Le complotiste Rémy Daillet soupçonné d'être lié à une affaire de soustraction d'enfants dans le Doubs

Publié le 11/06/2021 - 16:51
Mis à jour le 11/06/2021 - 17:02

La justice française s’interroge sur l’implication de Rémy Daillet, figure d’un mouvement complotiste soupçonné d’avoir contribué à l’enlèvement de la petite Mia en avril dans les Vosges, dans une autre affaire de soustraction d’enfants dans le Doubs, a indiqué vendredi le procureur de la République de Besançon.

 © Capture LCI
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Sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Rémy Daillet a été interpellé fin mai avec sa compagne enceinte et leurs trois enfants en Malaisie, où ils résidaient, parce que leurs visas sont expirés. Il a entamé une grève de la faim.

Le procureur de Besançon, Etienne Manteaux, a transmis "en début de semaine" à la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Nancy, chargée de l'affaire Mia, des éléments d'enquête concernant un couple qui s'était retranché à son domicile en novembre avec leurs quatre enfants, refusant de les confier aux assistantes sociales comme le demandait le juge des enfants.

Les parents auraient agi sous l'impulsion d'un certain "Rémy, vivant en Malaisie, ancien membre du Modem et fils de député", qui pourrait être le complotiste Rémy Daillet, a indiqué M. Manteaux.

Le couple et leurs quatre enfants, des jumeaux de 8 ans, un petit de 2 ans et un nouveau-né, vivaient en vase clos. "Personne ne pouvait entrer chez eux", ni l'Education nationale ni les services sociaux, selon le procureur.

Le juge avait pris une mesure de placement provisoire des enfants après un signalement de l'Education nationale concernant les deux aînés, qui étaient déscolarisés.

Le 30 novembre, le père s'était retranché avec sa famille dans leur logement. Un négociateur de la gendarmerie est intervenue et l'homme a finalement accepté de laisser ses enfants aux services sociaux, sans violence ni menace. Il a eu un rappel à la loi.

"Pendant la négociation, le père était en contact avec une autre personne appelée Rémy", relève M. Manteaux.

Entendus par le juge, "les parents ont expliqué qu'ils avaient été très mal conseillés par un charlatan qui leur disait de ne pas collaborer avec les autorités", précise-t-il. C'est à son contact qu'ils auraient décidé de déscolariser leurs enfants puis de se couper du monde.

Face au "changement radical de l'attitude des parents, le juge a levé partiellement la mesure de placement, permettant le retour des deux plus jeunes au domicile familial", indique le procureur.

Les aînés, "encore profondément insécurisés par des discours complotistes et coupés du monde", sont toujours placés, mais leur retour est envisagé à terme, a-t-il ajouté.

(AFP)

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