Avec Du Mékong au Doubs, Christophe Rattanamongkhoun revient sur une histoire familiale marquée par l’exil, le sport, la vie monastique et l’installation en France. Le livre suit le parcours de Simon Rattanamongkhoun, né Bounlieng Khamnoi en 1949 à Savannakhet, au Laos, et celui d’Éliane, née Lien.
L’auteur présente son ouvrage comme un travail de mémoire avant tout familial. ”Ce livre est né d’un besoin simple : ne pas laisser disparaître une histoire", écrit-il. Le récit s’appuie notamment sur les souvenirs des proches, des photographies, des documents, des médailles et différentes traces conservées par la famille. Le livre revendique ainsi sa nature de récit biographique et de transmission, plutôt que celle d’une étude historique exhaustive.
De la vie monastique aux tatamis
Le parcours de Simon commence au Laos. À l’âge de neuf ans, Bounlieng Khamnoi entre dans la vie monastique et devient Somkhit Rattanamongkhoun. Entre 1965 et 1967, à Saïgon, il découvre le judo. En 1967, le Vénérable lui attribue le nom vietnamien Trân D?ng Ti?n, présenté dans le livre comme signifiant ”celui qui avance avec courage”. Le jeune homme poursuit alors sa trajectoire sportive au Vietnam.
En 1973, il revient au Laos, quitte les ordres et se prépare notamment aux SEAP Games (Jeux d'Asie du Sud-Est), tout en poursuivant pleinement son engagement dans le judo.
La rencontre avec Lien et les années d’exil
Le récit prend également une dimension familiale avec la rencontre de Simon et Lien. Ils se marient le 18 avril 1974. Leur fille, Sompavanh, naît en 1975, alors que le Laos connaît un profond bouleversement politique.
En 1976, la famille prend le chemin de l’exil. Simon ouvre le passage tandis que Lien, enceinte, rejoint la Thaïlande avec leur jeune fille. Le Mékong et le camp de Nongkhai deviennent alors des étapes majeures de leur parcours. Christophe Rattanamongkhoun, l'auteur, naît dans le camp le 10 septembre 1976.
Cette partie du récit met également en lumière le rôle d’Éliane. Le livre souligne son parcours aux côtés de Simon : enceinte pendant la fuite, mère d’une très jeune enfant, elle traverse elle aussi la forêt, le Mékong, le camp puis les différentes étapes de l’exil.

L’arrivée en France et les racines dans le Doubs
En août-septembre 1977, la famille arrive en France. Après trois semaines de transition à Paris, elle rejoint le Haut-Doubs et s’installe aux Vergers, au-dessus de Villers-le-Lac. La vie familiale se poursuit ensuite dans le département. Nicolas naît à Morteau en 1981. La famille s’installe à Besançon en 1982 et devient française en 1983. À cette période, Somkhit devient Simon et Lien devient Éliane. Le récit montre ainsi une intégration progressive dans un nouveau territoire, sans effacer les étapes précédentes de leur histoire.
Le judo, le travail et la transmission
Au-delà du parcours migratoire, Du Mékong au Doubs s’intéresse à ce qui se transmet d’une génération à l’autre. Le judo, la famille et le travail constituent plusieurs des fils conducteurs du récit. Le livre décrit une trajectoire personnelle qui croise l’histoire du Laos, le sport, l’exil et l’intégration en France. Il cherche surtout à conserver les traces d’une histoire familiale et à montrer comment celle-ci continue à travers les générations suivantes.
Si le titre porte le nom de Simon, l’auteur insiste sur le fait que son histoire ne peut être dissociée de celle d’Éliane. Le récit entend ainsi rendre compte de la place des deux parents dans le parcours qui a conduit la famille du Laos au Doubs.
Infos pratiques
Du Mékong au Doubs, de Christophe Rattanamongkhoun
Parution : 5 août 2026
Format broché : 19,90 €
Format relié : 34,90 €
Édition Kindle : 8,99 €



