Alternatiba affirme s'appuyer sur des données publiées par la presse locale et sur les déclarations de l'équipe municipale. Le collectif rappelle que, dans le cadre de l'alerte ”crise sécheresse”, ”l'arrosage des espaces verts, massifs, terrains de sport est interdit sauf s'il s'agit d'eau de réserve.”
Selon le communiqué, la Ville utilise les réserves d'eau initialement prévues pour l'arrosage du stade afin d'alimenter les massifs de fleurs. L'association indique également que la préfecture a autorisé un pompage dans le Doubs pour l'arrosage des arbres.
Alternatiba avance les chiffres suivants :
- "92 m³ d'eau par semaine seraient consacrés aux massifs de fleurs annuelles" ;
- "70 m³ seraient destinés chaque mois aux 1 400 jeunes arbres de moins de deux ans, à raison de 100 litres deux fois par mois" ;
- "les arbres de plus de deux ans et certains massifs pérennes, notamment ceux du parc des Glacis, ne seraient plus arrosés" selon l'association ;
- "390 m³ d'eau par semaine seraient utilisés pour l'arrosage du stade Léo-Lagrange".
Le collectif précise également que les réserves d'eau destinées au stade, d'une capacité de 2 600 m³ à Mallarmé et 150 m³ à Brossolette, seraient en cours d'épuisement, une information qui nous a été confirmée par un membre de l'équipe municipale.
Inquiétudes sur le pompage dans le Doubs
Le communiqué revient aussi sur le recours au pompage dans le Doubs. Alternatiba rappelle que l'adjoint Ludovic Fagaut avait justifié cette mesure par un débit de la rivière de ”16 m³/seconde”. L'association affirme que ce débit serait désormais de ”12 m³/seconde”, estimant que cette évolution ”rend le pompage préjudiciable pour la vie de la rivière.”
Un appel à revoir les priorités
Au-delà des chiffres, Alternatiba plaide pour une réorientation de la politique municipale d'arrosage. Le collectif estime qu'”il faut faire usage de raison dans les usages de l'eau municipale et privilégier ce qui sera utile à long terme, à savoir, les arbres et les plantes peu gourmandes en eau.”
L'association reconnaît que cela impliquerait de renoncer à certaines plantations saisonnières : ”Même s'il faut pour cela renoncer au charme des géraniums et des bégonias.”
Elle s'interroge également sur les conséquences de ces arbitrages : ”Combien de jeunes arbres auraient pu être arrosés (et sauvés) avec l'eau dépensée dans les massifs de fleurs éphémères ?”
Un message adressé à la municipalité
Dans son communiqué, Alternatiba critique la stratégie de la majorité municipale, qu'elle juge inadaptée face aux effets du changement climatique. Le collectif affirme toutefois que sa démarche dépasse le débat politique et conclut : ”Nous voulons rappeler encore et encore que nous, toutes et tous qui prenons la parole sur ce sujet, défendons la beauté de notre territoire, sa nécessaire adaptation face à la crise climatique, et cela dans l'intérêt de toutes et tous.”
L'association conclut en expliquant que ”c'est l'effroi qui nous fait prendre la parole et l'espoir de voir la raison s'imposer.”


