Dans leur communiqué, les associations dressent un constat préoccupant de l’accès à l’alimentation en France. Elles indiquent que ”35% des Français déclarent devoir sauter au moins un repas par jour faute de moyens financiers suffisants” et que ”11 millions de Français vivent en situation de précarité alimentaire”. Certaines familles consacreraient jusqu’à ”40 % de leur budget à l’alimentation, c’est énorme”.
Les organisations dénoncent une ”réalité alarmante et inacceptable en France”, soulignant qu’”un Français sur trois ne mange pas à sa faim et n’a pas les moyens de se nourrir sainement”, ce qui constitue selon elles ”la double peine puisque sa santé en pâtit aussi”.
Une proposition : 100 produits essentiels à prix coûtant
Face à cette situation, les associations proposent une mesure qu’elles qualifient de ”simple et concrète” : rendre obligatoire ”la vente à prix coûtant de 100 aliments bons pour la santé dans les supermarchés”. Ces produits seraient conformes aux recommandations du Programme national nutrition santé.
Elles précisent que cette mesure ”en aucun cas ne pénalise les agriculteurs et agricultrices, dont la juste rémunération doit bien sûr être assurée”. L’objectif affiché est de garantir ”l’accès à une alimentation saine, durable, abordable”, considéré comme ”un droit fondamental”.
Une mobilisation associative large
L’appel est porté notamment par Familles Rurales, foodwatch, Secours Catholique Caritas France et France Assos Santé. Au total, 37 structures issues de secteurs variés (santé, environnement, lutte contre la pauvreté) composent cette coalition.
Une pétition soutenant cette demande aurait déjà recueilli près de 40 000 personnes.
Des réponses jugées insuffisantes
Malgré des échanges avec plusieurs ministères ces derniers mois, les associations affirment qu’”aucune réponse concrète n’a été apportée à ce jour”. Elles appellent donc le gouvernement ”à prendre ses responsabilités sans délai”.
La grande distribution est également interpellée. Dans une tribune publiée en juin 2025, le secteur avait appelé l’État à fixer ”un cap et un cadre clairs”. Toutefois, selon les associations, les initiatives restent limitées. Elles notent que seul Dominique Schelcher s’est engagé à retravailler une liste de produits à prix coûtant, tandis que d’autres enseignes n’ont pas donné suite.
Un appel à légiférer
Les organisations insistent sur la nécessité d’une obligation légale applicable à l’ensemble de la grande distribution. ”C’est la responsabilité des autorités publiques […] de rendre ces aliments […] accessibles à toutes et tous”, écrivent-elles.
Elles s’appuient également sur un avis récent de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, qui recommande de ”réguler les acteurs privés pour lutter contre les marges abusives et la spéculation sur les prix des produits alimentaires sains et durables”. Pour les associations, ”rendre obligatoire la vente à prix coûtant de 100 aliments sains est une urgence”.


