Génocide : la justice suspend l'expulsion d'un Rwandais vivant à Dijon

Publié le 15/07/2024 - 17:32
Mis à jour le 15/07/2024 - 16:52

Le tribunal administratif de Dijon a suspendu l'arrêté d'expulsion d'Innocent Musabyimana, un Rwandais poursuivi pour sa possible participation au génocide au Rwanda en 1994, a-t-on appris lundi 15 juillet 2024 de source judiciaire.

Tribunal administratif de Dijon © www.google.com
Tribunal administratif de Dijon © www.google.com

Innocent Musabyimana, 52 ans, entré en France en 2007, avait dans un premier temps fait l'objet de poursuites au Rwanda, en 2012, accusé d’avoir participé au génocide qui a fait au moins 800.000 morts, selon l’ONU. Kigali avait alors réclamé son extradition, une demande rejetée en 2014 par la Cour de cassation française. Mais en 2019, les investigations sont relancées, cette fois en France, et le Rwandais est mis en examen en 2022 à Paris et placé sous contrôle judiciaire.

En raison de cette mise en examen, il perd en janvier 2024 son statut de réfugié. Le Rwandais a fait appel de cette mesure, ce qui est suspensif : il peut donc pour l'instant conserver son titre de résident. Cela n'empêche pas un arrêté préfectoral d'être pris à Dijon en juin dernier, ordonnant son expulsion et, le temps qu'elle soit mise en oeuvre, son assignation à résidence.

"Aucun pays de renvoi n'est fixé"

Le tribunal administratif de Dijon, statuant en référé, a cependant estimé qu'un "doute sérieux" était posé "quant à la légalité" de l'arrêté d’expulsion car le requérant ne représente pas une "menace grave à l'ordre public". M. Musabyimana, qui travaille et vit à Dijon, est en concubinage depuis 2015 avec une Française, et a des enfants mineurs.

De plus, souligne le tribunal dans sa décision dont l'AFP a obtenu copie, "aucun pays de renvoi n'est fixé". Le tribunal a également suspendu un arrêté assignant à résidence M. Musabyimana jusqu'à la mise en oeuvre de son expulsion et qui l’aurait contraint à pointer trois fois par jour au commissariat.

Cette mesure l'exposerait à "perdre son emploi", qui l'amène à voyager dans la région de Dijon, a souligné le tribunal, ajoutant que le contrôle judiciaire ordonné à la suite de sa mise en examen en 2022 l'oblige déjà à pointer deux fois par mois. "C'est un soulagement", a réagi auprès de l'AFP l'avocat du Rwandais, Philippe Meilhac, qui avait souligné "ne pas comprendre la logique" d’expulser quelqu'un qui pourrait être appelé à être jugé en France. Sa mise en examen peut de plus mener à un non-lieu, avait-il rappelé lors de l'audience, le 9 juillet.

Interrogé par l'AFP sur son éventuelle intention de faire appel, l’avocat. de la préfecture, Romain Dussault, n'avait pas répondu dans l’immédiat. La légalité des arrêtés doit encore faire l'objet d'une décision sur le fond dont la date n'est pas encore fixée.

(Source AFP)

Justice

Lenteur de la justice : un problème d’effectifs pointé par la cour d’appel de Besançon

Si le thème des violences sexuelles est un sujet sensible, il l’est d’autant plus depuis la mort de Lyhanna, collégienne assassinée dans le Gers en juin dernier. Plusieurs mobilisations en France dénoncent la lenteur de la justice. Qu’en est-il exactement ? La cour d’appel de Besançon a souhaité faire un point ce 3 juillet 2026 avec les élus locaux du ressort pour répondre à leurs interrogations à ce sujet.

Chatons torturés et tués dans le Doubs : le mineur reconnu coupable, une décision saluée par la CNDA

Poursuivi pour avoir torturé et mis à mort des chatons avant de partager la vidéo sur les réseaux sociaux , le mineur a été reconnu coupable des faits le 1er juillet 2026 par le tribunal pour enfants de Besançon. Constituée partie civile aux côtés de 17 autres associations de protection animale, la Confédération Nationale Défense de l’Animal (CNDA) a pris acte de cette première décision de justice.

“Soutien aux violeurs étrangers” : la porte-parole de Némésis condamnée après une plainte d’Anne Vignot

La porte-parole du collectif d'extrême droite Némésis, Yona Faedda, a été reconnue coupable de diffamation par la justice à la suite d'une plainte déposée par Anne Vignot, ancienne maire de Besançon, a-t-on appris vendredi 3 juillet 2026. il s'agit de la première condamnation pénale de ce collectif Némésis.

Meurtre d’un jeune à Montbéliard : après trois jours de traque, un homme interpellé en Espagne

Paul-Edouard Lallois, procureur de Montbéliard a tenu une conférence de presse ce 29 juin 2026 aux côtés de Laurent Perraut, directeur interdépartemental de la police nationale (DIPN) du Doubs, suite au décès du jeune Ulysse Bihouis Camara survenu la nuit du 13 au 14 juin à Montbéliard.

La justice examine une remise en liberté de l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier

La justice examine ce mardi 16 juin 2026, plus d'un an avant son procès en appel à Lyon, une demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné fin 2025 à la perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 mortels dans des cliniques de Besançon.

Incendie de Crans Montana : demande de charges alourdies visant les co-propriétaires français

Deux avocats ont réclamé aux magistrats suisses une requalification des charges pesant sur le couple de Français co-propriétaires du bar de Crans-Montana incendié en janvier, après la révélation d'échanges de ces derniers avec des employés attestant de leur connaissance d'un risque d'incendie, ont confirmé mercredi 10 juin 2026 une avocate et une magistrate.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 25.41
ciel dégagé
le 03/07 à 20h00
Vent
3.09 m/s
Pression
1024 hPa
Humidité
35 %

Sondage