À Besançon, les Insoumis présentent le “plan école” qu’ils auraient appliqué aux manettes de la ville

Publié le 04/09/2026 - 16:30
Mis à jour le 07/09/2026 - 12:00

À l’occasion de la rentrée, les trois élus insoumis au conseil municipal de Besançon, Séverine Véziès, Hélène Magnin-Feysot et Martin Mellion, ont présenté leur ”plan école”, au lendemain de la présentation du plan du maire Ludovic Fagaut. Un programme en trois volets – social, écologique et démocratique – qui entend donner à voir ce qu’ils auraient mis en place s’ils avaient remporté les dernières municipales.

Martin Mellion, Séverine Véziès et Hélène Magnin-Feysot © Alexane Alfaro
Martin Mellion, Séverine Véziès et Hélène Magnin-Feysot © Alexane Alfaro

L’école comme priorité municipale. C’est le message porté par les élus insoumis de Besançon à l’occasion de la rentrée scolaire. Réunis pour présenter leur ”plan école”, Séverine Véziès, Hélène Magnin-Feysot et Martin Mellion détaillent une série de mesures qu’ils auraient, selon eux, engagées s’ils étaient à la tête de la Ville. Le document a été élaboré durant l’été avec des militants et des personnes disposant d’expériences dans le secteur éducatif. Séverine Véziès rappelle : ”On est avant tout une force de proposition, parce qu’on a un programme.”

Des mesures sociales dès la rentrée

Premier axe : le social. Les élus proposent d’abord la gratuité des fournitures scolaires, mesure qu’ils auraient souhaité mettre en place dès cette rentrée. Ils veulent également réduire progressivement le coût de la restauration scolaire pour les familles les plus modestes, avec pour objectif d’aboutir à la gratuité de la cantine pour tous au cours du mandat. Le coût de cette mesure, incluant également le petit-déjeuner, est estimé par les élus à 2,7 millions d’euros.

Séverine Véziès souligne : ”Je pense que pour certaines familles, chaque euro compte, y compris pour celles qui paient 1 euro le repas actuellement et au bout du trimestre, ce sont des sommes.”

Le plan prévoit également de développer le petit-déjeuner et le goûter dans les écoles à partir de 2027, de soutenir les voyages scolaires et les associations d’aide aux devoirs. Les Insoumis souhaitent enfin garantir une place en périscolaire à chaque enfant dans son quartier.

”La compétence principale de la commune, c’est l’école”

Les élus insoumis profitent de cette présentation pour critiquer la politique menée depuis le début du mandat de Ludovic Fagaut. Séverine Véziès reproche notamment à la majorité de ne pas avoir suffisamment anticipé les conséquences des fortes chaleurs dans les établissements scolaires. Elle rappelle avoir interrogé le maire en juin sur les mesures prévues pour la rentrée. La réponse, selon elle : ”Tout est prévu.”

Les Insoumis pointent désormais l’annonce d’un plan d’urgence de 300 000 euros, qu’ils jugent tardif. Séverine Véziès estime : ”Ça montre qu’en effet, on est dans une impréparation totale puisque rien n’était prévu en juin.” Elle met cette somme en regard d’autres dépenses municipales : ”Nous, on ne met pas 250 000 balles dans des fleurs qui crament pendant tout l'été.”

Pour les élus, l’école doit être placée au premier rang des priorités. Séverine Véziès insiste : ”La compétence principale de la commune, c’est l’école.”

Des cours plus vertes et moins chaudes

Deuxième volet du plan : l’écologie. Les élus proposent d’augmenter de 10 % le plan d’investissement prévu pour les écoles, soit 12 millions d’euros supplémentaires sur le mandat, selon leur chiffrage. Ils souhaitent accélérer la rénovation des bâtiments, améliorer leur accessibilité aux enfants en situation de handicap et sécuriser leurs abords.

Autre priorité : les cours d’école. Les Insoumis défendent la création de ”cours oasis”, davantage végétalisées et permettant notamment une meilleure gestion des eaux de pluie.

Les élus veulent également revoir l’aménagement des cours pour en faire des espaces ”non genrés”, estimant que certains équipements, notamment les terrains de football, sont aujourd’hui "très majoritairement occupés par les garçons". Hélène Magnin-Feysot précise que "l'idée n'est pas d'interdire le football aux garçons dans les cours d'école mais de mieux aménager l'espace pour que les filles principalement puissent aussi être au centre de la cour. Les situations actuelles ancrent des habitudes dès l'enfance et impactent ensuite les place des hommes et femmes dans l'espace public."

Sur les fortes températures, ils contestent l’idée que la rénovation des bâtiments serait inutile. Hélène Magnin-Feysot cite notamment l’école Viotte, où elle indique avoir relevé une température intérieure de 32 °C lors d’une journée à 40 °C à l’extérieur, contre 37 °C l’année précédente avant rénovation. Séverine Véziès estime : ”La rénovation, c’est un outil. Mais dire aujourd’hui que les rénovations ne servent à rien, c’est une hérésie.”

Un maire qui doit aussi "défendre les classes"

Le troisième volet porte sur les relations avec l’État. Pour Séverine Véziès, la Ville doit intervenir auprès de l’Éducation nationale pour défendre les classes et les postes. Elle reprend une formule employée par Ludovic Fagaut : ”Je suis le VRP de ma ville”, avant de poursuivre : ”Ce serait bien qu’il soit le VRP aussi pour défendre les classes, et les postes qui sont supprimés.”

Les élus insoumis s’opposent notamment à ce que la baisse démographique se traduise mécaniquement par des fermetures de classes. Ils proposent au contraire de profiter de la diminution du nombre d’élèves pour réduire les effectifs dans les classes, avec un objectif de 19 élèves par classe. Ils citent notamment les fermetures intervenues dans plusieurs écoles bisontines et avancent le chiffre de six établissements concernés à Planoise.

Faire entrer davantage de démocratie à l’école

Dernier axe : la démocratie.

Martin Mellion propose la création d’un conseil éducatif local dans chaque école, réunissant personnels éducatifs, services municipaux, élus et habitants du quartier. Les Insoumis souhaitent également la création d’une assemblée d’enfants dans chaque établissement, avec un budget participatif permettant aux élèves de prendre eux-mêmes certaines décisions. Martin Mellion explique : ”Je trouve que c’est intéressant d’apprendre le plus vite possible la démocratie aux enfants et à quel point ils peuvent participer aux décisions qui les entourent.”

Les écoles pourraient aussi être davantage ouvertes sur leur quartier, avec des partenariats avec des maraîchers locaux ou la mise à disposition de certains locaux pour des associations en dehors du temps scolaire.

Les élus reconnaissent que l’ensemble ne pourrait pas être appliqué immédiatement. Leur projet s’inscrit sur plusieurs années. Séverine Véziès résume : ”C’est un programme ambitieux sur plusieurs années, 5, 6, 7 ans.”

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