Matignon : Élisabeth Borne succède à Jean Castex

Publié le 16/05/2022 - 18:19
Mis à jour le 16/05/2022 - 18:58

À 61 ans, Elisabeth Borne succède à Jean Castex . Elle devient la 25e locataire de Matignon et la seconde femme au poste de Premier ministre de la Ve République.

Premier ministre depuis le 3 juillet 2020, Jean Castex a donné sa démission à Emmanuel Macron ce lundi 16 mai 2022 peu après 16h. Démission que le président de la République a accepté.

Jean Castex avait présenté lundi vers 16H00 sa démission à Emmanuel Macron, qui l'avait acceptée dans la foulée. Les deux hommes ont échangé pendant environ une heure avant un tweet du chef de l'Etat le remerciant pour avoir "agi avec passion et engagement au service de la France", en appelant à être "fier du travail accompli et des résultats obtenus ensemble".

La nouvelle Première ministre est désormais chargée de former un gouvernement. "C'est le choix de la compétence au service de la France, d'une femme de conviction, d'action et de réalisation", a déclaré la présidence dans un communiqué.

C'est le premier acte fort du second quinquennat

L'ancien et la nouvelle cheffe du gouvernement doivent procéder à une passation de pouvoir en début de soirée à Matignon.

Celle qui était jusqu'alors ministre du Travail, après avoir occupé les portefeuilles des Transports et de la Transition écologique depuis 2017, est la première femme nommée à Matignon depuis la démission d'Edith Cresson en 1992, la deuxième de la Vè République.

Dimanche, M. Castex avait expliqué que "c'est une nouvelle ère qui s'ouvre" pour lui, "sans remords, ni regrets", après près de deux ans à être "Premier ministre de l'intendance".

Grande favorite depuis la mi-journée pour lui succéder, la ministre du Travail Elisabeth Borne a été reçue à l'Elysée en fin d'après-midi.

Emmanuel Macron avait assuré il y a une semaine à Berlin qu'il savait déjà le nom de son prochain Premier ministre, doté selon lui d'un profil "social", "écologique" et "productif".

"Loyale"

Après un week-end dominé par les noms des anciennes ministre Catherine Vautrin (ex-LR), Valérie Létard (centriste) ou Marisol Touraine (ex-PS), c'est celui de la ministre du Travail, Elisabeth Borne, qui bruissait parmi plusieurs conseillers de l'exécutif lundi après-midi.

Cette technicienne tenace, jugée loyale, est perçue par la macronie comme ayant fait ses preuves au gouvernement pendant tout le dernier quinquennat, des Transports au Travail en passant par l'Ecologie.

Outre l'avantage d'être une femme, cette ancienne directrice de cabinet de Ségolène Royal a également le mérite d'appartenir à l'aile gauche de la macronie, un atout à l'heure où s'annoncent de nouvelles réformes sociales, à commencer par "la mère des batailles" sur les retraites.

Plaçant "la justice sociale et l'égalité des chances" au coeur de ses combats, l'hypothèse de sa nomination était toutefois vue avec circonspection par certains lieutenants d'Emmanuel Macron, jugeant le profil de cette ingénieure devenue préfète "pas assez politique", alors qu'elle doit affronter pour la première fois le suffrage universel lors des législatives de juin dans le Calvados.

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