Chevènement conseille la "discrétion" aux musulmans

Publié le 15/08/2016 - 14:48
Mis à jour le 16/08/2016 - 09:59

Pressenti pour prendre la tête de la Fondation pour l’islam de France, Jean-Pierre Chevènement estime que les musulmans « doivent pouvoir pratiquer leur culte en toute liberté » mais conseille la « discrétion » dans l’espace public « dans cette période difficile ».

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"Les musulmans, comme tous les citoyens français, doivent pouvoir pratiquer leur culte en toute liberté. Mais il faut aussi qu'ils comprennent que, dans l'espace public où se définit l'intérêt général, tous les citoyens doivent faire l'effort de recourir à la +raison naturelle+", explique l'ancien ministre de l'Intérieur dans une interview parue dans Le Parisien ce lundi 15 août 2016. "Le conseil que je donne dans cette période difficile - comme le recteur de la mosquée de Bordeaux - est celui de discrétion", poursuit-il, alors que les polémiques se succèdent autour du port du voile et désormais du burkini.

Début août, François Hollande avait évoqué son nom de façon informelle pour prendre la tête de la nouvelle Fondation pour l'islam de France, que l'exécutif veut remettre sur les rails. Relancer la fondation est "une bonne réponse à la poussée du terrorisme", estime M. Chevènement, répétant son intention de ne pas se "dérober" à cette mission. Début août, il avait annoncé qu'il se prononcerait officiellement à la rentrée.

Le président Hollande avait souligné la nécessité pour cette fondation, créée en 2005 mais paralysée par des dissensions internes, d'exercer un contrôle notamment sur le financement de la construction des lieux de culte musulmans. M. Chevènement a indiqué poser comme "condition" à son acceptation "que les financements étrangers soient prohibés afin que tout se passe dans la plus grande transparence et que l'islam de France dépende d'un argent collecté en France."

  • "Il me semble que l'islam de France, y compris dans sa version théologique où je n'ai pas à intervenir, doit pouvoir se développer avec des fonds français ou, en tout cas, qu'un mécanisme de transparence soit institué en l'absence de tout +fléchage+ de la part des donateurs", explique-t-il, alors que certains ont critiqué la possible nomination d'un non-musulman à la tête de la fondation.

C'est l'association cultuelle qui "sera adossée" à la fondation qui seule aura la responsabilité de "sélectionner les projets", insiste-t-il. Concernant une éventuelle modification de la loi de 1905 qui interdit les subventions, M. Chevènement souligne que "le Premier ministre n'a fait que l'évoquer et le président de la République a rejeté toute modification."

"D'autre part, mon acceptation de principe ne signifie en aucune manière que je renonce à ma liberté d'expression en tant qu'homme politique au long cours", précise l'ancien maire de belfort et ex candidat à la Présidentielle. 

(AFP)

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