GE Belfort : au quatrième jour de blocage, le dialogue est ouvert

Publié le 11/10/2019 - 17:15
Mis à jour le 11/10/2019 - 17:15

Mis à jour • Le blocage de l’activité gazière des sites de General Electric à Belfort et Bourogne (Territoire de Belfort), visés par un
vaste plan social, est maintenu ce vendredi 11 octobre 2019 pour le quatrième jour, dans l’attente d’une nouvelle réunion, ont indiqué les syndicats.

"La discussion va dans le bon sens sur la forme", a apprécié Francis Fontana, délégué Sud, au nom de l'intersyndicale, vendredi à l'issue d'une assemblée générale avec les salariés, se tenant après une rencontre des représentants du personnel avec Patrick Mafféïs, vice-président des opérations industrielles de GE Power Europe.

"Cette rencontre a permis un dialogue constructif sur les solutions envisagées dans le cadre du projet de réorganisation de l'activité gaz. GE et ses partenaires sociaux poursuivront le dialogue sur ce sujet dès lundi matin", a également expliqué à l'AFP la direction.

"On ne doit pas descendre les effectifs en dessous de 1.400 salariés dans l'activité turbine à gaz", syndicat.

D'ici cette nouvelle réunion prévue à 10H00 lundi, le blocage des ateliers de production des turbines à gaz à Belfort et du site de Bourogne restent "actif", a précisé l'intersyndicale à l'AFP. "Il nous faut un patron pour Belfort qui soit un +officer+ (responsable mondial) avec un projet de développement pour les turbines 50 Hz", conformément à l'accord signé en 2014 entre l'Etat français et GE, au moment du rachat des activités énergie d'Alstom, a déclaré Francis Fontana.

Il demande également "un engagement de la direction pour conserver la ligne de production de +stator-combustion+ (éléments de la turbine à gaz 50 Hz)", dont la délocalisation en Hongrie avait été actée par la direction dans le
plan social. En revanche, "nous sommes prêts pour un plan de départs volontaires et pour un +plan sénior+ (départs à la retraite), mais on ne doit pas descendre les effectifs en dessous de 1.400 salariés dans l'activité turbine à gaz", a
prévenu le syndicaliste, tout en s'opposant à "des départs contraints et à un plan de compétitivité". "Si on s'accorde sur ces lignes rouges, nous pourrons entrer dans une négociation plus formelle", a-t-il affirmé.

Vendredi matin, près de 70 salariés de General Electric (GE) tenaient toujours le piquet de grève devant l'entrée principale du site belfortain, a constaté un correspondant de l'AFP. Une dizaine de turbines à gaz 9HA sont en cours de fabrication à Belfort, selon les syndicats. D'après Philippe Petitcolin, délégué CFE-CGC, "la pénalité pour un jour de retard est d'environ 250.000 euros par turbine".

Rappel

Le groupe américain, qui emploie quelque 4.300 salariés à Belfort, dont 1.800 dans l'unité de fabrication des turbines à gaz, a annoncé en mai un plan de restructuration prévoyant la suppression de près de 1.050 postes en France, dont 792 dans le site belfortain.

Début octobre, la direction de GE à Belfort s'était dite "disposée" à réduire de 150 au maximum le nombre de postes supprimés sur ce site, "sous réserve" de discussions formelles avec les instances représentatives du personnel et de la signature d'un accord de compétitivité, ce que les syndicats refusent.

Le blocage de la production avait débuté mardi matin à Belfort. Près de 300 salariés avaient alors paralysé le processus de production d'une turbine à gaz 9HA, la plus puissante du monde. Une grande manifestation de soutien aux salariés de GE doit se tenir le samedi 19 octobre à Belfort.

(Source AFP)

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