Selon l’élu, cette décision modificative traduit avant tout une volonté de mettre les prévisions budgétaires en adéquation avec la situation réelle de la collectivité. "Cette décision modificative représente l’inscription en dépenses et en recettes nouvelles à hauteur de 800 000 € sur le budget principal et sur le budget annexe forêts", a-t-il expliqué.
Le principal volet financier concerne le recours à l’emprunt. La Ville prévoit de réduire de 500 000 € son besoin d’emprunt. "Nous allons donc continuer néanmoins à investir, mais nous n’emprunterons pas pour emprunter", a déclaré Fabrice Taillard. L’objectif affiché est d’adapter le niveau d’endettement aux besoins effectivement constatés au cours de l’exercice.
Le FPIC pèse sur les recettes de la Ville
La décision modificative intervient toutefois dans un contexte de contraintes financières accrues pour les collectivités locales. Fabrice Taillard a notamment évoqué l’évolution du Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC).
Selon les chiffres présentés par l’adjoint, la perte d’éligibilité du territoire de Grand Besançon Métropole au dispositif aura un impact de plus de 250 000 € sur le budget municipal en 2026 : une diminution de recettes de plus de 152 000 €, à laquelle s'ajouteraient près de 98 000 € de dépenses supplémentaires. "Les collectivités locales aujourd’hui doivent faire plus avec des ressources qui progressent moins vite, voire qui diminuent", a résumé Fabrice Taillard. Il assure néanmoins que la municipalité souhaite maintenir le niveau des "services publics du quotidien".
Plus de 240 000 € pour une nouvelle balayeuse
Parmi les dépenses prévues figure l’acquisition d’une nouvelle balayeuse pour les services municipaux. Une enveloppe de 240 000 € est inscrite à cette fin. Cette dépense doit être compensée par une subvention du même montant versée par l’éco-organisme Citeo, selon les éléments communiqués par la Ville. "La propreté n’est pas une dépense secondaire pour nous, mais c’est une politique de proximité visible tous les jours pour les Bisontins et les Bisontines", a déclaré l’adjoint aux Finances.
La décision prévoit également 220 000€ pour accélérer le renouvellement de véhicules et de matériels municipaux, notamment pour l’entretien des espaces publics et le transport des repas destinés aux cantines.
41 000 € pour les restaurants scolaires
Dans le domaine scolaire et de la petite enfance, plusieurs crédits sont également prévus. La Ville entend notamment redéployer 41 000 € pour augmenter les capacités d’accueil dans les restaurants scolaires, en raison de l’arrivée annoncée de 100 élèves supplémentaires. S’y ajoutent 20 000 € pour le renouvellement d’armoires mobiles de maintien en température et 18 000 € pour le remplacement d’un compresseur de la cuisine centrale.
La crèche des Époisses doit par ailleurs bénéficier de 23 000 € pour remplacer du mobilier et du petit matériel à la suite de dégradations survenues durant l’été. Selon Fabrice Taillard, ces dommages ne sont pas couverts par l’assurance de la Ville. Une enveloppe de 7 000 € est également prévue pour l’entretien des couches lavables, dans le contexte de l’augmentation du nombre d’enfants accueillis.
Des crédits supplémentaires pour la sécurité
La décision modificative prévoit également plusieurs dépenses liées à la sécurité et à la tranquillité publique.
La principale enveloppe, de 95 000 €, doit permettre de réaménager les espaces de tir du fort Chaudanne afin d’organiser les exercices réglementaires de formation et d’entraînement des policiers municipaux, dans le contexte de la mise en place progressive de l’armement des brigades municipales.
La Ville prévoit par ailleurs 17 000 € pour l’acquisition de barrières destinées à sécuriser les manifestations dans le cadre du dispositif Vigipirate. Une enveloppe de 20 000 € doit également permettre de poursuivre l’expérimentation de dispositifs de sûreté dans plusieurs établissements scolaires, en lien avec l’État. Enfin, 15 000 € sont consacrés au remplacement de la sirène du réseau d’alerte située à l’école Jules-Ferry.
"Protéger les habitants, c’est protéger aussi nos enfants, nos agents municipaux et ceux qui fréquentent nos équipements", a estimé Fabrice Taillard, qui présente la sécurité comme "une politique publique concrète".
Transition écologique et gestion des équipements
La DM2 comprend également plusieurs opérations liées à la transition écologique. La plus importante concerne l’aménagement d’un éco-centre rue Jacquard, au sein du centre technique métropolitain. Le projet, évalué à 606 000 €, doit faciliter la gestion, le tri et l’évacuation des déchets issus des chantiers de la Ville et de Grand Besançon Métropole. La Ville et GBM doivent financer l’opération à parts égales, tandis qu’une subvention de plus de 202 000 € est attendue de l’Agence de l’eau, selon les chiffres présentés lors de la conférence de presse.
50 000 € sont également prévus pour étudier des solutions permettant de mieux préserver la ressource en eau, notamment concernant l’arrosage des terrains d’honneur des complexes sportifs de la Malcombe et des Orchamps.
La Ville prévoit consacrera aussi 65 000 € à l’acquisition d’une tondeuse électrique télécommandée, destinée notamment à l’entretien de zones difficiles d’accès.
"La transition écologique, ce n’est pas seulement se fixer des objectifs, mais c’est aussi investir dans des équipements, économiser l’eau, moderniser nos matériels et adapter nos pratiques", a déclaré Fabrice Taillard.
Plusieurs projets d’équipement poursuivis
La décision modificative doit également permettre de poursuivre différents projets concernant les équipements publics et le patrimoine municipal.
La Ville prévoit notamment 107 000 € pour accélérer les travaux de mise aux normes de la piscine Lafayette, 20 000 € pour lancer l’étude de programmation de la restructuration du palais des sports et 60 000 € pour une étude d’assistance à maîtrise d’ouvrage consacrée à la conservation des collections des musées bisontins.
À la Citadelle, 49 000 € sont prévus pour la mise aux normes de chambres froides nécessaires à la conservation de certaines collections. La Grande Halle fait également l’objet de plusieurs inscriptions budgétaires, avec 215 000 € consacrés aux travaux nécessaires à sa réouverture au public.
"Une attention particulière est également portée aux agents municipaux", souligne monsieur Taillard. Une enveloppe de 174 000 € doit ainsi financer des améliorations des conditions de travail et d’accueil dans plusieurs locaux administratifs. 45 000 € supplémentaires sont prévus pour renforcer la sécurité informatique et le stockage des données.
Des crédits de paiement décalés pour les écoles bisontines
La DM2 prévoit parallèlement le décalage de 2,6 millions d’euros de crédits de paiement concernant plusieurs opérations, notamment les projets des écoles Vieilles-Perrières et Paul-Bert ainsi que le complexe sportif Diderot. Fabrice Taillard insiste sur le fait que ces reports ne constituent pas, selon lui, des abandons de projets. "Il ne s’agit pas d’un abandon de projet, mais bien d’un décalage dans les réalisations", a-t-il précisé.
À l’inverse, certains crédits sont anticipés en fonction de l’avancement des opérations. 262 000 € supplémentaires sont ainsi prévus pour des travaux liés à la Grande Halle, 50 000 € pour le nouveau groupe scolaire Tristan-Bernard et 40 000 € pour le sol du nouvel espace de la place des Lumières.
Pour l’adjoint aux Finances, l'enjeu est de faire correspondre les crédits inscrits au budget au calendrier effectif des chantiers. "Nous voulons un budget sincère, que les crédits correspondent au rythme réel des opérations", a-t-il affirmé.
Une décision qui devra être soumise au vote
Au terme de sa présentation, Fabrice Taillard a résumé la DM2 autour de quatre axes : "la sincérité budgétaire", "une maîtrise de la dette", le maintien des services publics et la poursuite des investissements.
La décision modificative n°2 sera désormais soumise au vote du conseil municipal de Besançon lors de sa séance du jeudi 17 septembre. Les élus devront notamment se prononcer sur ces ajustements qui modifient la répartition des crédits en fonction des recettes nouvelles, des dépenses supplémentaires et de l’avancement des différents projets municipaux.
Pour Fabrice Taillard, cette adaptation doit permettre de poursuivre les investissements tout en limitant le recours à l’emprunt. "Nous maîtrisons nos dépenses, nous ajustons notre recours à l’emprunt et nous maintenons notre capacité à agir", a-t-il conclu.


