Bourgogne dans le quartier de Planoise à Besançon. Immédiatement pris en charge par son collègue et emmené dans l’ambulance, il est rapidement décédé à l’hôpital des suites de ses blessures. Une autopsie sera pratiquée ce mardi.

Inquiétée par son fil de 40 ans venu lui demander des cigarettes à 4h du matin, une mère décide d'appeler le SAMU le samedi dans la matinée afin qu'il soit hospitalisé. L'homme souffre de troubles psychotiques depuis une vingtaine d'années.

Compte tenu des circonstances, l'opérateur du SAMU contacte la police bisontine qui arrivera peu avant 9h30, cinq minutes environ après l'arrivée de l'ambulance, rue de Bourgogne. Agressif, le quarantenaire ouvre aux ambulanciers, mais refuse de les suivre. Il referme alors la porte de son appartement situé aux rez-de-chaussée.

Moussa Dieng rappelle le centre d'appels du SAMU pour signaler les faits. C'est alors que l'individu ouvre la porte et se jette sur l'ambulancier en lui donnant deux coups de couteau de cuisine au thorax.

L'agresseur se jette ensuite sur un voisin présent et lui en assène quatre coups de couteau au niveau pectoral droit. Aucun organe vital n'a été touché. Il est sorti de l'hôpital ce dimanche après plusieurs points de suture.

Juste avant l'arrivée des policiers, un père de famille sort de l'ascenseur avec son fils de sept ans. L’individu violent se précipite, poing en l’air avec le couteau sur l'homme qui réussit à le désarmer en luttant. Il ne sera blessé qu'à l'oreille. C'est alors que la police arrive et maîtrise le forcené toujours très violent avec un taser.

Déjà condamné en 2006 pour violences, le mis en cause n'a pas pu être placé en garde à vue. Emmené vers le quartier carcéral de l'hôpital Minjoz. Vu par un psychiatre, son état mental ne le lui a pas permis d'être entendu par les enquêteurs.

Lourdement sédaté, il a été interné d'office au centre hospitalier de Novillars.

Vers une mise en examen ?

Sur le plan judiciaire, l'instruction est toujours en cours. Étienne Manteaux, le procureur de la République de Besançon a ouvert une ordonnance judiciaire ce lundi 30 août 2021 et a requis la mise en examen de l'individu qui doit être présenté dans un délai de dix jours.

"Le point central de ce dossier sera de déterminer l'état psychique dans lequel il se trouvait au moment des faits", a-t-il ajouté, annonçant qu'il avait ouvert une information judiciaire lundi pour "homicide volontaire" et "tentative d'homicide".

Le parquet a souligné que d'après la mère, l'homme est "gentil" quand il va bien, mais peut devenir dangereux quand il décompense au niveau psychiatrique.

Si le placement en détention provisoire est retenu, le quadragénaire pourrait alors être transféré à l'UHSA de Lyon, dans un établissement pénitentiaire hospitalier.

"Pas de dysfonctionnement" entre SAMU et police

Lors de la conférence de presse, Étienne Manteaux a tenu à préciser qu'aucun dysfonctionnement majeur n'est apparu à ce stade de l'enquête entre le SAMU et la police. "La conversation entre les opérateurs est intéressante" précise le procureur. "La présence de la police peut complexifier les opérations du SAMU, selon les dires des opérateurs. Les propos sont clairs (…) La présence policière sur ce type d’intervention n’est absolument pas automatique."

Hommage

Originaire du Sénégal, Moussa Dieng était marié et père de deux enfants. Très apprécié de ses collègues, optimiste et orienté vers les autres, il était très investi dans le milieu associatif.

Une photo et quelques fleurs ont été installés devant le centre de Jussieu Secours à Besançon. La cellule d'urgences médico-psychologique a été activée par l'hôpital pour le personnel qui a décidé ce lundi de reprendre l'ensemble des interventions après un arrêt ce week-end.

Un hommage ouvert à tous est organisé ce mercredi à 20h devant Jussieu secours à Besançon.

Une cagnotte de soutien a par ailleurs été mise en ligne par la directrice de Jussieu Secours, Véronique Coley, pour venir en aide à la famille de Moussa Dieng.

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