Incendie en Suisse : le propriétaire évoque une porte "verrouillée de l'intérieur" dans le bar

Publié le 11/01/2026 - 11:15
Mis à jour le 11/01/2026 - 10:43

Le propriétaire français du bar incendié la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse de Crans-Montana a indiqué aux enquêteurs avoir découvert juste après le drame qui a fait 40 morts qu'une "porte de service" était "verrouillée de l'intérieur" lors de son audition vendredi 9 janvier 2026.

Extrait d'une vidéo le soir de l'incendie au Constellation à Crans-Montana. © DR
Extrait d'une vidéo le soir de l'incendie au Constellation à Crans-Montana. © DR

Auditionné vendredi par le ministère public du Valais, Jacques Moretti a expliqué avoir à son arrivée au bar juste après l'incendie "forcé cette porte" parce qu'elle était "verrouillée de l'intérieur", selon des extraits de procès verbaux publiés par plusieurs médias français et suisses, dont l'authenticité a été confirmée à l'AFP de source proche du dossier.

M. Moretti, placé en détention provisoire après cette audition, a affirmé face aux enquêteurs qu'il s'agissait d'une "porte de service" et qu'elle "n'est pas indiquée comme sortie de secours". Il raconte avoir retrouvé plusieurs personnes étendues derrière cette porte après l'avoir ouverte.

À propos de la mousse anti-bruit au plafond

D'après les premiers éléments de l'enquête, le drame a été provoqué par des bougies étincelantes entrées en contact avec une mousse insonorisante posée au plafond du sous-sol de l'établissement. Des interrogations portent aussi sur la présence et l'accès aux extincteurs, et la conformité des voies de sortie de ce bar, Le Constellation. "Systématiquement, quand nous servons une bouteille en salle, nous ajoutons un +scintillant+ (ou bougie "fontaine", ndlr)", a expliqué de son côté son épouse et co-propriétaire Jessica, ressortie libre de l'audition de vendredi.

"Ça fait dix ans que nous faisons cela, il n'y avait jamais eu de soucis", a assuré Jacques Moretti. Selon lui il "n'est pas impossible" que ces bougies aient causé l'incendie, mais il estime qu'il "doit y avoir quelque chose d'autre". Ces bougies "n'etaient pas assez puissantes pour enflammer la mousse acoustique. J'avais fait des tests", a-t-il soutenu.

La nature de cette mousse antibruit posée au plafond du sous-sol est notamment scrutée par les enquêteurs. Jacques Moretti a expliqué l'avoir achetée dans un magasin de bricolage et installée lui-même lors de travaux effectués après l'achat de l'établissement en 2015.

À propos de la présence de personnes mineures

Au sujet de la présence de nombreux adolescents mineurs dans le bar au moment de la tragédie, Jacques Moretti a indiqué que l'établissement avait "interdiction d'accepter des personnes de moins de 16 ans" et que les clients de 16 à 18 ans devaient "être accompagnés d'un majeur". Il a assuré avoir donné ces "consignes" au personnel de sécurité, mais a reconnu qu'"il n'est pas impossible qu'il y ait eu dysfonctionnement".

Le couple est soupçonné d'"homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence". Au terme de l'instruction ouverte, le ministère public du Valais décidera de classer l'affaire ou d'émettre un acte d'accusation en vue d'un éventuel procès. En attendant, la présomption d'innocence prévaut.

(AFP)

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