Franche-Comté: quelle santé pour demain ?

Publié le 02/03/2012 - 19:20
Mis à jour le 16/04/2019 - 14:37

L’Agence Régionale de Santé a présenté le contenu du Projet régional de santé (PRS) de Franche-Comté, adopté le 28 février dernier. Si l’architecture du projet est dense, cinq orientations principales sont à retenir.

Vieillissement rapide de la population franc-comtoise, multiplication des maladies chroniques, pénurie de médecins… la liste des défis à relever en matière de santé publique en Franche-Comté est longue.

Dans ce contexte, le PRS établit des priorités et les chantiers qui seront menés par l'Agence régionale de santé (ARS) jusqu’en 2016.

Sortir du tout curatif

« Il faut investir dans la prévention », explique Sylvie Mansion, directrice générale de l’ARS Franche-Comté. « Il ne suffit pas de faire une juxtaposition de petites actions qui donnent bonne conscience, mais de définir une stratégie et travailler main dans la main avec les 180 associations qui se mobilisent dans le champ de la prévention ».

L’objectif est de signer plusieurs contrats avec des associations, des collectivités territoriales et des professionnels libéraux afin de rationaliser et optimiser les actions de ces différents acteurs, et de leur donner des moyens pour prévenir des maladies comme le cancer ou l’obésité.

Développer la médecine de ville

Le PRS vise une amélioration des soins de proximité. Selon Sylvie Mansion, « cette orientation passe par le regroupement des professionnels de santé». Il existe 26 pôles ou maisons de santé en Franche-Comté et 40 autres projets de regroupement sont en passe d’aboutir.

« Les jeunes médecins adorent exercer leur métier de façon collégiale car cela permet d’engager une prise en charge coordonnée des patients et de développer des protocoles de recherche. Les horaires d’ouverture dans un centre sont plus larges et l’accueil est meilleur ».

Repenser le rôle de l’hôpital

« Nous voulons développer une gradation de l’offre hospitalière sur le territoire, avec d’un côté les hôpitaux de proximité qui prendraient en charge la gériatrie et les maladies chroniques, et des hôpitaux de référence organisés par spécialités. Le Centre régional hospitalo-universitaire aurait pour mission d’irriguer la région en professionnel de santé ».

Pour la directrice de l’ARS cette organisation doit permettre de lutter contre l’engorgement des services d’urgences, et d’attirer les jeunes vers les centres hospitaliers en périphérie.

Coordonner les parcours de soins

Le PRS projette de jeter des ponts entre les volets sanitaire et médico-social de la médecine pour assurer une continuité des parcours soins et limiter le recours à l’hospitalisation. C’est le cas pour la gériatrie ou le handicap psychique.

Soutenir l’e-santé

« Il ne faut pas rater le virage des nouvelles technologies » insiste Sylvie Mansion. Certains Franc-comtois vivent à 30 minutes d’un centre de soin et « quand on est isolé, pouvoir entrer en contact avec son médecin est un avantage considérable ».

A ceux qui s’inquiètent d’un risque de déshumanisation de la prise en charge du patient, la directrice de l’ARS rétorque que le développement de l’e-santé « est vraiment l’une des solutions d’avenir pour tester de nouveaux protocoles à distance, améliorer la qualité de la prise en charge et responsabiliser les gens vis-à-vis de leur santé pour les rendre acteurs et non plus simple consommateur de santé ».

« L’adoption du Projet Régional de Santé représente le point final de 18 mois de travail. Il a mobilisé beaucoup d’énergie pour associer les professionnels de santé, les usagers et les élus sur la définition des grandes orientations sanitaires des cinq prochaines années. Le PRS fait vivre la démocratie sanitaire, c’est important », conclut Sylvie Mansion, Directrice générale de l’ARS.

Pour information: Le Projet régional de santé est téléchargeable sur le site de l'ARS.

Santé

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