François Hollande : "Nous allons nous battre, tout simplement nous battre"

Publié le 03/05/2013 - 18:59
Mis à jour le 04/05/2013 - 11:09

En marge de son déplacement dans le Doubs ce vendredi 3 mai 2013, François Hollande a réaffirmé à Avoudrey sa volonté d’inverser la courbe du chômage malgré les prévisions pessimistes de la Commission européenne. Un peu plus tard, à Mamirolle, il a salué la décision de cette dernière de donner deux ans de plus à la France pour atteindre ses objectifs de réduction des déficits publics.

inverser la courbe du chômage

Réaffirmant sa volonté d'inverser la courbe du chômage malgré les prévisions pessimistes de la Commission européenne, François Hollande a déclaré à la presse lors de la visite d'une fabrication de saucisses, chez Jean-Louis Amiotte à Avoudrey dans le Doubs : "C'est un engagement que j'ai pris. Ce n'est pas une parole que j'ai prononcée en l'air. Je sais qu'il y a beaucoup de doutes, de scepticisme, même des prévisions qui ne vont pas dans ce sens." "Qu'est-ce qu'il faudrait faire, baisser les bras, regarder que ça tombe et attendre que ça passe ? Eh bien non. (...) Nous allons nous battre, tout simplement nous battre. Dans une conjoncture difficile, ce qui fait la différence entre les pays, c'est ceux qui se mobilisent et ceux qui laissent tomber. Ici, nous nous mobilisons", a-t-il ajouté.

Inverser la courbe

Dans la même localité lors de la visite de l’entreprise de maroquinerie de luxe SIS, le ministre du travail Michel Sapin qui accompagne le chef de l'Etat, a également estimé que "sur l'emploi, la commission prévoit en 2013 une stabilisation". "Comme ça augmente au premier semestre, ça veut plutôt annoncer ce que nous recherchons, c'est-à-dire une inversion de la courbe", a-t-il dit. "L'enjeu est ensuite une inversion durable de la courbe. Donc, nous nous battrons pour que le chômage en fin d'année diminue, mais aussi pour qu'en 2014 ont soit durablement dans une baisse du chômage", a ajouté le ministre.

A un journaliste qui lui faisait remarquer que le chômage repartirait à la hausse en 2014 selon la Commission européenne, M. Sapin a répondu : "la Commission n'intègre pas forcément tous les éléments de notre politique au jour d'aujourd'hui. C'est la raison principale. Ce n'est pas une différence d'analyse mais une différence de connaissance elle ne prend pas en compte, et à juste titre, des politiques qui ne sont pas en cours. Elle ne prend que les politiques lancées". Sur l'inversion de la courbe du chômage, il a fait valoir que "cet objectif (était) tout à fait conforme avec les prévisions de la commission. Je rappelle que la Commission prévoit pour 2013 ce qu'elle appelle une stabilisation du chômage ce qui veut bien dire à la fin de cette année une inversion de la courbe".

La France va subir une légère récession avec une année 2013 à -0,1%, selon la Commission européenne, dont la prévision est la même que celle du Fonds monétaire international, mais plus pessimiste que celle du gouvernement français, qui table sur une croissance de 0,1%. Pour 2014, la Commission prévoit une progression du PIB de 1,1%, une prévision plus proche de celle du gouvernement français (+1,2%) que de celle du FMI (+0,9%). La Commission anticipe par ailleurs un dérapage du déficit public à 3,9% du PIB cette année et 4,2% l'an prochain, alors que le gouvernement table sur respectivement 3,7% et 2,9%. 

"L'économie budgétaire doit être un principe"

Poursuivant sa visite à l’ENIL à Mamirolle, François Hollande a salué le sursis de deux ans accordé par Bruxelles à la France pour qu’elle puisse atteindre ses objectifs de réduction des déficits publics. "C'est une nouvelle importante, parce qu'elle vient consacrer ce que la France a demandé depuis un an, c'est-à-dire que l'on mette la croissance au premier rang de nos priorités", a-t-il déclaré devant des responsables et des élus locaux. Le président Hollande a cependant affirmé que "ce serait une vue de l'esprit" d'imaginer pour autant que la France pourrait se "dispenser du sérieux budgétaire indispensable" parce qu'elle disposerait de "cette souplesse, de cette liberté".

"Cette capacité, maintenant, qui nous est donnée d'engager notre politique sans avoir une contrainte qui nous empêche d'agir pour la croissance et l'emploi" ne doit pas être une incitation à s'écarter de ces objectifs, a-t-il insisté. "L'économie budgétaire doit être un principe et c'est pour ça que quelle que soit la liberté que nous donne l'Europe, nous nous sommes fixés un objectif: que la dépense publique n'augmente pas d'une année sur l'autre", a-t-il enchaîné. La décision de Bruxelles, selon lui, est une opportunité de mener "des réformes structurelles indispensables pour la croissance" en matière de formation professionnelle, d'innovation, d'investissement ou de réforme des retraites.
Dans ses prévisions économiques dévoilées vendredi, la Commission estime que le déficit de la France va déraper, à 3,9% du PIB cette année et à 4,2% du PIB l'an prochain. Ces chiffres s'éloignent sensiblement de ceux du gouvernement français, qui prévoit un déficit de 3,7% cette année et de 2,9% en 2014.

Jugeant les prévisions du gouvernement français "excessivement optimistes", le commissaire chargé des Affaires économiques, Olli Rehn, a estimé "raisonnable de prolonger de deux ans le délai" imparti à Paris pour revenir dans les clous imposés par la Commission (soit moins de 3%), en 2015 et non 2014 comme souhaité initialement par Paris.

(source : AFP)

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