Pour rappel, le tribunal administratif a rejeté le recours de l’intersyndicale portant sur l’interdiction partielle de l’itinéraire de la manifestation.
Selon nos journalistes sur place, le cortège a rejoint la manifestation étudiante qui était bloquée au niveau du pont Battant pour entrer au centre-ville. À 15h25, les forces de l'ordre ont donné la dernière sommation avant de faire usage de gaz lacrymogène. Au moins trois enfants de 4 a 6 ans ont été gazes. Une bouteille en verre a été jetée sur les CRS.
Et concernant les revendications ?
José Avilès, secrétaire général de l'UD CGT du Doubs a souhaité insister sur trois chiffres : "Nous faisons 13 milliards pour l’armement et rien pour nos services publics, rien pour nos écoles, rien pour nos étudiants. On ferme des lits dans les hôpitaux, on meurt dans les couloirs des urgences", s’insurge-t-il.
Selon lui, un deuxième chiffre est important à retenir. Il s’agit de celui des 200 milliards d’aides publiques aux entreprises, et cela, "sans contrepartie", souligne le secrétaire général en soulignant "qu’il n’y a pas d’augmentation de salaire" en précisant qu’il ne s’agit plus de boucler les fins de mois, mais bien les débuts de mois. De plus, cela fait "cinq ans que cela dure" donc "si on multiplie 200 milliards par 5, on parle de 1000 milliards".
Enfin, un troisième chiffre est notable pour J. Avilès sur les dividendes du CAC 40 : "6 mois, 60 milliards. Donc, là, tout est dit, tout est résumé. Il faut absolument qu’on nous entende. Ce n’est plus possible".
Des manifestants assidus ?
Concernant la mobilisation continue des manifestants, le secrétaire général de l'UD CGT 25 a son avis sur la question : "le coût de l’énergie, ça a aussi un lien indirect sur le fait de se mettre en grève ou non.C’est vraiment compliqué pour tout le monde. Et oui, il y a de plus en plus de monde. Et oui, de plus en plus, dans les entreprises, on entend le mécontentement des assemblées générales, aujourd’hui, il faut marquer le coup, mais comme on a un gouvernement qui est complètement sourd aux aspirations de son propre peuple, il faut qu’on se fasse entendre cette fois-ci", conclut-il.
Et du côté des jeunes ?
Notre journaliste sur place a pu prendre la température auprès de Léonie (déguisée en banane), Hana, Pina, Angèle et Luna, cinq lycéennes de Salins-les-Bains dans le Jura.
"Si on ne fait rien, on ne changera rien. Le gouvernement n’écoute pas. Si on ne prend pas la parole nous quelqu’un d’autre la prendra à notre place. Nous sommes venus à Besançon, car ça n’a pas autant d’impact à Salins-les-Bains", nous explique Léonie.
Parmi les points noirs de leur établissement, les lycéennes expliquent "ne pas avoir d’infirmière", "avoir une excellente section théâtre, mais que cette dernière est menacée de fermeture", et "payer de plus en plus cher pour aller voir les spectacles qui sont obligatoires dans la formation".
Propos recueillis sur place par Alexane Alfaro et Elodie Retrouvey.


