Dans un communiqué publié le jour même, le syndicat agricole explique avoir choisi de ne pas prendre part à la rencontre. Il affirme refuser de ”cautionner une opération de communication sur la “souveraineté alimentaire”” organisée peu après l’adoption de la loi d’urgence agricole.
La Confédération paysanne estime que ce texte ”favorise l’industrialisation de l’agriculture, l’agrandissement des fermes, l’accaparement des ressources en eau et l’affaiblissement de la démocratie locale”.
Selon l’organisation, les préoccupations prioritaires du monde agricole demeurent l’amélioration des revenus, l’accès au foncier et les conditions d’exercice du métier. Elle considère que ”le gouvernement poursuit sa fuite en avant productiviste”.
Une critique du modèle agricole mis en avant
Le syndicat s’interroge également sur le choix du lieu retenu pour cette rencontre. Il estime que ”derrière les discours sur la compétitivité se cache un modèle d’intégration où les paysan·nes supportent les investissements, les dettes et les risques sans réellement maîtriser leur production ni leur revenu”.
À l’inverse, la Confédération paysanne défend une autre conception de la souveraineté alimentaire, qu’elle décrit comme reposant sur ”des fermes nombreuses, autonomes, ancrées dans leurs territoires et capables de nourrir la population tout en préservant les ressources naturelles”.
Des conditions d’organisation contestées
L’organisation agricole critique également les modalités de préparation de la table ronde. Elle regrette que les organisations agricoles aient été informées de l’événement moins de 24 heures avant sa tenue.
Selon le communiqué, cette organisation tardive ”ne permet ni un débat sérieux ni une représentation équilibrée des différentes sensibilités du monde agricole”.
Tout en se déclarant ”favorable au dialogue”, la Confédération paysanne affirme que celui-ci doit permettre à ”la parole paysanne [d’être] réellement entendue”. Elle ajoute avoir ”davantage le sentiment d’assister à une mise en scène qu’à un véritable débat démocratique”.
Une invitation à rencontrer les agriculteurs sur le terrain
Plutôt qu’une réunion institutionnelle, le syndicat invite la ministre, les élus et les journalistes à se rendre directement dans les exploitations agricoles afin de découvrir ”ce qu’est réellement une agriculture paysanne, créatrice d’emplois, respectueuse de l’environnement et véritablement porteuse de souveraineté alimentaire”.
À ce titre, la Confédération paysanne cite notamment la fête paysanne ”Dimanche à la ferme”, prévue le 2 août prochain à Fuans, à la Chèvrerie du Mont de Fuans.
En conclusion de son communiqué, l’organisation résume sa position par une formule : ”La souveraineté alimentaire ne se met pas en scène. Elle se cultive chaque jour dans les fermes.”


