Dans son communiqué, le syndicat agricole estime que les pouvoirs publics tardent à prendre la mesure de la situation et s'interroge : ”Combien de temps, combien de temps encore. Des jours, des semaines, des mois pour que les pouvoirs publics prennent enfin la mesure de la catastrophe agricole qui se déroule sous leurs yeux ?”
Selon l'organisation, les alertes ont été lancées dès le début du mois de juillet. Elle rappelle plusieurs indicateurs climatiques marquants : ”Juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France”, avec une température moyenne supérieure de 3,8 °C aux normales de saison, des pointes dépassant localement les 40 °C, un déficit de précipitations pouvant atteindre 50 % dans certains secteurs et des épisodes de canicule qui se succèdent depuis plusieurs semaines.
Des conséquences sur l'ensemble des productions
La FRSEA décrit une dégradation rapide de la situation dans les exploitations agricoles. Les éleveurs puisent dans leurs stocks de fourrage habituellement destinés à l'hiver ”depuis bientôt deux mois”, une situation qui, selon le syndicat, réduit progressivement les réserves disponibles pour les prochains mois.
Le communiqué fait état de nombreuses conséquences sur les productions agricoles en Bourgogne-Franche-Comté. Les prairies sont décrites comme brûlées, les rendements fourragers en forte baisse et la production laitière en recul. Les récoltes des cultures de printemps sont également annoncées comme très faibles, tandis que les productions légumières et fruitières souffrent du manque d'eau. La FRSEA évoque aussi des vendanges qui ”s'annoncent fortement dégradées dans plusieurs secteurs” ainsi qu'une hausse de la mortalité animale liée au stress thermique et aux risques sanitaires.
”Une catastrophe économique est en marche”
Au-delà des effets du climat, la FRSEA souligne les difficultés économiques rencontrées par les exploitations : ”Alors que la baisse des volumes devrait soutenir les marchés, les prix de la viande, du lait et des céréales restent insuffisants pour couvrir les coûts de production. Les agriculteurs produisent moins, mais continuent de vendre à des prix qui ne leur permettent plus de vivre de leur travail.”
Le syndicat estime ainsi qu'”une catastrophe économique est en marche”.
Un appel à des mesures d'urgence
Face à cette situation, la FRSEA demande une intervention rapide des pouvoirs publics : ”L'heure n'est plus aux constats mais aux décisions.”
Le syndicat réclame notamment la mise en place d'un plan d'urgence comprenant ”une année blanche pour les exploitations les plus fragilisées”, un accompagnement exceptionnel pour assurer l'alimentation des troupeaux, la mobilisation de l'ensemble des dispositifs d'aide disponibles ainsi que l'accélération des investissements destinés au stockage de l'eau et des fourrages.
Selon la FRSEA, ”chaque semaine perdue aggravera les difficultés économiques des exploitations.” L'organisation conclut en rappelant les enjeux liés à la production alimentaire : ”Il en va de l'avenir de milliers d'agriculteurs, mais aussi de notre capacité collective à produire une alimentation française de qualité. Notre souveraineté alimentaire ne se décrète pas. Elle se construit. Et elle se défend aujourd'hui.”


