Dans le cortège, les lycéens sont majoritaires, accompagnés par plusieurs organisations syndicales et politiques. La CGT, le Snuipp-FSU, Solidaires et Force ouvrière participent notamment à la mobilisation. Plusieurs formations politiques sont également présentes, parmi lesquelles Les Écologistes, la section bisontine du Parti communiste, La France insoumise et le NPA.
Malgré des tirs de mortiers entendus au loin, l’ambiance est décrite comme ”bon enfant” par notre journaliste, qui fait état de ”plusieurs milliers de manifestants” présents dans le cortège à la fin de la matinée.
”C’est leur manifestation, leurs revendications”
Présente dans le cortège, Amélie Lapprand, co-secrétaire du Snuipp-FSU, explique la présence de son organisation par une volonté de soutenir la mobilisation lycéenne. La syndicaliste déclare : ”nous manifestons en soutien au mouvement lycéen, leurs revendications sont les nôtres et nous sommes là contre les violences policières qu’ils subissent depuis plusieurs jours.”
Elle insiste également sur la place des lycéens dans la mobilisation : ”C’est leur manifestation, leurs revendications, on les accompagne simplement en sécurisant leur manifestation.”
La CGT dénonce les conditions dans l’Éducation nationale
José Avilès, secrétaire général de l’union départementale de la CGT du Doubs, estime lui aussi que les revendications portées par les jeunes sont légitimes. ”Leurs revendications sont légitimes. Quand ils voient leurs propres parents qui galèrent, quel avenir ils ont ?”, questionne-t-il.
Le responsable syndical critique également la réponse apportée par les autorités aux mobilisations : ”Si revendiqué c’est envoyer, pour certain, les forces de l’ordre, ce n'est pas une réponse acceptable de la part du gouvernement.” Et d'ajouter : "De tout temps, la CGT alerte sur les dégradations de l’Éducation nationale, les conditions des personnels, le manque d’encadrement : c’est ça qu’ils dénoncent, ils pensent à leur avenir. Leur angoisse reflète aussi l’anxiété du peuple et quand on voit la manière dont le gouvernemt réagit, il ne respecte pas leur propre peuple."
Sur place, il décrit toutefois, en début de manifestation, un rassemblement qui se déroule, selon lui aussi, dans le calme : ”Ici on est réuni, ça se passe super bien, c’est bon enfant, (...) pas de violence, pas de volonté d'être violent, pour revendiquer des choses concrètes.”

Droits des élèves, établissements dégradés, cours "trop chargés", emplois du temps "avec des trous", récupération politique...
Présentes à la manifestation, quatre élèves du lycée Victor Hugo (qui n'ont pas souhaité communiquer leur prénom) expliquent à notre journaliste sur place vouloir se mobiliser notamment à l’approche du vote du budget, prévu dans deux semaines. Parmi leurs revendications, elles citent ”les droits des élèves, les états des établissements” et ”les cours trop chargés”.
L’une d’elles insiste également sur la solidarité avec d’autres établissements : ”même si nous on est concernés, c'est aussi pour le soutien à Créteil”. Les lycéennes dénoncent par ailleurs l’état des locaux, les emplois du temps ”avec des trous sans cours surtout”.
Concernant la présence de syndicats et de partis politiques dans le cortège, elles reconnaissent que la mobilisation est ”plus encadrée”, tout en exprimant une méfiance face à une éventuelle récupération : ”On voit avec les crises, c'est plus forcément contre l'éducation.”
Enfin, l’une des participantes évoque les rapports avec les forces de l’ordre et dénonce leur attitude : ”Ils nous parlent mal, alors que des fois, on ne fait pas grand-chose.” Elle résume son sentiment par une formule : ”C'est eux qui nous protègent, et au final. c'est eux qui nous font du mal et qui nous font peur.”
Un cortège attendu jusqu'au parc Micaud
À la mi-journée, la manifestation poursuit sa progression au centre-ville. Si la majeure partie du cortège se dirige par la rue de la République vers le Parc Micaud pour un pique-nique, un groupe a pris une autre direction, par la rue Sarrail, pour le rejoindre.
Le nombre officiel de participants devait encore être communiqué.
- Propos recueillis par Élodie Retrouvey.


