Mme Keller-Sutter a porté plainte le 20 mars devant la justice suisse contre les auteurs "inconnus" de "diffamation" et/ou "injure" à son égard, a confirmé à l'AFP son porte-parole Pascal Hollenstein, confirmant une information du journal Tages-Anzeiger. La plainte porte sur des formulations générées par Grok, l'assistant d'IA du réseau d'Elon Musk, déjà au centre de scandales dans le monde pour ses capacités à permettre à des individus de créer des montages hyperréalistes (ou deepfakes) de femmes et d'enfants dénudées, à partir de photos réelles.
Dans le cas de la ministre suisse, un utilisateur d'X a demandé le 10 mars à Grok de générer des formulations grossières avec un "putxxxn d'argot de rue" à l'égard de Karin Keller-Sutter, sa "nana préférée" selon le journal Tages-Anzeiger. Grok s'est exécuté, produisant un flot de remarques "vulgaires et sexistes" qui ont inondé le compte sur X de la ministre, qui exerçait en 2025 la présidence tournante de la Confédération.
Les textes injurieux ont été remarqués le 11 mars, et retirés par l'utilisateur indélicat le lendemain, selon la même source. Le journal affirme que l'identité de cet individu de 75 ans est connue, mais l'a identifié comme R.O. Le porte-parole de la ministre a confirmé le récit fait par le journal, selon lequel l'action engagée contre des "personnes inconnues" pourrait à l'avenir viser des dirigeants de X.
La filiale suisse de X n'a pas souhaité commenter, se contentant de décrire la démarche de R.O. comme un "jeu".
(AFP)


