Face au contexte de l’inflation, d’inquiétudes sur la question du budget national et le gel des négociations, une mobilisation nationale spécifique au secteur médico-social s’est organisée ce mardi 26 mai 2026, partout en France, y compris à Besançon.
Ce rendez-vous national, revendiquant des aides financières et humaines, concerne les salariés du secteur du social, de la petite enfance, de l’aide à la personne, l’aide à domicile et du sanitaire.
Une situation financière “étriquée“
Sur place, les syndicats et les personnes mobilisées critiquent la situation du secteur médico-social, décrite comme une “situation de danger, de vulnérabilité“, selon David Guerret, secrétaire de la CGT Social Médico-Social 25 et éducateur spécialisé. Il évoque également que les “moyens financiers sont étriqués, les travailleurs du secteur médico-social connaissent une perte du pouvoir d’achat et une dégradation des conditions de travail“.
Plusieurs personnes mobilisées partagent cette opinion, en apportant son argumentation, notamment sur le budget. La situation budgétaire nationale inquiète : “Les moyens financiers sont alloués, le secteur médico-social est financé par les collectivités territoriales et l’État. Une partie du budget est reversé à d’autres services, et le budget du secteur médico-social tend à la baisse“, explique un éducateur spécialisé en protection de l’enfance, présent à cette mobilisation.
Des négociations sur la convention unique, gelées
La question des conventions collectives inquiète également : “Cela fait cinq ans que les discussions sur la convention unique sont au point mort“, annonce un éducateur spécialisé, également présent sur place.
Il s’exprime également sur le risque d’une “refonte“ des conventions collectives, qui “légifère le droit du travail“, en l’illustrant par cet exemple : “sur la convention 66 (CCN66), les travailleurs ont droit à 18 jours de congés annuels supplémentaires, dû notamment à des conditions de travail plus compliquées, qui risquent d’être réduits“. L’éducateur mentionne également la prime Ségur (183 euros nets) et le risque qu’elle puisse être “supprimé à tout moment“.
L’attractivité du secteur “en crise“
Les syndicats se mobilisent aujourd’hui pour “la reconnaissance des salariés, de leur rémunération et de l’aide au recrutement de personnel“, énonce David Guerret. Il rétorque : “le secteur médico-social a besoin de moyens financiers et humains, car il n’y a pas grand-chose qui vient soutenir l’attractivité du secteur“.
Pour illustrer ce manque de personnel, et cette nécessité de recruter, un assistant social prend l’exemple de la capacité de recrutement de l’Institut Régional du Travail Social (IRTS) : “Il y a quelques années, l’IRTS proposait une place pour dix candidatures. Aujourd’hui, c’est l’inverse. L’institut propose dix places pour une seule candidature. Le secteur médico-social a besoin de personnel, mais il perd en attractivité. Le secteur est en crise“.
Les revendications de la mobilisation
- augmenter immédiatement les salaires et maintenir la prime Ségur ;
- assurer les financements publics, en tenant compte de la baisse du pouvoir d’achat ;
- établir un plan d’urgence national de recrutement ;
- obtenir des apports financiers supplémentaires pour améliorer les conditions de travail et rendre le secteur médico-social plus attractif.


