Besançon est-elle menacée par la mouvance “masculiniste” ?

Publié le 07/05/2026 - 17:46
Mis à jour le 09/05/2026 - 06:52

La préfecture du Doubs organisait ce mercredi 6 avril un exercice de sécurité grandeur nature simulant une attaque terroriste menée par des assaillants se réclamant du courant “masculiniste”. Ce choix de scénario soulève des interrogations. Faut-il y voir une menace réelle pour Besançon ? Et cette mouvance vise-t-elle uniquement les femmes ? Éléments de réponse.

 © Pixabay/Anonymous
© Pixabay/Anonymous

On pourrait être tenté de minimiser, voire de tourner en dérision, ces hommes qui disent se sentir menacés par les femmes. Dans un contexte où les violences faites aux femmes persistent à travers le monde, où les féminicides restent nombreux, où les droits des femmes sont régulièrement remis en cause et l'égalite femme-homme souvent bafouée, la posture “masculiniste” peut sembler incompréhensible. Pourtant, les individus qui adhèrent à cette idéologie ne se limitent pas à des profils isolés de geeks derrière un écran : certains peuvent adopter des comportements violents et passer à l’acte.

Une idéologie devenue collective

Apparu dans les années 1970-1980 en réaction aux mouvements féministes, le masculinisme dénonçait à l’origine une supposée “crise de la masculinité”. Mais entre 2010 et 2020, le phénomène a évolué, notamment sous l’impulsion des réseaux sociaux. Des groupes autrefois marginaux se sont structurés en un véritable écosystème. Les discours, souvent plus radicaux et hostiles envers les femmes, s’y diffusent largement et tendent à se banaliser. Par ailleurs, des liens de plus en plus visibles avec certaines sphères politiques, notamment à droite radicale et à l’extrême droite, sont observés.

Selon le Haut Conseil à l’égalité, ces idées dépassent désormais le cadre individuel pour s’inscrire dans des dynamiques collectives et militantes. Une étude de la Fondation des femmes publiée en 2026 indique que 32 % des répondants estiment que la situation des femmes s’est dégradée au cours des cinq dernières années, soit une hausse de six points par rapport à 2025. Le Haut Conseil à l’égalité souligne également que “60 % des hommes pensent que les féministes veulent que les femmes aient plus de pouvoir que les hommes” et que “39 % estiment que le féminisme menace la place et le rôle des hommes dans la société”.

Une cible privilégiée : les jeunes

Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la diffusion de ces idées, en particulier auprès des adolescents et des jeunes adultes. Certains “influenceurs” y présentent le féminisme comme une menace, décrivent les femmes comme manipulatrices ou dominantes, et justifient des comportements de domination. Les hommes qui ne partagent pas ces opinions peuvent eux aussi être stigmatisés, qualifiés de “faibles”.

Au-delà du discours idéologique, un véritable mode de vie est mis en avant : pratique intensive de la musculation, consommation importante de viande et de protéines, quête de grande réussite financière, valorisation de signes extérieurs de richesse comme les voitures puissantes… Le tout largement exposé sur les réseaux sociaux, accompagné de slogans et de hashtags accrocheurs.

Lors de l’exercice du 6 avril, le colonel Élodie Montet, commandant le groupement de gendarmerie du Doubs, a expliqué que l’objectif était notamment de “vulgariser cette notion auprès du grand public parce que pour nous, police et gendarmerie, ce qui est intéressant, c’est de détecter ces sujets-là, donc en parlant de cette thématique incel - célibataire involontaire -, ça permet aussi d’aider à détecter par les camarades, le corps enseignant, l’encadrement et même les familles et signaler des cas de personnes qui seraient en replis identitaire ou sur leur smartphone pour nous permettre de les identifier et de leur tendre la main.”

Une menace concrète à Besançon ?

Lors du reportage réalisé le 6 mai à Quingey, le procureur de la République de Besançon, Cédric Logelin, a estimé qu’une attaque liée à cette idéologie était “plausible parce que c’est déjà arrivé malheureusement.” Il précise que l’on observe “une montée en puissance de ce courant masculiniste” et que ce phénomène est suivi de près par la justice, notamment par le parquet national antiterroriste, déjà saisi d’un attentat en lien avec cette mouvance.

À ce jour toutefois, la situation locale ne révèlerait pas de menace imminente. Cédric Logelin indique qu’au 6 mai, “nous n’avons pas encore identifié à ce stade de mouvement masculiniste qui pourrait arriver à ce type d’acte”, ajoutant que “la meilleure connaissance de ce phénomène est du côté du parquet national antiterroriste, plus que du parquet local. Il y a des réunions qui se tiennent régulièrement entre les parquets locaux et au niveau du parquet général il y a un assistant spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme.”

De son côté, l’Observatoire de l’extrême droite en Franche-Comté ne signale pas de groupe explicitement masculiniste implanté dans la région. Une tentative d’installation d’un groupe "survivaliste" en 2025 à Fontain, portée par un ancien légionnaire tatoué d'un soleil noir (symbole nazi), a toutefois été relevée. Son objectif : organiser des activités physiques en milieu naturel inspirées de l’entraînement militaire, incluant la manipulation d’armes. Sans être systématique, une proximité idéologique peut exister entre ces milieux et certains courants masculinistes.

L'Obex FC rappelle par ailleurs, dans sa rubrique "thèmes spécifiques", section "féminisme", que "masculinistes, incels, antiféministes et autres anti-wokes" s’inscrivent dans des constructions idéologiques largement nourries par les références de l’extrême droite. Le site renvoie également à la rubrique "métapolitique", notamment à l’entrée consacrée aux "tiktokeurs", qui met en lumière plusieurs figures numériques régionales s’inscrivant clairement dans ce registre. Ces contenus, particulièrement accessibles aux plus jeunes, peuvent contribuer à diffuser ces idées et, dans certains cas, favoriser des passages à l’acte violents selon l’Observatoire.

Face à l’influence croissante des discours extrêmes en ligne, il appartient notamment aux parents de rester attentifs aux contenus auxquels leurs enfants sont exposés, afin de prévenir non seulement l’adhésion à des idéologies violentes, mais aussi l’ensemble des dérives qui circulent aujourd’hui sur les réseaux sociaux.

Société

À Deluz, les téléphones vont bientôt sonner le pour un exercice de sécurité civile

Mercredi 14 octobre, à partir de 8 h 30, un exercice de sécurité civile consacré au risque industriel sera organisé à Deluz. La préfecture du Doubs en profitera pour tester FR-Alert, le dispositif national d’alerte sur les téléphones portables. Les habitants des communes voisines pourraient eux aussi recevoir le message. Pas de panique : il s’agira bien d’un exercice.

Le pari fou de Frédéric Plançon pour la bonne cause…

C'est dans la Vallée de la Loue, au départ de Mouthier Haute Pierre, que s'est déroulé les 19 et 20 septembre 2026 le défi R'Huntington 6000, à la base c'était un trail en solitaire de 100km et 6000m de dénivelé en 24h, challenge réussi puisque qu'il a été bouclé en 23h30, le parcours étant à peine plus long que prévu, le défi total a représenté 110km et 6300m de dénivelé positif en 25h00, le tout sans dormir.

Une école élémentaire entièrement rénovée pour la commune de Pirey

La commune de Pirey s’apprête à inaugurer vendredi 2 octobre 2026 à 17h, son école élémentaire entièrement rénovée. Celle-ci a bénéficié d’un important programme de travaux consacré "à la performance énergétique, au confort des élèves et des enseignants et à l’adaptation du bâtiment au changement climatique", souligne la Ville.

À Besançon, l’Intersyndicale féministe du Doubs annonce deux rendez-vous le 28 septembre

L’Intersyndicale féministe du Doubs appelle à deux rendez-vous lundi 28 septembre 2026 à Besançon. À 18 h 00, place Pasteur, pour défendre le droit à l’avortement, puis à 19 h 00, devant le tribunal, pour réclamer davantage de moyens dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Général de corps d’armée Jean-Paul Perruche : " La Russie nous a déclaré la guerre "

Dans le cadre de la conférence organisée ce vendredi 25 septembre 2026 par l’associations des auditeurs IHEDN de Franche-Comté, nous avons interrogé le Général de corps d’armée Jean-Paul Perruche, expert en stratégie de sécurité et défense européenne sur l’avenir de l’Union Européenne.

Insee : en Bourgogne-Franche-Comté, les femmes investissent les conseils municipaux mais peinent encore à devenir maires

L’Insee a publié le 22 septembre 2026 une étude concernant la place des femmes lors des dernières élections municipales en Bourgogne-Franche-Comté. Il ressort de l’enquête que même si la part de féminisation progresse grâce notamment aux listes paritaires, elles restent très peu à occuper dans la région un poste de maire.

À Besançon, la fresque de Nacle dénonçant les violences policières déjà recouverte

Dévoilée ce mardi 22 septembre 2026 sur le mur d’expression libre de la Malcombe, la nouvelle fresque du street artiste bisontin Nacle n’aura été visible que quelques heures. Dénonçant les violences policières, elle a été condamnée par le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, avant d’être aussitôt recouverte dans l’après-midi par les services de la Ville.

Marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale ce samedi à Besançon

À Besançon, la Marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale partira du parc des Glacis (monument aux morts) à 14h ce samedi 26 septembre 2026. Elle est portée localement par un "mouvement citoyen spontané" et soutenue par Alternatiba Besançon ainsi que d'autres associations bisontines (FNE, AVB, Générations futures).

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 16.45C°
couvert
le 01/10 à 05h00
Vent
2.23 m/s
Pression
1021 hPa
Humidité
83 %

Sondage