Témoignage : "je me suis fait escroquer de 300 euros en pensant faire une bonne action"

Publié le 24/07/2017 - 15:38
Mis à jour le 08/08/2017 - 11:16

Le vendredi 14 juillet 2017, un jeune homme de 22 ans a été victime d'une escroquerie sur une route en direction de Pontarlier. Un père de famille étranger, sous prétexte d'être en panne d'essence et sans pouvoir retirer d'euros pour faire le plein, lui propose d'échanger sa monnaie – qui a une valeur bien moindre que celle de l'euro – contre plusieurs centaines d'euros… Confronté au même type d'escroc quelques jours plus tard, il se fait cette fois menacer. Il raconte…

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Image d'illustration ©Alexane Alfaro

Arnaqué

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Franklin – le nom a été changé pour préserver son identité – s’est fait rouler à hauteur de 300 euros alors qu’il se rendait à son travail. Il a tenu à partager son histoire, « pour ne pas que d’autres se fassent avoir comme moi. »

Une rencontre infortunée

Franklin nous raconte qu’il « roule sur la route de Pontarlier, la RD 72, le vendredi 14 juillet. Un peu avant 13h30, j’aperçois une voiture stationnée sur le côté droit de la chaussée avec à son bord un homme, sa femme et ses trois enfants qui me font signe de m’arrêter. Je m’exécute, ils ont l’air en panne et pas méchants – ils sont même super agréables au niveau de la conversation. L’homme dit être un bijoutier bulgare de passage en France. Sa voiture est dans la réserve et il n’a pas d’euros pour mettre de l’essence ; il lui faut trouver une grande ville pour échanger sa monnaie. Il me propose de troquer son argent contre des euros en me montrant une liasse de billets étrangers. Je lui réponds que je n’ai pas de monnaie mais ça ne l’arrête pas : il m’offre d’aller jusqu’à Levier pour y trouver un distributeur et retirer de l’argent. J’accepte.

L’homme monte avec moi, sa femme nous suit avec son véhicule et les enfants. Sur le trajet, il me demande si j’ai Internet sur mon téléphone afin de consulter le cours de sa monnaie. Il me le montre, un lev valant 0,51 euros. Il me propose de lui échanger 500 euros contre 1000 leva. Je lui dis que je n’ai pas autant et que je ne peux retirer que 300 au maximum. Il a l’air un peu hésitant, comme si cela l’embête ; mais il acquiesce quand même.

On va au Crédit Agricole de Levier, je retire l’argent et je lui tends. En échange, il me donne deux billets de 500 leva. Une fois la transaction terminée, il rentre dans sa voiture en me saluant et part en direction de Pontarlier. Je me dis alors que ça s’est bien passé mais je ne me doute pas de l’ascenseur émotionnel qui va me renverser dans la minute qui suit… »

Il se rend compte de son erreur

« Une fois rentré dans ma voiture, je m’aperçois qu’il y a écrit « Budapest » sur les billets. Je me dis, un peu déboussolé : « Mais attends, Budapest c’est pas en Bulgarie ! » Je regarde immédiatement sur Internet une image d’un billet hongrois et me rend vite compte qu’il s’agit bien de forint hongrois (nom de la monnaie). 1000 forint étant équivalent à environ 3,30 euros, je comprends que je me suis fait rouler d’à peu près 300 euros. »

Direction le commissariat…

« J’ai porté plainte à la police le vendredi de l’incident. Je leur ai donné la plaque d’immatriculation, ils me recontacteront s’ils la retrouvent. Les policiers m’ont dit qu’une personne s’était déjà fait escroquer de la même façon fin juin et que cela n’avait rien donné. Je n’attends rien, je n’ai même pas essayé de faire marcher l’assurance ou de contacter la banque car cela représente trop de paperasse et je ne suis pas sûr d’avoir quoique ce soit au bout.

Avec du recul, je suis presque amusé d’être le dindon de la farce, surtout que ce monsieur m’a mis en retard au boulot (rires) ! Mais sur le coup, je me sentais vraiment idiot… Et surtout très déçu d’avoir voulu aider et de m’être fait poignarder dans le dos en retour. »

Quelques jours plus tard, il rencontre le même type d’arnaqueurs et s’arrête

« Le jeudi 20 juillet en revenant du travail, pas très loin du tout du lieu de la dernière fois, deux voitures me demandent de m’arrêter. Je le fais par curiosité. Un homme me ressort presque mot pour mot le même discours : qu’il est en panne, que sa carte ne marche pas et qu’il a besoin d’argent. Je le coupe au milieu de sa phrase. Je lui raconte qu’on m’a fait exactement le même coup quelques jours auparavant et que s’il ne dégage pas, j’appellerai la police. Je continue ma route, fais demi-tour à peine plus loin et je reviens. Je constate qu’ils ne sont pas partis, mais qu’en plus une voiture de personnes âgées est arrêtée à côté d’eux.

La tension étant montée d’un cran lorsque j’avais évoqué la police, je me gare quelques mètres après eux. J’appelle le commissariat et fais un signalement. Je vois ensuite que les futures victimes présumées sont en train de partir. J’essaie de les prévenir mais ils ne s’arrêtent pas. Une des voitures des escrocs les suit et la seconde s’arrête à mon niveau. »

Suivi jusqu’à chez lui

« L’homme commence à m’invectiver, disant que je n’ai rien compris. Tout en étant de plus en plus agressif. Il met sa voiture devant la mienne et me demande de descendre en disant vouloir m’expliquer. Je ne descends bien évidemment pas, je le contourne et file en direction de chez moi. Il prend ma suite.

Sur le trajet du retour, j’aperçois la voiture des personnes âgées arrêtée ; je ne vois pas s’ils sont en train de retirer l’argent, mais ce qui me frappe c’est que l’autre voiture des escrocs est garée juste à côté ! Je ne m’arrête pas par peur de me faire cogner et trace ma route.

La voiture qui me suit continue jusqu’à mon village et s’arrête tout près d’où je suis garé. Ses occupants attendent cinq – dix minutes devant chez moi, jetant des regards menaçants en direction de ma maison. Ils finissent par s’en aller, me laissant nerveux et un peu halluciné par ce qu’il vient d’arriver. »

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