Interrogée sur l'espoir porté par un vaccin contre la Covid-19, la Pr Catherine Chirouze s'en réjouit, mais se veut très prudente. "Ce ne sont que des résultats intermédiaires en phase 3, dits à 90 % d’efficacité et avec a priori une bonne sécurité, ce qui montre que l'on sait faire et que l'on peut développer rapidement. C'est une bonne nouvelle scientifique (NDLR plus de détails dans la vidéo), mais il va falloir le traduire en terme de santé publique..." a déclaré la cheffe de service des maladies infectieuses et tropicales du CHRU de Besançon.
"L'autre bonne nouvelle c'est que c'est aussi un premier vaccin contre un Coronavirus. C'est aussi une prouesse scientifique, car nous n'en avions pas sur MERS-CoV et SRAS-CoV" explique-t-elle, mais en tenant à souligner que ce vaccin n'est, pour l'heure, pas sur le marché. "On ne peut donc pas se baser sur ce vaccin pour nous "sauver" du problème sanitaire actuel. Il faut rester très prudent. Il y a plein d'inconnus avant que tout le monde soit vacciné. En attendant, il faut maintenir nos mesures barrières, même si c'est difficile au quotidien, que ce soit au travail, mais surtout dans notre mode de vie quotidienne intrafamilial et avec leurs amis... "
Le Pr Chirouze estime que la distanciation, même si le terme peut parfois paraître galvaudé, est un élément essentiel. "On sait que le deux mètres de distance, c'est quelque chose d'efficace. Il faut penser aux plus vulnérables et leur dire, même si c'est un crève-cœur, c de se mettre en retrait dans les repas de famille (...) Malheureusement on n'a pas d'autre arme aussi efficace disponible à l'heure actuelle pour lutter contre cette épidémie et c'est de la responsabilité individuelle. Chacun est responsable du collectif, c'est la difficulté..."
Plus de 160 patients sont hospitalisés pour des formes graves à l'hôpital de Besançon dont 51 en réanimation
Des parcours de soins Covid et non Covid au CHRU de Besançon
Qu'est-ce qui a changé par rapport à la première vague ? Tout d'abord la disponibilité de tests dits rapides a totalement changé le parcours patient au sein de l'hôpital permettant de regrouper immédiatement les malades au sein d'unités médicales dédiées au Covid avec un parcours de soins différencié.
Deuxième changement principal : la participation de la médecine générale avec l'accès aux tests et aux mesures de protection des soignants permet de voir arriver des patients avec un diagnostic à l'hôpital avec une filiarisation plus efficiente. "Cela a eu un impact en interne avec un parcours de soins Covid - non Covid dès les Urgences, ce que nous ne pouvions pas faire pour la première vague. C'est aujourd'hui plus rapide et plus fluide. Mais cela reste la Covid-19, une maladie éprouvante pour les patients et les soignants avec une surveillance accrue...."
Covid-19 : les chiffres en Bourgogne Franche-Comté
Évolution du Covid-19 en Bourgogne-Franche-Comté
Sources : data.gouv.fr
CODIV-19 dans le Doubs
Sources : data.gouv.fr


