Trente ans après sa création, Lumières d’Afrique poursuit son aventure à Besançon. Né en avril 1996 à l’initiative de bénévoles et de responsables associatifs, le festival s’est progressivement imposé dans le paysage culturel bisontin et au-delà.
De Sissako à Touzani, des découvertes devenues références
En trois décennies, le festival a accueilli plusieurs figures importantes du cinéma africain et accompagné des œuvres qui ont ensuite connu une reconnaissance internationale. Gérard Marion, directeur du festival, se souvient notamment de Timbuktu, d’Abderrahmane Sissako, présenté en 2014 et décrit comme un ”coup de cœur du public”. Le film recevra sept César l’année suivante.
En 2022, c’est Le Bleu du caftan, de Maryam Touzani, qui était présenté à Besançon. Le film représentera ensuite le Maroc aux Oscars. La réalisatrice intégrera également le jury du Festival de Cannes en 2023.
Pour l’association, ces exemples illustrent le rôle joué par Lumières d’Afrique dans la découverte de cinéastes et d’œuvres du continent. ”Il y a tellement d’anecdotes à narrer sur ces 30 années écoulées”, résument le directeur.
Il souligne aussi le parcours de ses anciens membres du jury jeune. Certains ont depuis rejoint les secteurs du cinéma, de la photographie ou du doublage. Parmi eux figure Antoine Parietti, connu sous le nom de Charlie Beaubourg.
Un festival qui dépasse désormais le seul cinéma
Au fil des années, Lumières d’Afrique a élargi ses propositions. Aux projections se sont ajoutées des rencontres avec des écrivains, des expositions consacrées aux diasporas ainsi que des rendez-vous destinés à faire découvrir les cultures africaines. Le jeune public conservera une place importante dans cette édition 2026, avec ”de belles surprises à partager en famille”, promet Gérard Marion.
Autre rendez-vous désormais installé : ”saveurs d’Afrique”. Plus de huit associations participeront à cette manifestation qui permettra au public de goûter les cuisines de différents pays et de découvrir leurs traditions.
Le festival revendique aujourd’hui une place particulière dans le paysage français. Il se présente comme ”le plus ancien festival de cinémas d’Afrique de France sous cette forme”. Son rayonnement dépasserait désormais largement Besançon et la Franche-Comté.
Une particularité renforce encore son ancrage local : Lumières d’Afrique est organisé dans la ville natale des frères Lumière et se présente comme ”le seul festival de cinéma dans la ville natale des frères Lumière”, souligne le directeur.
L’association lance un appel au soutien
Si cette édition doit être celle de la célébration, elle se prépare également dans un contexte financier difficile. Gérard Marion fait état d’une ”baisse drastique des financements institutionnels” pour l’association Afrikabesak.
Pour assurer l’organisation de cette 26e édition dans de bonnes conditions, une cagnotte pour atteindre 10 000 euros a été mise en ligne sur le site du festival. L’association rappelle que les dons sont déductibles. Elle recherche également des mécènes et détaille les modalités de soutien sur son site.
Malgré ces difficultés, les organisateurs veulent maintenir le rendez-vous et poursuivre le travail engagé il y a trois décennies : faire découvrir les cinématographies africaines et créer, autour du cinéma, des passerelles avec les cultures et les diasporas.
Rendez-vous le 15 octobre pour la programmation
La programmation complète de cette édition anniversaire sera dévoilée le 15 octobre. Les pass seront également mis en vente à cette date. Toutes les séances auront lieu au Mégarama Beaux-Arts, au centre-ville de Besanço,.
Créé en 1996, Lumières d’Afrique aborde donc cette nouvelle édition avec une double ambition : célébrer 30 ans de cinéma africain à Besançon et assurer la pérennité d’un festival qui, après 26 éditions, continue de défendre une programmation consacrée aux cinématographies du continent.


