La mobilisation avait été annoncée par plusieurs groupes d’opposition du conseil municipal. Durant le rassemblement, plusieurs prises de parole se sont succédées, réunissant représentant(e)s de partis politiques d’opposition et travailleur et travailleuse sociaux ,tous venus dénoncer la mesure municipale.
Un recours annoncé contre l’arrêté municipal
Séverine Véziès, conseillère municipale La France insoumise, a annoncé qu’un recours juridique serait engagé afin d’obtenir l’annulation de l’arrêté municipal. Une pétition doit également être lancée dans les prochains jours.
Selon l’élue, cette décision est "purement politique" et vise à "faire de la communication et brosser à nouveau dans le sens du poil un électorat de droite et d’extrême-droite".
"Criminaliser la pauvreté" : les critiques de l’opposition
Parmi les autres intervenants, Hasni Alem, conseiller municipal du Parti communiste, a vivement critiqué la position de la majorité municipale. L’élu a comparé Ludovic Fagaut à Grigori Potemkine, commandant russe connu pour être à l’origine du concept de "village Potemkine". Selon ce récit historique, lorsque l’impératrice Catherine II devait visiter un territoire, de faux villages prospères auraient été installés afin de masquer la misère sociale par le diplomate.
Pour Hasni Alem, le maire de Besançon "criminalise la pauvreté" et l’objectif de la majorité actuelle est de "créer des quartiers carte postale".

Une éducatrice témoigne de la réalité de la rue
Très émue pendant son intervention, Aline Guillin, éducatrice spécialisée depuis plus de 30 ans, a choisi de replacer la question de la mendicité sur le terrain humain et social.
S’appuyant sur son expérience entre 2007 et 2017, période durant laquelle elle a travaillé dans la rue auprès de personnes sans domicile fixe, elle a livré un témoignage personnel sur les parcours de grande précarité.
À propos des personnes contraintes de mendier, elle a déclaré : "On ne choisit pas la rue, on y tombe, on ne choisit pas l’alcool, on s’anesthésie, on se suicide à petit feu, la rue Champrond est leur seul foyer, la manche, leur seul moyen de survivre, et leur chien, leur seul ami."

Les professionnels du secteur appelés à se mobiliser
Pierre Schwalm, représentant du Comité de lutte social et médico-social, structure créée en septembre 2025, a lui aussi pris la parole. Il a appelé les professionnels du secteur, mais aussi les citoyens, à poursuivre la mobilisation contre l’arrêté anti-mendicité.
"Pour nous, la résistance commence maintenant, elle commence avec les professionnels, avec les citoyennes et citoyens et toutes les personnes concernées. Cet arrêté, il faut absolument qu’on arrive à le faire gicler !", a-t-il lancé devant les centaines de participants.



