Bébé mort après avoir été secoué dans le Doubs : deux ans avec sursis pour le père

Publié le 30/05/2024 - 08:19
Mis à jour le 30/05/2024 - 08:19

Un père de famille de 25 ans, accusé d'avoir secoué son bébé qui est ensuite décédé, a été condamné mercredi par la cour d'assises du Doubs à deux ans de prison avec sursis pour homicide involontaire.

 © Élodie R.
© Élodie R.

La peine, prononcée après 5 heures de délibéré, est assortie d'un sursis probatoire de 2 ans à l'encontre du jeune homme, ressorti libre après son procès. Placé sous le contrôle d'un juge d'application des peines, il devra aussi indemniser à hauteur de 10.000 euros au titre de préjudice d'affection la partie civile : le demi-frère aujourd'hui âgé de 8 ans du bébé décédé ainsi que son père, le premier conjoint de la mère.

Le verdict est très inférieur aux réquisitions de l'avocate générale, Alexia Marquis, qui avait réclamé six ans de réclusion pour violences volontaires ayant entraîné la mort.

Le 8 juin 2018 à Cessey (Doubs), l'accusé avait appelé les secours car sa fille âgée de six semaines était pâle et ne respirait plus. Arrivés sur les lieux, les pompiers et le SMUR (Service mobile d'urgence et de réanimation) de Besançon avaient pris en charge l'enfant qui est décédé à l'hôpital 11 jours plus tard, après plusieurs arrêts cardiaques. Les examens médicaux pratiqués sur le nourrisson ont révélé des lésions correspondant au syndrome du bébé secoué.

L'un des médecins, mandatés par la cour d'appel de Besançon en tant qu'expert, a conclu à des lésions témoignant d'un traumatisme.

Un deuxième enfant malgré un contrôle judiciaire

L'avocat de la défense, Jérôme Pichoff, avait plaidé l'acquittement. Il avait insisté sur l'âge de son client, qui avait 19 ans au moment des faits et se retrouvait seul avec son très jeune enfant.

"J'ai essayé de la faire réagir parce qu'elle était en train de partir. Un enfant gris, les lèvres bleues, toute molle : face à une situation aussi inattendue, le premier geste c'est de sauver sa chair", avait déclaré l'avocat à l'audience, reprenant les déclarations de son client. "Mais le remède peut parfois être plus dur que le mal", avait-il ajouté. "Ici l'acquittement s'impose au regard du doute", avait conclu Me Pichoff.

La maman du bébé décédé et l'accusé ont eu depuis les faits un second enfant, aujourd'hui âgé de 4 ans, malgré le contrôle judiciaire leur interdisant de se rencontrer.

Lors du procès, la jeune femme de 23 ans avait assuré à la cour n'avoir aucun doute sur son conjoint, même si elle a reconnu qu'il était arrivé quelques chose d'anormal à sa fille.

(AFP)

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