Finances, activité en hausse et fusion, le CHU de Besançon passe en revue l'année écoulée

Publié le 28/08/2025 - 12:00
Mis à jour le 01/09/2025 - 09:09

Le directeur général du CHU de Besançon Thierry Gamond-Rius et le professeur Samuel Limat, président de la commission médicale d’établissement, ont tiré le bilan de l’année écoulée et évoqué les projets en cours lors d’une conférence de presse mercredi 27 août 2025 à Besançon.

Pour Thierry Gamond-Rius, la stratégie engagée en 2024 concernant le recrutement et l’activité a visiblement porté ses fruits puisqu’en 2025, "200 agents de plus que l’année précédente" ont été recrutés. Une plateforme dématérialisée a d’ailleurs été mise en place pour "recruter efficacement", a précisé le directeur. Ainsi, pour les 450 postes proposés, l’établissement a reçu près de 3.600 candidatures, ce qui pour monsieur Gamond-Rius est signe que le CHU de Besançon "retrouve une forme d’attractivité". D’autant que "depuis trois ans, on observe moins de départs et le turnover sur les postes se ralentit". Cela même alors que, "les jeunes n’ont plus cet attachement viscéral à leur métier que l’on avait il y a encore quelques années", ils sont désormais "beaucoup plus mobiles et il faut faire avec ça" a analysé le directeur. Avec un taux de 8,8%, l’absentéisme est lui aussi revenu aux chiffres d’avant covid, qui correspond "à un taux habituel des établissements de santé".

Le directeur a d’ailleurs mentionné des techniques employées afin de fidéliser le personnel, l’une d’elles est la "perspective de recrutement via des mises en stage". Il y a également "un gros travail réalisé auprès des écoles d’enseignement pour vanter l’engagement auprès des jeunes" et éveiller une réelle vocation. "On critique beaucoup les générations actuelles car elles ont du mal à s’engager, mais elles sont souvent en recherche d’éthique et les métiers de la santé peuvent répondre à ce besoin de sens au métier dans lequel on s’engage", a analysé Thierry Gamond-Rius.

Une amélioration sensible des finances

Concernant le budget, le directeur général a rappelé que "comme tous les établissements hospitaliers" le CHU de Besançon allait lui aussi être concerné par les efforts demandés par l’État aux institutions publiques. Malgré cela, "notre situation est plutôt en amélioration" a-t-il déclaré. L’établissement affiche en effet un déficit consolidé ramené à 7,1 M€ contre 23 M€ en 2023. Ce qui laisse entrevoir un "retour à l’équilibre d’ici peu" même si ce résultat est dû en partie à la vente de Saint-Jacques. Le résultat structurel réel s’établit ainsi à -15,6 M€.

Côté investissements, en 2025, 51,4 M€ ont été consacrés aux projets d’équipement et d’infrastructure. Ces dépenses sont financées à 54 % par l’emprunt, mais aussi par des subventions et par la tranche 2024 du contrat Ségur. Les prochains grands chantiers concerneront notamment les deux derniers étages de la tour Jean-Minjoz, la création d’un nouveau bâtiment dédié à la psychiatrie aux Hauts-de-Chazal, un autre dédié à la réanimation médicale, une augmentation de la capacité de chirurgie ambulatoire et la modernisation du centre 15. "On est dans le respect de notre programme d’investissement", a analysé le directeur général qui a insisté sur le besoin "essentiel pour le CHU de rester à la pointe de la technologie". 

Des investissements cruciaux en biomédical et numérique

Dans ce domaine, il y a notamment une part sur laquelle "le CHU n’a jamais rogné c’est sur l’équipement biomédical", a précisé le professeur Samuel Limat. Les investissements en la matière ont d’ailleurs été nombreux en 2024-2025 : assistance robotisée en neurochirurgie, IRM de dernière génération, nouvelle salle multimodale de radiologie interventionnelle, plateau de cardiologie intégralement renouvelé… Persuadé que le biomédical et le numérique représentent des investissements cruciaux "aux enjeux très puissants", l’établissement a ainsi poursuivi "ses efforts de modernisation sur la qualité du plateau technique" qui participe d’ailleurs "à l’attractivité des médecins", a résumé le président de la commission médicale.

Autre point évoqué par le professeur, l’ouverture du centre d’enseignement de soins dentaires en septembre 2024 est avant tout "une excellente nouvelle pour les Francs-Comtois", mais également une bonne chose pour l’implantation de jeunes professionnels dans le territoire qui bénéficient désormais d’un parcours d’études complet sur Besançon.

Une augmentation de l’activité

L’activité poursuit sa transformation, avec une croissance plus marquée de l’ambulatoire et des séances, que de l’hospitalisation conventionnelle. "On peut dire que le Covid est désormais derrière nous" a déclaré le professeur Limat qui ajoute "on a retrouvé une croissance d’activité soutenue d’avant crise sanitaire". Cette augmentation de la prise en charge ambulatoire est notamment due au fait que les restrictions covid ont "poussé les équipes à revoir les façons de prendre en charge les patients". 

Fusion et changement de nom

En 2024, l’établissement a ainsi été en mesure de rouvrir des lits dont une aile complète de gériatrie. Et dès le 1er janvier 2026, le CHU de Besançon fusionnera avec les centres Jacques-Weinman d’Avanne, Bellevaux et les Tilleroyes avec qui il partageait une direction commune depuis le 1er novembre 2024. Cette intégration aura pour conséquence un changement de nom du CHU au profit de "CHU Besançon - Franche-Comté". 

Ce projet médical commun aura pour conséquence une gestion commune des lits en gériatrie (700 lits et 800 agents) de quoi permettre "une prise en charge aiguë" et faire en sorte que "les patients ne restent dans un lit du CHU que le temps nécessaire avant de leur proposer ensuite un parcours plus adapté", a détaillé le professeur Limat. L’objectif étant de mutualiser les équipes médicales et de permettre une prise en charge des patients "au bon endroit" avec pour objectif "d’avoir une occupation des lits à l’intérieur du CHU qui corresponde bien à notre prise en charge". S’il ne s’agit pas à proprement parler d’une augmentation de volume des lits, le professeur a insisté sur le fait que cette fusion allait pouvoir "améliorer l’adressage des patients" et notamment "remettre les Tilleroyes dans son rôle premier qui est de préparer le retour à domicile". 

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