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GE Belfort: trois morts de salariés en trois semaines

Publié le 19/07/2019 - 13:23
Mis à jour le 19/07/2019 - 15:01

Des salariés de General Electric à Belfort ont lancé ce vendredi 19 juillet 2019 une procédure de signalement de "danger grave et imminent" pour les salariés de l'entreprise, engagée dans un vaste plan social, pointant le décès de trois d'entre eux en trois semaines, a-t-on appris de source syndicale.

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Un courrier adressé vendredi au directeur du site, Antoine Peyratout, par trois membres de la Commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) de l'entité de GE qui produit des turbines à gaz annonce "le dépôt d'une procédure de danger grave et imminent" et demande "la mise en oeuvre d'une enquête dans les plus brefs délais qui concernera l'ensemble des postes et salariés de l'entreprise".

Trois décès en trois semaines

Les élus de la CSSCT soulignent "le décès en 3 semaines de 3 salariés (2 crises cardiaques et 1 accident vasculaire cérébral)" et pointent des "situations de conflit/pressions sur des salariés", ainsi que "le caractère anxiogène des annonces relatives à l'emploi", alors que GE a lancé en mai un plan social qui doit aboutir à la suppression de près de 1.050 emplois en France.

La lettre rappelle qu'en novembre 2018, "les 3 CHSCT de l'entreprise (avaient) déclenché une expertise pour risques graves" après de nombreux signalements portant sur des risques psychosociaux dans l'entreprise et qu'aucune mesure de prévention n'avait été mise en place à la suite de ce rapport.

Ce rapport avait montré que 63% des salariés interrogés se trouvaient "en niveau fort à très fort" en termes de charge mentale, dénoncent-ils. "Dans les périodes où il va y avoir des départs de salariés, le management se fait plus dur", constate Francis Fontana, délégué Sud Industrie et
secrétaire de la CSSCT Centrale.

"On a un management de proximité qui n'a plus aucun pouvoir, qui a été complètement dépossédé des pouvoirs de décision -les décisions sont prises
essentiellement en Suisse et aux Etats-Unis. Le management français est juste là pour l'application du règlement intérieur, c'est un management administratif et de police !", pointe-t-il.

Un combat contre la firme

Engagée dans un combat pour sauver l'entité turbines à gaz de Belfort, qui doit payer le prix fort du plan social avec 792 postes supprimés, l'intersyndicale de GE Belfort a écrit jeudi soir au gouvernement pour le mettre en demeure de faire respecter par l'industriel américain les engagements pris lors du rachat du pôle énergie d'Alstom en 2014 et d'exiger la suspension de son plan social.

Lors de la vente du pôle énergie d'Alstom à GE en 2014, le géant américain avait promis de créer 1.000 emplois nets, promesse non tenue pour laquelle il doit payer des pénalités, et s'était aussi engagé à maintenir l'essentiel des activités turbines à gaz de 50 Hertz de Belfort.

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