L’arrêt des chantiers pendant la trêve électorale inquiète la filière des Travaux publics

Publié le 12/12/2025 - 16:04
Mis à jour le 12/12/2025 - 16:04

Plusieurs organisations professionnelles du secteur du BTP alertent sur les conséquences de l’arrêt et du report de nombreux chantiers de Travaux publics dans le cadre de la trêve électorale avant et pendant les élections municipales en 2025. Selon BTP Rhône et Métropole, la FRTP Auvergne-Rhône-Alpes, le MEDEF Lyon-Rhône et la CPME Rhône, cette décision pourrait provoquer un choc économique important pour la filière locale.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

Les organisations évoquent une situation sans précédent, avec une interruption ”brutale” de l’activité. Elles soulignent que même des chantiers situés hors des zones sensibles sont concernés, rompant avec les pratiques observées lors des précédentes fins de mandats, jusque-là marquées ”par un ralentissement progressif et anticipable”.

Selon elles, la Métropole, ”acteur majeur pour l'activité des Travaux Publics”, joue un rôle central dans cette dynamique. L’arrêt généralisé ”frappe directement des centaines d'entreprises et pourrait impacter plus de 12 000 compagnons du territoire”.

Des conséquences humaines immédiates

Les organisations mettent en avant les répercussions sociales de cette interruption. ”Équipes mises à l'arrêt du jour au lendemain, perte brutale de revenus à quelques jours des fêtes de fin d'année, risques réels de licenciements ou de non-renouvellement de missions…”, détaillent-elles.

Elles estiment que plus de 1.000 personnes pourraient être touchées immédiatement, notamment ”intérimaires, apprentis, salariés en insertion, fournisseurs, sous-traitants, loueurs de matériel…”.

Les représentants professionnels insistent : ”L’activité des compagnons ne peut pas être une variable d’ajustement électoral.”

Un manque de visibilité pour les entreprises

Outre l’impact social, les organisations mentionnent ”une perte totale de visibilité” pour les entreprises du secteur. Les plans de charge seraient ”remis en cause sans préavis”, compliquant la gestion et la planification des travaux.

Cette situation intervient après un été marqué, selon elles, par une forte mobilisation des équipes. ”Ils passent brutalement d'une surcharge d'activité à une sous-activité prolongée”, expliquent les signataires, évoquant une instabilité préjudiciable à la filière.

Le refus des demandes d’activité partielle contesté

Les premières demandes d’activité partielle auraient été refusées, car jugées liées à une situation ”structurelle”. Les organisations contestent cette analyse : ”Cette baisse est soudaine, exceptionnelle et directement liée à une décision politique locale et temporaire.”

Elles rappellent que l’activité partielle ”a précisément été conçue pour amortir ce type de chocs conjoncturels et préserver l'emploi.”

Des propositions pour éviter une crise durable

Face à ces difficultés, les organisations professionnelles formulent plusieurs propositions :

  • ”La réouverture rapide des chantiers reportés” ;

  • ”Une approche adaptée aux réalités de chaque situation” ;

  • ”La priorisation des chantiers d'entretien, essentiels à la sécurité du territoire” ;

  • ”La reconnaissance du caractère conjoncturel de la situation pour permettre l’activité partielle” ;

  • ”La poursuite d’un dialogue constructif” avec les représentants des entreprises.

Elles évoquent également une ”double peine” pour les entreprises : l’arrêt des chantiers s’accompagnerait de ”délais de paiement toujours plus longs”, compliquant encore leur capacité à maintenir l’emploi.

Les signataires affirment rester engagés pour trouver des solutions permettant de concilier ”cadre de vie, sécurité, emploi et dynamisme économique”. Ils appellent à une prise en compte rapide des conséquences de la trêve électorale sur l’activité des Travaux publics et sur l’économie locale.

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