Plusieurs migrants évacués de l’Hotel de ville de Paris seront accueillis temporairement à Besançon

Publié le 13/08/2025 - 16:09
Mis à jour le 14/08/2025 - 14:27

Mis à jour • Quelque 200 personnes migrantes qui dormaient depuis une semaine sur le parvis de l'Hôtel de ville de Paris faute de place dans des hébergements d'urgence ont été évacuées mardi 12 août 2025. Plusieurs d'entre eux devraient être dirigés vers la capitale comtoise. 

Les sans-abri, principalement des femmes avec de jeunes enfants, mais aussi quelques pères de famille, ont été réveillés à l'aube et priés de quitter les lieux avec leurs maigres effets personnels.

L’évacuation s'est déroulée dans le calme en présence d'un important dispositif policier tandis qu'une trentaine de personnes du service assistance des sans-abri de la mairie de Paris et des membres de l'association France terre d'asile s'activaient aux côtés des familles, également épaulées par l'association Utopia 56. Les personnes jugées les plus vulnérables ont été prises en charge et il a été fait aux autres une proposition de prise en charge, principalement des couples avec enfants.

Des cars mobilisés en direction de plusieurs régions

Plusieurs cars ont ainsi été mobilisés pour transporter les familles qui le souhaitaient en régions, à Marseille, Rennes, Toulouse, Orléans, Bourges, Besançon et Strasbourg, où elles doivent être accueillies dans un sas d'accueil temporaire. "Chaque ménage rencontré s'est vu proposer un hébergement dans un dispositif d'accueil en province dans six régions différentes, dont la Bourgogne-Franche-Comté" nous confirmé le secrétariat général pour les affaires régionales (SGAR) de Bourgogne-Franche-Comté.

Deux familles accueillies à Besançon

"Ces places en "SAS régionaux" assures aux personnes hébergées un accompagnement social et administratif mais aussi un hébergement stable jusqu'à ce qu'une orientation leur soit proposée vers une structure d'hébergement voire de logement adaptée" poursuit le SGAR. Dix personnes ont ainsi été accueillies mercredi après-midi au sas de Besançon géré par l’ADDSEA. Il s'agit de deux familles, "l'une de nationalité camerounaise, l'autre de nationalité afghane" nous a précisé le SGAR BFC.

Les personnes ont vocation à rester plusieurs jours voire quelques semaines au sas, jusqu'à ce qu'une solution d'hébergement voire de logement plus pérenne leur soit proposée dans la région Bourgogne-Franche-Comté.

Globalement, depuis le début de ce rassemblement il y a une semaine, "150 personnes" ont été "prises en charge et orientées vers une solution d'hébergement, dont la moitié vers des structures d'accueil hors Île-de-France", a précisé la préfecture d'Île-de-France dans un communiqué.

Des orientations faites "en dépit du bon sens"

Avant l'intervention, 323 personnes, dont 127 enfants, ont été recensés par les autorités, selon une source proche du dossier. Soixante-six personnes sont montées dans les cars vers les sas régionaux mardi, a précisé cette même source.

De nombreuses familles, vivant à Paris depuis plusieurs mois, étaient néanmoins déjà parties mardi matin avant d'être relogées, refusant d'être éloignées de la capitale. "Je comprends que des familles qui ont déjà des implantations de vie à Paris et en Île-de-France ne veuillent pas partir", réagit Gwenaëlle Austin, élue du 19e arrondissement, regrettant des orientations vers des sas d'accueil faites "en dépit du bon sens".

La préfecture a jugé "regrettable de constater qu'une partie des ménages a refusé cette solution de mise à l'abri, alors même que de fortes chaleurs s'installent sur Paris". "Une soixantaine" de ces personnes qui étaient toujours sur place, sans solution d'hébergement, ont été déplacées vers 11h00 par les forces policières pour prendre le métro, témoigne Utopia 56.

Trente-quatre personnes identifiées comme vulnérables par la ville de Paris, tenue de trouver une solution d'hébergement pour les femmes enceintes et les familles monoparentales avec enfant de moins de trois ans, ont, elles, été orientées en fin de matinée vers des gymnases mis à disposition par la mairie.

(Avec AFP) 

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