Créée en octobre 2022, il s'agit d'une association reconnue d’intérêt général dont l’objectif est de "favoriser la cohabitation entre l’élevage / activité humaine et la faune sauvage en contribuant à l’amélioration de la protection des troupeaux". Elle précise également avoir vocation de participer "à une meilleure connaissance des grands prédateurs afin d’en favoriser l’acceptation du fait de leurs statuts d’espèces protégées".
Loin de toute posture militante, Vigie Jura revendique une approche de terrain. "Point de proselytisme donc mais de la médiation concrète et efficace", résume l’association, qui met en avant un bilan de plus de 350 nuits de surveillance sans aucune prédation depuis le début de ses actions.
Une présence humaine dissuasive sur les alpages
La mission principale de Vigie Jura consiste à assurer une présence nocturne, en binômes de bénévoles formés, à proximité de troupeaux exposés au risque de prédation.
En 2023, l’association comptait 87 adhérents, dont 54 ont été formés à la surveillance de troupeaux de bovins. Cette même année, 61 nuits de surveillance, en binômes, ont été assurées entre fin juin et début novembre 2023 auprès d’un troupeau de génisses situé sur le territoire de la meute du Risoux. Bilan annoncé : "0 prédation et 0 incident".
L’activité s’est intensifiée en 2024 avec 130 adhérents et de nouvelles formations. L’association indique avoir assuré environ 150 nuits de surveillance au total cette saison-là, dont 95 nuits de surveillance, en binôme, ont été assurées auprès de ce troupeau chez un éleveur de Villedieu-les-Mouthe. Durant ces missions, des loups (3) ont été observés à l’approche d’un troupeau et effarouchés par deux fois : les 24 et 26 août. En 2025, Vigie Jura compte 150 adhérents.
Soutien aux éleveurs et dialogue local
Au-delà de la seule dissuasion, l’association met en avant l’importance du lien humain. Elle évoque un "soutien moral aux éleveurs afin de les aider à relativiser et garder espoir dans la protection". Les bénévoles soulignent également "beaucoup d’échanges entre les éleveurs, éleveuses et les bénévoles surveillant(e)s qui permettent une meilleure compréhension de l’impact du retour des loups et une grande solidarité humaine".
Selon l’association, les retours de terrain sont encourageants, avec des "retours positifs de la part des éleveurs et éleveuses, troupeaux plus sereins et eux/elles dorment mieux !".
Des moyens matériels et un financement mixte
Pour mener ses missions, Vigie Jura met à disposition de ses bénévoles du matériel spécifique : caméra thermique, lampe torche, talkies-walkies, lampes frontales, sifflets, cornes de brume, tente, fauteuils. L’association précise disposer de matériel en double afin d’équiper deux binômes intervenant sur deux sites différents, ainsi que de caméras automatiques afin de surveiller les abords des alpages.
Son budget repose sur des adhésions et des dons ainsi que sur des subventions attribuées par deux organismes “Fondation Nature et Découverte” et “Le Poids du Vivant”.
Un ancrage institutionnel et partenarial
Vigie Jura participe également à plusieurs instances et actions de sensibilisation. L’association mentionne sa participation au COPIL Loup mis en place par l’ARB, des échanges réguliers avec les organismes officiels (DDT, préfecture), les syndicats agricoles, le médiateur salarié par l’ARB, les APN ainsi qu’un rôle de partenaire (steward) du programme européen LifeWolfsAlps. Elle prend aussi part à des festivals et des expositions.
Une association au-delà des frontières régionales
Si elle agit principalement sur les estives comtoises, Vigie Jura souligne une particularité : 60 % de ses 150 adhérents ne sont pas originaires de Franche-Comté, venant notamment de Bourgogne, de Saône-et-Loire, de l’Ain et même de Bretagne. Un signe, selon ses membres, que la question de la cohabitation entre élevage et faune sauvage dépasse largement le seul territoire jurassien.
Infos +
- Devenir bénévole ou faire un fon de Vigie Jura : www.vigiejura.fr


