Marche LGBTQIA+ à Besançon : "C’est encore insupportable de savoir que deux hommes couchent ensemble"

Publié le 07/05/2026 - 18:00
Mis à jour le 15/05/2026 - 16:22

La marche militante LGBTQIA+ (ou marche des fiertés) de Besançon se tiendra le samedi 16 mai 2026. Organisée par le collectif 17 mai, cet événement revendicatif et festif s’inscrit dans une dynamique locale initiée depuis 2020, avec le soutien de l'ancienne maire Anne Vignot et la participation de nombreuses associations du territoire. On en parle en détail avec Lucie Dernière Minute, responsable de l’organisation de l’évènement.

Le 16 mai, la journée sera particulièrement remplie et haute en couleurs ! Les festivités débuteront à 13h00 au parc Chamars avec un pique-nique ouvert au public. Un village associatif réunira une quinzaine de structures locales et régionales, ainsi que des créateur.rice.s queer. Une buvette et plusieurs food trucks proposeront une offre variée, incluant des options végé, véganes et carnées.

Le départ de la marche est prévu à 14h, accompagné de prises de parole au début et à l’issue du parcours. Pendant la manifestation, les participant.e.s pourront danser, sautiller, chanter sur les morceaux que passeront Lucie Dernière Minute elle-même sur l'un des deux chars, et les Djs RapZouz et Toto sur l'autre. Le retour au parc Chamars est estimé vers 16h00, suivi d’une nouvelle séquence d’interventions.

À partir de 17h00, une programmation artistique prendra le relais jusqu’à 23h00. Elle comprendra notamment des performances de danse avec 1% et Dance Monster, des shows drag portés par les quatre drag houses bisontines (House of Detritus, House of the Rising Stars, House of Oneroi, et la petite dernière née : la House de Couette), un défilé de mode non genré inédit signé Princesse des Villes se tiendra également au parc Chamars, ainsi que deux DJ sets : Neoperreo lors d’un spectacle free style de pole dance puis LongduZob pour clôturer la soirée avec un dj set ”girly boom boom”.

© Alexane Alfaro

Une dimension militante toujours affirmée

Au-delà de son aspect festif, la marche des fiertés conserve une portée revendicative. Le mois de mai, historiquement associé aux luttes LGBTQIA+ reste un moment symbolique de visibilité de la communauté et de ses allié.e.s.

Lucie évoque toutefois un contexte encore marqué par des tensions. Elle signale des actes d’hostilité, notamment l’arrachage répété d’affiches pour la marche ou des réactions agressives dans l’espace public. "On continue à faire face à des formes de rejet, parfois très explicites", indique-t-elle en nous racontant un épisode récent survenu rue de Vesoul : "La semaine dernière, quelqu’un nous a insultés et fait un doigt d’honneur pendant qu’on collait une affiche". Pour elle, ces gestes traduisent une incompréhension persistante : "On n’est pas des dangers, on fait partie du progrès social. On demande simplement à pouvoir exister sans violence."

Des violences encore trop présentes

Au-delà ces tensions évoquées, Lucie nous parle de violences plus larges qui touchent la communauté LGBTQIA+. Elle décrit des agressions encore très fréquentes, notamment à l’encontre des hommes homosexuels et des personnes transgenres : "Il y a encore des agressions LGBT, surtout contre les hommes homosexuels, c’est encore insupportable de savoir que deux hommes couchent ensemble, ils se font casser la gueule, et pour les personnes trans, c’est encore pire !", déplore-t-elle.

Lucie souligne également la banalité de certaines violences verbales dans la vie quotidienne : "Être insulté avec des mots homophobes dans la rue, c’est encore quelque chose de courant, et ça peut partir de situations très banales." Pour elle, ces réalités montrent que les enjeux restent profondément sociaux : "On continue à bousculer les lignes du patriarcat, et ça dérange encore aujourd’hui."

Pendant la marche, l'organisatrice souligne que l’événement se déroule généralement sans incident. Elle ne mentionne qu’un seul épisode particulièrement marquant, survenu il y a deux ans, lorsqu’une mère, extérieure à la manifestation a découvert la participation de son fils. "Elle l’a pourri devant tout le monde", raconte-t-elle, précisant que l'entourage a dû intervenir pour tenter d’apaiser la situation. "On a dû venir à son secours, mais elle a frappé l’une des amies qui étaient avec lui", ajoute Lucie. Le jeune homme avait alors quitté les lieux escorté de sa mère, avant de revenir plus tard, nous précise-t-elle.

À travers cet exemple, Lucie rappelle que certaines formes de rejet persistent encore dans la sphère privée : "L’homophobie familiale existe toujours", insiste-t-elle, évoquant également des situations où "des gamins sont encore bannis parce qu’ils sont homosexuel.le.s".

© Alexane Alfaro

Être visibles et lutter

Dans ce contexte, la marche des fiertés est aussi pensée comme un espace de visibilité. Lucie la décrit comme un moment à la fois festif et politique : "C’est une vitrine festive de la ville, mais aussi un espace pour dire qu’on existe, qu’on est là, et qu’on continuera à faire du bruit."

Infos +

  • La marche avait rassemblé environ 2 000 participants l’an dernier.

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