M. Féraud, qui fait partie des neuf personnes placées sous investigation pénale dans l'enquête ouverte après le drame, avait reconnu au lendemain de l'incendie l'absence de contrôles sécurité et incendie dans le bar depuis 2019, alors qu'ils doivent être effectués tous les ans par la commune.
L'édile ne s'est pas exprimé devant la presse lundi en marge de son audition de onze heures par le ministère public du canton suisse du Valais. Mais selon son avocat Christian Delaloye, ce sera "à l'instruction de déterminer la responsabilité" de l'absence de contrôles, puisque son client n'en était pas informé "avant le 2 janvier" dernier et qu'il avait donné les moyens à ses services de les assurer.
"A chaque fois que les chargés de sécurité ont demandé du personnel complémentaire, le conseil communal a octroyé les places de travail", a insisté Me Delaloye, affirmant que les pièces du dossier "le démontrent".
De leur côté, plusieurs avocats des parties civiles ont affiché leur frustration face au manque d'explications claires sur ces manquements. "Je ne pense pas qu'il nous a convaincus (...) On n'a pas eu nos réponses à la question essentielle, à savoir pourquoi, pendant six ans, il n'y a pas eu de contrôle", a notamment déploré l'un d'eux, Alain Viscolo. "On a eu droit à un descriptif du système de la sécurité publique sur Crans-Montana, mais avec beaucoup de responsables, une galaxie de personnes qui sont responsables, pour finir, de pas grand-chose", a-t-il ajouté.
"Dynamique de négligences"
"Je ne peux pas dire que je suis satisfait des réponses qui ont été données. En revanche, il y a véritablement cette réalité-là, c'est-à-dire qu'on touche d'un peu plus près la dynamique de négligences qui ont provoqué ce drame", a estimé de son côté Me Romain Jordan.
Outre les responsabilités des fautes de la commune, l'enquête doit lever le voile sur les mesures anti-incendie prises par les propriétaires français du bar Le Constellation, Jacques et Jessica Moretti, et les circonstances exactes du sinistre - déclenché selon l'enquête par les étincelles de bougies "fontaine" qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol du bar.
Le ministère public valaisan, pointé du doigt par plusieurs parties civiles pour la lenteur de l'enquête, a entamé la semaine dernière une nouvelle vague d'auditions à Sion, en faisant venir pour la première fois d'anciens et actuels responsables de la commune.
Un ex-conseiller communal auditionné mercredi
La semaine dernière, un ancien responsable de la station, l'adjoint de l'ex-chef du service de sécurité et un membre actuel de l'équipe de sécurité publique ont été entendus. Un ex-conseiller communal doit également être auditionné mercredi.
Le principal mis en cause dans l'enquête sur l'incendie, Jacques Moretti, devait lui être de nouveau entendu le 7 avril, mais l'audition a été reportée sine die après le dépôt de certificats médicaux par ses avocats.
Le drame a fait 41 morts et 115 blessés, principalement des adolescents et de jeunes adultes, dont de nombreux étrangers, en particulier des Italiens et des Français. Selon le dernier décompte de l'Office fédéral de la protection civile, 38 patients sont toujours hospitalisés ou en centre de réadaptation, dont la moitié à l'étranger.
(AFP)


