Le rassemblement s'est déroulé sur les terres de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard. Les participants ont souhaité rappeler que les difficultés du monde agricole ne devaient pas conduire à un recul des protections environnementales : ”L'urgence agricole réelle ne peut servir de prétexte à affaiblir la protection de l'eau, des sols, des zones humides, de la biodiversité et de la santé publique.”
Une loi jugée insuffisante face à la crise agricole
Dans leur communiqué commun, les organisations signataires estiment que le projet de loi constitue une ”fausse solution” à la crise agricole. Elles considèrent que le texte ne répond pas aux causes structurelles des difficultés rencontrées par les exploitants, notamment les revenus agricoles, la répartition de la valeur ou la dépendance aux intrants chimiques.
Le collectif dénonce en revanche plusieurs mesures qu'il juge favorables à un modèle agro-industriel, notamment le déblocage facilité de projets de stockage de l'eau, une protection jugée insuffisante des captages d'eau potable, l'affaiblissement des zones humides ainsi que l'extension des possibilités de tirs sur les loups, y compris dans les parcs nationaux.
Inquiétudes autour de l'acétamipride
Les organisateurs ont également mis en garde contre la possibilité d'une réintroduction dérogatoire de l'acétamipride lors de l'examen du texte au Sénat. Selon eux, cet insecticide néonicotinoïde, interdit en France depuis 2018 en raison de ses effets sur les pollinisateurs et la santé, ne devrait pas faire son retour.
Les signataires estiment qu'il serait inacceptable que le projet de loi ouvre à nouveau la voie à l'utilisation de substances qu'ils considèrent comme dangereuses pour la biodiversité, les agriculteurs et la santé publique.
Une vingtaine d'organisations mobilisées
Le collectif réaffirme défendre un modèle d'agriculture paysanne, rémunératrice, moins dépendante des intrants et davantage adaptée aux enjeux climatiques. Il annonce vouloir poursuivre sa mobilisation auprès des parlementaires et du grand public afin de défendre ce qu'il présente comme une véritable politique d'urgence agricole, écologique et sociale.
Le communiqué est cosigné par près d'une vingtaine d'organisations, parmi lesquelles la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Bourgogne-Franche-Comté, France Nature Environnement Bourgogne-Franche-Comté, le Conservatoire d'espaces naturels de Franche-Comté, la Confédération paysanne du Doubs-Territoire de Belfort, la CPEPESC Franche-Comté, Terre de Liens Bourgogne-Franche-Comté, le Syndicat apicole du Doubs, l'ASPAS du Doubs, le Pôle Grands Prédateurs, le collectif Pour la Préservation des Paysages du Massif Jurassien, Générations Futures Grand Besançon, le collectif de sauvegarde du marais de la Tanche, l'Association de protection du Val du Drugeon, Pays de Salins Environnement, le Collectif du champ à l'assiette – Pays de Montbéliard, Fleur de Terre, SOS Loue et Rivières Comtoises et Saône Doubs Vivant Sundgau Vivant.


