Depuis le 1er septembre 2026, les restaurants universitaires du Crous Bourgogne-Franche-Comté enregistrent une hausse de 16,22 % le midi et de 27,28 % le soir par rapport à l’an dernier à la même époque. À Besançon, certains sites connaissent une progression encore plus spectaculaire : au restaurant universitaire de la Petite Bouloie, la fréquentation a augmenté de plus de 50 % le midi. "On double les effectifs", constate Murielle Baldi, directrice générale du Crous Bourgogne-Franche-Comté. Une situation que les équipes anticipaient depuis la généralisation du repas à 1 euro, désormais accessible à l’ensemble des étudiants.
Le dispositif avait été testé en mai et juin, avec déjà 30 % de repas supplémentaires le midi et 50 % le soir. Mais la rentrée constitue un changement d’échelle, avec le retour de l’ensemble des étudiants et la reprise progressive des formations.
Pour éviter une concentration trop importante des étudiants sur les mêmes créneaux, le Crous a travaillé avec les universités en leur recommandant notamment d’étaler les pauses déjeuner et, lorsque cela est possible afin de décaler les horaires de passage au restaurant. "Si tout le monde arrive au même moment, nous sommes en incapacité d’absorber la charge", souligne Murielle Baldi.

Pour accompagner cette hausse, le Crous a obtenu une enveloppe de 75.000 € pour renouveler du matériel et six postes supplémentaires de l’État. Le Crous BFC en a rapidement affecté quatre à la restauration du soir. Murielle Baldi assure que les équipes parviennent à suivre. "À date, pour l’instant, ça va", indique-t-elle, tout en prévenant que des ajustements d’organisation pourraient être nécessaires dans les prochains mois.
Malgré l’affluence, le Crous assure maintenir la même prestation. "Ce repas à 1 €, c’est un repas complet. Ce n’est pas parce que les étudiants payent moins cher qu’ils ont moins", souligne la directrice générale. Les étudiants ont ainsi le droit pour un euro à un plat et deux accompagnements (entrée, dessert). Le coût réel d’un repas est estimé à 9,56 euros. L’étudiant ne prenant en charge qu’un euro (contre 3,30 € avant), le financement repose également sur l’État et le Crous.
Des étudiants pour créer du lien dans les résidences
Autre nouveauté de cette rentrée : le recrutement de 15 référents étudiants dans la région : six pour Dijon, cinq à Besançon et quatre pour le Nord-Franche-Comté. Actuellement, près de la moitié des postes sont pourvus. Pour être recrutés, les référents doivent eux-mêmes logés dans une résidence du Crous et suivre au minimum une troisième année d’études. Leur rôle sera d’aller à la rencontre des autres résidents, notamment en frappant directement à leur porte, pour se présenter, transmettre des informations et repérer d’éventuelles difficultés.
"Leur mission, c’est de faire du lien entre les services du Crous et les étudiants qui sont logés", résume Murielle Baldi. Le dispositif doit notamment contribuer à lutter contre l’isolement et le non-recours aux droits. Les référents pourront rappeler aux étudiants l’existence de certains services ou les échéances importantes, comme les dates de renouvellement d’un dossier de logement.

Une expérimentation menée à Dijon en début d’année s’est révélée positive. "Un étudiant parle plus facilement à un autre étudiant plutôt qu’à un personnel du Crous", estime la directrice.
Estelle Nilson, directrice de cabinet et des relations extérieures, y voit notamment un moyen de lutter contre le non-recours aux droits et l’isolement. "Le fait de discuter avec les étudiants qui sont dans leur situation facilite grandement les choses", fait-elle remarquer.
Répondre aux attentes des étudiants
Les 15 postes sont financés par la Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) et le Crous bénéficie également du soutien de la Région Bourgogne-Franche-Comté. Les étudiants référents disposeront d’un contrat d’environ 10h/semaine.
Les référents ne se substitueront toutefois pas aux travailleurs sociaux ou aux professionnels de santé, prévient le Crous, leur rôle sera avant tout d’identifier les situations et d’orienter les étudiants vers les services compétents.
Pour Murielle Baldi, cette nouvelle action mise en place répond directement à des attentes exprimées par les étudiants lors d’une consultation menée en 2022. Une nouvelle enquête doit d’ailleurs être lancée fin octobre 2026, avant des réunions territoriales prévues en mars 2027, afin de vérifier si les besoins des étudiants ont évolué.
L’objectif affiché reste le même : faciliter l’accès à l’information et renforcer la proximité avec les étudiants, dans un contexte où, comme le résume Murielle Baldi, "ils ont besoin de l’humain".
Le CROUS BFC en chiffres
2025-2026
Accompagnement
- 20 187 étudiants boursiers
- 28 152 demandes de bourse et/ou logement traitées pour la rentrée 2026-2027
- 2150 étudiants accompagnés par le service social du Crous.
- 6978 entretiens réalisés
- 411 étudiants recrutés en contrat étudiants par le Crous BFC.
Logement
- 6190 logements en résidences Crous soit 6530 lits
Restauration
- 2 millions de repas servis chaque année
- 35 structures de restauration
Vie étudiante
- 913 animations en résidence et hors les murs (+ de 48 500 participations étudiantes)
- 222 événements culturels
- 3 lieux culturels


