Affaire Maxime Roussel : l’assassin présumé change sa version des faits

Publié le 19/06/2014 - 15:40
Mis à jour le 19/06/2014 - 18:30

L’assassin présumé de Maxime Roussel, retrouvé tué et carbonisé à 14 ans dans un bois d’Étouvans dans le Doubs en janvier 2012, est sorti de son mutisme ce jeudi 19 juin devant la cour d’assises des mineurs pour livrer une nouvelle version, tout en continuant de nier le crime.

Depuis le début de son procès à huis clos devant la cour d'assises des mineurs de Besançon, lundi, le jeune homme, qui était âgé de 17 ans à l'époque des faits, était resté muet.
 
Lors de l'instruction, il avait affirmé avoir vu deux hommes tuer et brûler son ami, le 10 janvier 2012. Une thèse écartée par les enquêteurs. Jeudi devant la cour, il est revenu sur ses déclarations, expliquant qu'il n'avait pas assisté au crime, mais qu'il s'était rendu avec la voiture de sa mère dans le bois d'Étouvans pour rencontrer Maxime, ont rapporté les avocats des deux parties lors d'une suspension d'audience.
 
Selon cette nouvelle version, il aurait ensuite quitté l'adolescent, toujours en voiture, avant de revenir 10 minutes plus tard pour lui rendre ses clés. C'est alors qu'il aurait découvert le corps sans vie en train de brûler. Il aurait chargé la moto de la victime dans sa voiture et serait reparti, sans prévenir personne. La moto avait été retrouvée dans les locaux de la société de pompes funèbres de son beau-père.
 
"Il est impossible que Maxime ait été tué et brûlé en 10 minutes, sachant que la crémation a pris à elle seule 30 minutes d'après les experts", estime l'avocat de la famille Roussel, Me Philippe Simoneau, soulignant les "incohérences" de l'accusé. L'assassin présumé a livré ce qui s'est passé avant et après le crime, "mais il manque la phase principale", regrette l'avocat. "Il était présent, il dit qu'il est venu" et "les deux personnages imaginaires qu'il s'était créés et qu'il accusait du crime n'existent pas", s'est-il néanmoins satisfait.
 
La cour a ordonné une reconstitution jeudi à Besançon pour vérifier si le jeune homme avait pu charger lui-même la moto dans son véhicule.
 
"On a progressé vers une explication qui correspond enfin aux éléments matériels de ce dossier compliqué. Les choses avancent petit à petit", note Me Jean-Baptiste Euvrard, l'un des avocats de l'accusé. "Si on peut démontrer qu'il a pu porter la moto dans sa voiture, ça corroborera cette nouvelle version et ça donnera du crédit à ce qu'il pourrait dire par la suite", ajoute-t-il.
 
Le verdict est attendu vendredi. Poursuivi pour assassinat, l'accusé, désormais âgé de 19 ans, encourt 20 ans de prison si l'excuse de minorité est retenue, voire la réclusion criminelle à perpétuité si elle est finalement levée, en raison de la préméditation de l'acte ou du fait que la victime avait moins de 15 ans.
 
(source : AFP)

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