Un représentant du Rassemblement National pourrait, lors du prochain conseil communautaire du 20 avril 2026, faire son entrée dans l’exécutif de Grand Besançon Métropole. Il s’agit du maire de Chevroz, Franck Bernard, qui a été pré-désigné par les élus de la section de la Dame Blanche composée des communes de Devecey, Cussey-sur-L’Ognon, Vieilley, Venise, Geneuille, Bonney, Palise, Mérey-Vielley et Chevroz.
D’ordinaire, c’est généralement le maire de la commune la plus grande, Devecey, qui est élu pour être représenté à GBM. Mais cette année, le maire de Chevroz, qui a également été suppléant du candidat RN Éric Fusis lors des élections législatives 2022, a été préféré à Gérard Monnien, ex-conseiller communautaire.
Il est pressenti pour être vice-président au sein du conseil communautaire de Grand Besançon Métropole. Les élus GBM devraient acter cela par un vote lors du prochain conseil communautaire prévu le 20 avril 2026, conformément à la charte de gouvernance de l’agglomération. Une charte "morale", insiste le représentant du PCF Hasni Alem, et non pas un règlement stricte.
Un signal "désastreux" pour le PCF
C’est ce qui a d’ailleurs poussé la section bisontine du parti communiste français à se positionner contre l’entrée d’un élu RN au sein du bureau de Grand Besançon Métropole. Dans un communiqué écrit par l’élu Hasni Alem, le PCF indique sa préoccupation quant à "la banalisation du Rassemblement National à la tête de Grand Besançon Métropole" qui équivaut à "un signal désastreux pour notre démocratie locale". Il évoque "la disparition d’un consensus républicain ancien : celui qui garantissait qu’aucun représentant de l’extrême droite ne puisse siéger à la direction de notre agglomération".
Le PCF rejette cette nomination en avançant qu’elle représenterait un risque pour "la cohésion territoriale" et pour "l’image et l’attractivité de notre territoire fondées sur l’ouverture, la diversité et la coopération". Par son communiqué, Hasni Alem espère "influer sur le vote" du 20 avril prochain et appelle l’ensemble des membres du Conseil communautaire de GBM à "refuser l’élection ou la nomination d’un représentant du Rassemblement National" au bureau de l’agglomération.
LFI dénonce une "alliance croissante entre les différentes droites"
Pour LFI, cette nomination s’effectue "avec le soutien" du maire de Besançon qui "s’apprête désormais à gouverner l’agglomération avec un vice-président issu du RN". Ce positionnement interpelle d’autant plus qu’il intervient après le rétropédalage de Ludovic Fagaut concernant l’attribution d’un poste de vice-président à l’opposition bisontine au conseil communautaire. "Lors de la réunion de secteur, il est revenu sur cet engagement, invoquant la présence d’élu(e)s de La France insoumise à Besançon", évoque LFI dans son communiqué tout en rappelant avoir "clairement indiqué" lors de cette réunion le refus de LFI de siéger au bureau de GBM.
Les Insoumis annoncent s’opposer fermement à cette "recomposition politique à droite" guidée par une "alliance croissante entre les différentes droites, des macronistes, jusqu’à l’extrême droite" et invitent "chacun à juger où se trouve le véritable danger".


