L'hôpital, exténué, à la recherche d'un second souffle

Publié le 01/01/2022 - 12:15
Mis à jour le 29/12/2021 - 17:48

Lessivé par les vagues de Covid et les plans blancs à répétition, l’hôpital apparaît démoralisé à quatre mois de l’élection présidentielle, mais syndicats et collectifs de soignants espèrent malgré tout pouvoir « peser sur le débat politique ». La CGT-Santé et ses alliés de SUD et des collectifs appellent déjà à une journée de mobilisation le 11 janvier 2022, avant un mouvement interprofessionnel plus large (avec FO) le 27 janvier.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

Abattement, fatigue, perspectives négatives: l'hôpital présente plusieurs signes cliniques de dépression. "Le moral des troupes est clairement dans les chaussettes", résume Yann Le Baron, secrétaire national de l'Unsa-Santé.

Un diagnostic partagé par d'autres organisations, indépendamment des habituelles bisbilles partisanes. "Tout le monde a l'impression de hurler sans être entendu", explique Olivier Milleron, porte-parole du Collectif inter-hôpitaux.

"On a le sentiment d'être complètement inaudibles", insiste-t-il, alors que "partout on ferme des lits par manque de personnel" et que "la diminution de l'offre de soins est sans précédent".

"La situation n'a jamais été aussi gravissime", renchérit Marie-Pierre Martin, présidente du Collectif inter-urgences, déplorant qu'"on ne recrute pas à la hauteur des départs" et qu'en bout de chaîne "les patients en paient le prix fort". Pour garantir, tant bien que mal, la continuité des soins, "le plan blanc est devenu le fonctionnement ordinaire", relève-t-elle. Avec ce que cela implique de congés annulés, d'heures supplémentaires et d'opérations déprogrammées.

"L'hôpital n'est pas revenu en situation normale depuis des mois", confirme Patrick Bourdillon, secrétaire fédéral de la CGT-Santé, qui parle même "d'effondrement total". "On le voit sur le taux d'absentéisme", assure-t-il, pointant une recrudescence des "épuisements professionnels" et de nombreux cas "d'établissements à un cheveu d'envoyer des réquisitions" pour maintenir leur activité.

Cet alarmisme généralisé tranche avec le flegme de l'exécutif, qui relativisait encore mi-décembre les fermetures de lits et les pénuries de personnel. "On ne nie pas les tensions", mais "il n'y a pas de saturation générale", affirmait ainsi le ministère de la Santé, reconnaissant tout de même une "légère" hausse de l'absentéisme au début de l'automne.

Ce constat "nuancé" s'appuyait toutefois sur des chiffres remontant à octobre ou novembre, avant la double vague des variants Delta puis Omicron, qui enfonce le clou sur des soignants épuisés.

"Le pire c'est qu'il n'y a pas de perspective", soupire Didier Birig, secrétaire fédéral de FO-Santé, qui réclame "que le gouvernement ouvre des négociations" pour "parler des effectifs, des lits" dès à présent.

"On ne peut pas se permettre d'attendre six mois avant de commencer à travailler", estime-t-il, pestant contre ces pouvoirs publics qui "ne font rien" et tardent même à concrétiser certaines promesses du "Ségur de la santé", comme la majoration du travail de nuit, des dimanches et des jours fériés.

Signataire de cet accord en juillet 2020, M. Birig entend demander des comptes lors du prochain comité de suivi prévu le 14 janvier, avant une "conférence sur l'hôpital de demain" au siège de FO le 1er février, qui devrait être suivie d'une "décision sur un grand mouvement" sans date préemptée - afin de ne pas empêcher une action avec d'autres organisations.

L'objectif est clairement de "faire revenir l'hôpital public sur le devant de la scène", souligne M. Bourdillon, déterminé à "peser sur le débat politique" pendant "toute la période électorale", jusqu'aux législatives de juin.

Mais la base est-elle prête à suivre ? Après les espoirs soulevés par le Ségur, "la déception est énorme", observe M. Milleron. "Les gens sont dégoûtés. Ils ne se mobilisent plus, ils s'en vont", ajoute-t-il.

Le Collectif inter-hôpitaux souhaite néanmoins "obliger les candidats à se positionner" autour de la quinzaine de propositions qu'il présentera en janvier, notamment la reprise du projet de référendum sur l'hôpital retoqué cet été par le Conseil constitutionnel.

L'Unsa-santé détaillera également en début d'année son "plan Marshall du recrutement et de la formation", qui inclut entre autres une large titularisation des agents contractuels. En attendant, "nous ne prévoyons pas d'appeler à la grève", indique M. Le Baron, car "les collègues sont à bout".

(AFP)

Santé

Gérontologie : un préavis de grève déposé sur le site de Bellevaux pour plusieurs jours

Les syndicats FO Bellevaux et UNSA Santé et Sociaux public et privé du CHU de Besançon – site de Bellevaux ont déposé un préavis de grève dans un courrier adressé au directeur général de l’établissement. Ce mouvement social concerne l’ensemble des personnels du site et s’étend sur plusieurs journées prévues entre avril et mai 2026.

Protoxyde d’azote : le sénateur Longeot assure poursuivre la mobilisation parlementaire

Le 7 avril dernier, le sénateur du Doubs Jean-François Longeot s’est entretenu avec la directrice des affaires publiques, et le directeur de la branche infrastructures du groupe Suez, au sujet "des conséquences dramatiques, humaines, sociales et environnementales, liées à l’usage détourné du protoxyde d’azote".

La Bourgogne-Franche-Comté sera représentée au Congrès France Bioproduction 2026

Les 15 et 16 avril 2026, la Bourgogne-Franche-Comté participera à la 10e édition du Congrès France Bioproduction, le rendez-vous annuel consacré à la bioproduction au service des biothérapies. Lors de sa dernière édition en mars 2025, l’événement avait rassemblé 1.150 délégués et 125 exposants.

30 tonnes d’aliments dans une vie : et si notre santé se jouait largement dans notre assiette ?

L'oeil de la diet' • À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, célébrée le 7 avril, on parle souvent d’activité physique, de prévention ou de système de soins. Mais pour Valentine Caput, diététicienne à Besançon, un élément beaucoup plus quotidien mérite peut-être qu’on s’y attarde : ce que nous mangeons, tous les jours. 

Moustique tigre à Besançon : une réunion de prévention le 23 avril

La présence du moustique tigre est désormais avérée à Besançon. Face au risque sanitaire pour les habitants, la municipalité et l’Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté mettent en œuvre un plan de surveillance et de prévention. Une réunion de sensibilisation est ouverte au public en avril 2026.

100 aliments sains à prix coûtant : 37 associations réclament une loi d’urgence

Trente-sept organisations de consommateurs, de santé et de lutte contre la précarité, dont foowatch, ont adressé le 1er avril 2026 une lettre ouverte au Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour demander l’adoption d’une loi imposant la vente à prix coûtant de 100 produits alimentaires jugés essentiels. Cette initiative intervient dans un contexte de fragilisation durable des ménages après plusieurs années d’inflation.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 15.75
ciel dégagé
le 23/04 à 09h00
Vent
3.91 m/s
Pression
1024 hPa
Humidité
68 %

Sondage