Zones agricoles défavorisées : près de Cluny, un élu rêve aux "gilets jaunes"

Publié le 12/12/2018 - 07:45
Mis à jour le 12/12/2018 - 07:45

Un élu de Saône-et-Loire, resté sans réponse depuis des mois du ministère de l’Agriculture sur le redécoupage de la carte des zones agricoles défavorisées, a semblé mardi se ranger du côté des « gilets jaunes » pour faire entendre sa voix.

"Depuis plusieurs mois, nous attirons l'attention des pouvoirs publics sur l'injustice de ce redécoupage administratif, et il ne se passe strictement rien. Même si une conseillère de l'Elysée nous a parlé, au ministère de l'Agriculture c'est le mutisme complet, on ne nous répond jamais", a déclaré à l'AFP Jean-Luc Delpeuch, président de la communauté de Communes du Clunisois.

Plusieurs élus ruraux de la région avaient menacé en août de démissionner en bloc si les huit communes n'étaient pas réintégrées dans la carte des zones agricoles défavorisées simples (ZDS), dont le redécoupage a suscité de multiples protestations dans plusieurs régions de France depuis le début de l'année.

Les huit communes, qui comptent 29 exploitations agricoles, réunissent tous les critères d'éligibilité (relief, sols rocheux, altitude etc..), pour toucher les aides européennes dites de compensation de handicaps naturels (ICHN), l'élevage est leur activité principale, et aucune diversification agricole n'est possible. La disparition des aides, d'un montant moyen de 5.000 euros par exploitation, met en péril certaines d'entre elles, selon M. Delpeuch.

Or, le ministère de l'Agriculture s'est félicité mardi du bouclage de la carte finale des zones défavorisées simples qui doit entrer en vigueur en 2019 et exclut les 8 communes.

"C'est bien dommage pour nous", a réagi M. Delpeuch. "J'ai rarement connu ça de ma vie d'élu, ce mutisme complet d'un système qui s'en fout, malgré toutes nos lettres depuis des semaines, et juste au lendemain de l'intervention du président Macron à la télévision qui prétend s'appuyer sur les maires". "Je ne suis pas +gilet jaune+, mais je me dis qu'ils ont complètement raison", a-t-il ajouté.

Le redécoupage, "aussi incohérent qu'injuste", selon lui, fait entrer plusieurs communes viticoles prospères du Chalonais, qui ne comptent pratiquement pas d'éleveurs et n'ont donc pas besoin de ces aides, et exclut les huit communes où seul l'élevage est possible.

La Commission européenne "veillera à ce que la pertinence et la cohérence de l'approche méthodologique soient bien expliquées et justifiées lors de la présentation du projet final de zonage", a écrit le Commissaire européen à l'agriculture Phil Hogan aux sénateurs et sénatrice Jérome Durain, Jean-Paul Emorine et Marie Mercier, qui se sont émus de la situation, dans un courrier daté du 29 novembre.

(AFP)

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