La société Avenir Fermetures Saint-Vit a été placée en redressement judiciaire le 1er octobre 2025 avant une conversion en liquidation judiciaire le 4 février 2026, tandis que Avenir Fermetures Rioz a été directement mise en liquidation judiciaire le 25 février 2026. Selon un collectif d’aide aux victimes de cette affaire, de nombreux clients ont signé des devis avec ces entreprises et versé des acomptes, encaissés par les sociétés, sans que les prestations ne soient réalisées.
Les témoignages recueillis par le collectif d’aide aux victimes font état de pratiques similaires. Parmi celles-ci figurent la ”signature de devis et versement d’acomptes importants” suivie de ”reports répétés des travaux” et de ”mail de reprogrammation de planning trompeur pour berner les victimes”.
Le document évoque également ”l’absence d’intervention” après encaissement des fonds, ainsi que ”l’usage de logo Qualibat RGE sur les devis et factures avec n° de certificat expiré et non renouvelé”.
Dans certains cas, les entreprises se seraient limitées à une prise de mesures ”sans suite afin de récupérer et encaisser les seconds acomptes”, sans lancer de commande auprès des fournisseurs.
Un préjudice financier en forte hausse
Le collectif avance désormais des chiffres nettement revus à la hausse, illustrant l’ampleur croissante de la situation. Depuis le 16 mars 2026, 100 victimes ont été recensées.
Le passif déclaré pour Avenir Fermetures Saint-Vit s’élèverait à ”1.645.188 euros”. Le montant des préjudices déjà identifiés atteint désormais 706.000 euros, contre 144.000 euros initialement évoqués, avec une estimation globale pouvant encore augmenter. Le collectif précise que le ”nombre de victimes [est] en constante augmentation”.
Des recours limités pour les clients
Les victimes sont invitées à effectuer des démarches civiles, notamment la déclaration de créance auprès du mandataire judiciaire. Toutefois, pour Avenir Fermetures Saint-Vit, la date limite était fixée au 21 décembre 2025. Une possibilité subsiste néanmoins via une ”demande de relevé de forclusion jusqu’au 21/04/2026”, moyennant un coût de 130 euros. Le collectif souligne toutefois que ”les chances de récupération financière sont très faibles”.
Pour Avenir Fermetures Rioz, la déclaration de créance était ouverte jusqu’au 5 mai 2026.
Une enquête pénale désormais ouverte
Parallèlement aux démarches civiles, une évolution majeure est intervenue sur le plan judiciaire. Le parquet de Besançon a annoncé, le 27 avril 2026, l’ouverture d’une enquête pénale pour des faits susceptibles de relever notamment de l’abus de confiance et de l’escroquerie.
Cette enquête est conduite par la gendarmerie de Saint-Vit ainsi que par la brigade de recherches de Besançon.
Des obstacles dans le dépôt de plainte
Le collectif d’aide aux victimes pointe également des difficultés rencontrées par les victimes dans leurs démarches. Il indique que ”plusieurs victimes se voient refuser le dépôt de plainte auprès des services de gendarmerie et de police”.
Malgré la présentation de justificatifs, ”les plaintes ne sont pas systématiquement enregistrées”, une situation jugée ”anormale et préoccupante”.
Une mobilisation collective qui s’intensifie
Face à cette situation, un collectif s’est structuré afin d’accompagner les victimes. Il mène plusieurs actions, dont la centralisation des dossiers, un accompagnement administratif gratuit et la saisine du procureur de la République. Le 29 avril 2026, le collectif a ainsi transmis à l’ensemble des victimes recensées un modèle de lettre de plainte permettant de saisir directement le procureur de Besançon.
Par ailleurs, plusieurs actions sont prévues dans les prochains jours. Le 7 mai, des membres du collectif seront présents à une audience au tribunal de commerce de Besançon concernant les demandes de relevé de forclusion.
Une réunion du collectif est également en préparation. Elle réunira victimes, représentants de la presse, de la radio ainsi que du tribunal. La date et le lieu restent à définir. Cette rencontre aura pour objectif de faire un point sur les actions engagées, d’évoquer les démarches futures et de permettre des échanges entre les victimes.
Une demande de reconnaissance judiciaire
Dans sa position, le collectif estime que ”les faits présentent des éléments constitutifs d’infractions pénales” et que ”le nombre de victimes et les montants en jeu nécessitent une réponse judiciaire adaptée”. Il insiste sur le fait que ”même si les procédures de liquidation ne permettront probablement pas d’indemnisation, une reconnaissance pénale des faits est essentielle”.
L’association d’aide aux victimes souligne que ”cette affaire met en lumière une situation préoccupante pour de nombreux particuliers ayant fait confiance à ces entreprises”. Elle appelle à ”une prise en compte rapide et sérieuse de cette situation sur le plan judiciaire.”


