Saluts nazis à la Citadelle : les gestes délictuels se multiplient au musée de la Résistance

Publié le 19/06/2026 - 08:43
Mis à jour le 19/06/2026 - 16:53

Le conseil municipal de Besançon a été informé juedi 18 juin 2026 d'une augmentation des gestes et comportements délictuels constatés à la Citadelle, en particulier au Musée de la Résistance et de la Déportation. Lors d'une intervention en séance, Christine Werthe, adjointe au maire en charge de la Citadelle, a détaillé les mesures prises par la Ville face à ces incidents en forte augmentation.

Christine Werthe © Alexane Alfaro
Christine Werthe © Alexane Alfaro

Selon les chiffres communiqués par l'adjointe, le nombre de gestes délictuels constatés à la Citadelle est en hausse régulière. Quatre faits avaient été recensés en 2024, puis cinq en 2025. Depuis le début de l'année 2026, dix incidents ont déjà été enregistrés. Cette augmentation concerne notamment le Musée de la Résistance et de la Déportation, établissement rénové et rouvert au public depuis le 8 septembre 2023.

Neuf incidents impliquant des saluts nazis depuis janvier

Christine Werthe a rappelé le rôle du musée, qu'elle décrit comme ”un lieu emblématique de notre ville et l’un des musées majeurs consacrés à la Résistance, à la Déportation et plus largement, à la Seconde Guerre mondiale”. L'élue a indiqué que ”depuis le début de l’année 2026, neuf incidents impliquant des saluts nazis y ont été constatés, dont six pour le seul mois de mai”.

Selon nos informations, parmi ces faits, un père de famille venu avec son fils ainsi qu'un groupe de jeunes se prenant en selfie avec un portrait d'Hitler publié sur les réseaux sociaux.

Pour la municipalité, ces actes revêtent une gravité particulière au regard de la vocation du lieu. ”Ces gestes sont une insulte à la mémoire des déportés et des résistants, une atteinte directe aux valeurs de la République et à la mission même de ce musée”, a-t-elle déclaré.

Elle a également insisté sur le caractère délictuel de ces comportements : ”Ils ne sont ni des provocations anodines, ni des ‘blagues’ : ce sont des comportements graves, contraires à la loi et à notre pacte démocratique.”

Dépôt de plainte systématique

Face à ces faits, la Ville affirme avoir adopté une politique de fermeté. ”Chaque fois que des faits sont avérés, un dépôt de plainte est engagé qu’il s’agisse de personnes majeures ou mineures”, a indiqué Christine Werthe. Pendant la mandature précédente, Aline Chassagne, ancienne adjointe à la Culture, a souligné que le dépôt de plainte a toujours été systématique pour ce genre de faits. Une politique de médiation a également été mise en place avec un poste de médiation en plus pour le lien avec le monde éducatif, accueil des classes et aller dans les établissements.

Lorsque les incidents impliquent des élèves dans le cadre de sorties scolaires, la municipalité travaille avec les services de l'Éducation nationale. ”Nous travaillons en lien avec l’Éducation nationale pour apporter une réponse éducative forte”, a précisé l'adjointe, ajoutant que ”lorsque la gravité des faits l’exige, nous étendons également le dépôt de plainte”.

Musée de la Résistance et de la Déportation à la Citadelle de Besançon. © Alexane Alfaro

Un règlement renforcé à la Citadelle

La Ville a également modifié le règlement intérieur de la Citadelle. Selon Christine Werthe, celui-ci ”a été adapté afin de sécuriser les agents, clarifier les procédures de signalement et garantir un traitement systématique de ces incidents”.

L'élue a par ailleurs salué l'engagement des équipes confrontées à ces situations. ”Je veux saluer ici les équipes du musée, de la Citadelle, et les personnels d’accueil, qui sont en première ligne face à ces comportements inacceptables”, a-t-elle déclaré.

Un appel à l'unité et à la vigilance

Estimant que la question dépasse les clivages politiques, Christine Werthe a appelé l'ensemble du conseil municipal à adopter une position commune. ”Sur ce sujet il ne peut y avoir ni ambiguïté ni relativisation”, a-t-elle affirmé.

Elle a proposé que les élus parlent "d’une seule voix pour affirmer clairement que les saluts nazis, les gestes et symboles de haine, n’ont pas leur place à Besançon, en aucun lieu, et encore moins dans un musée dédié à la Résistance et à la Déportation”.

Face à cette augmentation, "il faut envoyer un message plus fort dans le musée pour rappeler le respect, l'interdiction de gestes délictueux et les risques encourus", a rappelé Aline Chassagne.

Un message adressé à la jeunesse

S'adressant aux jeunes visiteurs, l'adjointe a rappelé la vocation pédagogique du musée. ”Ce musée est le vôtre. Il n’est pas un décor pour la provocation, mais un lieu pour comprendre, réfléchir, se forger un sens critique et un engagement citoyen.”

La Ville entend poursuivre ses actions de prévention et de sensibilisation. ”En renforçant le règlement, en déposant plainte, en soutenant nos agents et nos partenaires éducatifs, la Ville assume ses responsabilités”, a déclaré Christine Werthe, avant de conclure : ”Nous irons plus loin, collectivement, pour développer les actions de médiation, d’éducation et de prévention, afin que jamais l’idéologie nazie ne trouve de terrain fertile dans notre ville.”

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