Banques : des tarifs qui manquent de lisibilité selon l'UFC-Que Choisir...

Publié le 21/02/2021 - 09:30
Mis à jour le 22/02/2021 - 12:37

Plusieurs associations, dont l’UFC-Que Choisir, dénoncent ce mois de février 2021 le « recul » de la lisibilité de certaines brochures tarifaires des banques.

 © D Poirier
© D Poirier

Alors que le Comité consultatif du secteur financier a rendu publique son étude sur les tarifs bancaires en 2021, l’Association Force Ouvrière Consommateurs (AFOC), la Consommation Logement Cadre de vie (CLCV), l’Union nationale des associations familiales (UNAF), Familles Rurales et l’UFC-Que Choisir dénoncent le recul "inacceptable" de la lisibilité de certaines brochures tarifaires.

Elles qualifient la présente action des banques comme étant "une trahison leur engagement". 

Des consommateurs noyés sous les informations ?

Bien que les consommateurs ont intérêt à faire jouer la concurrence entre les banques pour réaliser des économies sur les frais payés (jusqu’à 180 € d’économies annuelles), l'UFC Que Choisir constate que la mobilité bancaire plafonne à 2,5 % par an : "Il faut dire que les banques font tout pour réduire la comparabilité de leurs offres, afin de préserver les montants considérables qu’ils prélèvent aux consommateurs (25 milliards d’euros en 2018)".

Pour preuve, en 2021 les brochures tarifaires des banques comportent en moyenne 390 tarifs s’égrenant sur 27 pages. "Dans cette nébuleuse quasi généralisée, certaines banques noient complètement les consommateurs sous le poids des informations : la brochure tarifaire imposée par la Société Générale est ainsi un millefeuille de 55 pages, et celle de la Caisse d’épargne Grand Est Europe affiche pas moins de 612 tarifs !", explique l'UFC Que Choisir.

BNP Paribas, Société Générale, Boursorama : "les moutons noirs de la lisibilité", selon l'UFC

Pour faciliter la comparaison entre les offres, et sous la pression des associations de consommateurs, les banques s’étaient engagées en 2010 à publier en première page de leur brochure un extrait standard des tarifs (EST) regroupant les prix des services les plus courants (tenue de compte, cotisation carte bancaire, etc.).

L'UFC Que Choisir déplore que cette avancée soit "en voie de disparition", comme le montre le rapport du Comité consultatif du secteur financier sur les tarifs bancaires 2021.

En effet, un consommateur sur cinq n’a plus accès à l’EST depuis que Boursorama et Hello Bank ! se sont jointes aux établissements rétrogrades qui l’avaient déjà supprimé de leur brochure l’an dernier (notamment BNP Paribas, Société Générale, Crédit du Nord, ING Direct).

"Les banques ne sauraient justifier cette reculade par la mise en œuvre du document d’information tarifaire imaginé par l’Europe (DIT)", s'insurge l'association qui accuse le gouvernement de ne pas tirer les conséquences de ce "camouflet".

"Au printemps 2020, il a ainsi pesé de tout son poids pour que soient rejetés des amendements parlementaires visant à restaurer la lisibilité des brochures tarifaires en annonçant au Sénat la tenue de travaux… qui n’ont toujours pas vu le jour !

Plus grave encore, comme pour le plafonnement des frais d’incidents, il persiste à croire à l’autorégulation pour assurer la pérennité des droits des consommateurs", souligne l'UFC.

Soucieuses de garantir aux consommateurs une information pertinente, l’AFOC, la CLCV, l’UNAF, Familles Rurales et l’UFC-Que Choisir appellent les pouvoirs publics à instaurer par la loi :

  • La lisibilité des brochures, notamment par le maintien de l’extrait standard des tarifs en première page et l’expression des prix en base annuelle ;
  • La clarté des documents d’information tarifaire en imposant que n’y figurent qu’un seul package qui soit comparable entre les banques

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