Un syndicat colombien porte plainte contre Nestlé

Publié le 01/12/2012 - 08:22
Mis à jour le 01/12/2012 - 11:56

Le ministère public du canton de Vaud, en Suisse, a été chargé vendredi d’examiner une plainte déposée contre Nestlé par un syndicat colombien, qui accuse le géant de l’agroalimentaire d’être co-responsable par négligence du meurtre d’un ancien employé d’une de ses filiales.

La plainte au pénal pour homicide involontaire avait initialement été déposée en mars auprès d'un tribunal de Zoug par le syndicat Sinaltrainal et European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR), une organisation de défense des droits de l'homme basée en Allemagne. Selon le droit allemand, la plainte doit être déposée dans la juridiction où une société à son siège social, a précisé l'association ECCHR. 

Le groupe Nestlé dispose de deux sièges en Suisse, à Vevey dans le canton de Vaud, mais également à Cham dans le canton de Zoug. Vendredi, le Tribunal Fédéral a cependant renvoyé l'examen de la plainte au ministère public du canton de Vaud. 

La victime, Luciano Romero Molina, a longtemps travaillé chez Cicolac, une filiale de Nestlé en Colombie, avant d'être accusé par ses patrons d'avoir collaboré avec la guérilla.Menacé de mort, ce syndicaliste a été assassiné en 2005 à Valledupar.  Ses meurtriers, des paramilitaires, ont été condamnés. Mais un ex-commandant de leur groupe armé a affirmé, lors d'un témoignage, que celui-ci était financé par plusieurs entreprises, dont Cicolac.

 Nestlé réfute...

Nestlé a de nouveau réfuté catégoriquement les accusations portées contre le groupe et les cinq personnes visées par la plainte. "Nous n'avons jamais recouru à la violence et ne nous sommes jamais associés à des criminels. Nous sommes en aucune manière responsables, directement ou indirectement, par action ou omission, de l'assassinat de M. Luciano Romero", a déclaré la porte-parole du groupe. 

Nestlé a rappelé que Luciano Romero avait cessé de travailler pour Cicolac trois ans avant son assassinat, soulignant également que les violences affectaient alors tout le pays. "Des leaders syndicaux ont été menacés, kidnappés et assassinés, tout comme des membres de notre équipe de direction locale, dautres employés et membres de leur famille", a ajouté la porte-parole de Nestlé.

(source : AFP)

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