L’établissement accueille cette année universitaire 2.593 étudiants extracommunautaires, dont une large majorité est originaire du continent africain avec 2.116 étudiants (68,7%), suivis de 328 étudiants d’Asie (10,6%) et 149 étudiants d’Amérique (4,8%).
Dans la continuité du cadre instauré en 2019, ces étudiants restent soumis à des droits d’inscription majorés par rapport aux étudiants nationaux et européens. Toutefois, l’université souligne avoir activé les dispositifs d’exonération partielle prévus par l’État et avoir fait le choix, pour l’année universitaire 2025/2026, d’une politique d’alignement tarifaire pour une partie des étudiants internationaux hors Union européenne, avec des frais identiques à ceux des étudiants français et communautaires, soit 178 € en licence et 254 € en master.
Une "opposition résolue"
Le débat s’inscrit dans un contexte national de réforme des exonérations de droits d’inscription. Le 21 avril, le ministère de l’enseignement supérieur a annoncé une volonté de réduction significative du nombre d’étudiants exonérés. Le projet de décret initial envisageait un plafonnement des exonérations à 10 %, ce qui aurait conduit 90 % des étudiants extracommunautaires à acquitter des droits portés à 2.895 € en licence et 3.941 € en master.
À la suite des réactions exprimées par les organisations universitaires et étudiantes, le gouvernement envisagerait désormais un relèvement du plafond à 20 % à l’horizon 2028.
Cette orientation a également été contestée au niveau national. Le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche a rejeté le projet de décret à une très large majorité lors de sa séance du 12 mai 2026.
Dans sa motion, le Conseil d’administration de l’université défend une position fondée sur les principes d’égalité, de non-discrimination et d’autonomie des établissements, en alertant sur plusieurs effets potentiels : sélection des étudiants par les ressources financières, fragilisation des formations et de la recherche, baisse de l’attractivité internationale et impact sur le développement économique local. Il souligne également la contradiction avec l’engagement de stabilité des frais d’inscription. L’instance affirme ainsi son opposition : ”le Conseil d’administration de l’Université Marie et Louis Pasteur exprime son opposition résolue à ce décret.”
En conséquence, l’université demande à l’État de prendre en compte l’avis du CNESER et de renoncer à la réforme envisagée en ne promulguant pas le décret.
La motion a été adoptée à l’issue de la séance du 19 mai 2026, à une très large majorité, avec une seule abstention.


