Annie Genevard, une ex-prof à la fermeté assumée nommée à l'Agriculture

Publié le 22/09/2024 - 10:00
Mis à jour le 22/09/2024 - 09:43

Annie Genevard, nommée samedi 21 septembre 2024 ministre de l’Agriculture, est une ancienne professeure de français devenue une figure influente des Républicains, dont elle est l’une des co-dirigeants par intérim, et où elle incarne une ligne plutôt conservatrice, ferme sur la laïcité et l’immigration.

Annie Genevard © Page Facebook/Annie Genevard
Annie Genevard © Page Facebook/Annie Genevard

La vice-présidente de l’Assemblée nationale et députée du Doubs, réélue haut la main en juillet avec plus de 68% des voix face à une adversaire RN, avait un temps été pressentie pour l’Education nationale. Elle avait même fait part il y a quelques jours de son intérêt pour la rue de Grenelle.

Mais cette élue d’un territoire rural, âgée de 68 ans, prendra finalement les rênes du ministère de l’Agriculture.

"L’agriculture ne doit pas être la variable d’ajustement des accords commerciaux. Notre inquiétude est celle des filières agricoles concernant les viandes étrangères: traçabilité, farines animales, antibiotiques activateurs de croissance", écrivait-elle en 2019, pour justifier son opposition au Ceta, le traité de libre échange entre l’Union européenne et le Canada.

"Je travaille pour les agriculteurs depuis bien longtemps", a-t-elle déclaré peu de temps avant sa nomination samedi à France 3 lors d’un déplacement sur des comices agricoles.

La nouvelle ministre bénéficie d’un solide ancrage politique dans le Doubs, où elle est née et où sa mère, Irène Tharin, fut députée UMP (2002-2007). Elle-même a été conseillère régionale (2004-2012) de Franche-Comté et maire (2002-2017) de Morteau, petite ville de 6.800 habitants proche de la frontière suisse et réputée pour sa saucisse.

Pendant le premier mandat d’Emmanuel Macron (2017-2022), Mme Genevard était déjà l’une des vice-présidentes de l’Assemblée, ce qui l’a conduite à présider de nombreuses séances dans l’hémicycle, une fonction où elle se targue de ne pas avoir "hystérisé" les débats.

Lors de ses interventions à l’Assemblée nationale - où elle siège depuis 2012 - elle a dénoncé à plusieurs reprises "les attaques en règle contre la laïcité de la part d’un islamisme conquérant" ou "l’insécurité qui gangrène certaines de nos écoles", thème sur lequel elle s’exprime plus souvent que sur l’agriculture.

Fermeté sur l’immigration

Mère de deux enfants, elle assure avoir grandi dans un environnement aux opinions variées "où on écoutait Ferrat, où on lisait Aragon" (deux références marquées à gauche), contribuant à "une forme de tolérance", et affirme ne pas pouvoir "détester une personne parce qu’elle ne pense pas comme (elle)".

Proche de Laurent Wauquiez, cette filloniste qui fut opposante au mariage pour tous en 2013, a été conseillère pendant la campagne présidentielle de Valérie Pécresse en 2022.

Fin 2023, elle faisait partie des négociateurs de son parti sur le dossier de l’immigration, poussant une version très ferme de cette loi finalement adoptée avec les voix du Rassemblement national.

Très récemment, elle s’est encore prononcée pour une réforme de l’aide médicale d’Etat (AME). Ce dispositif, qui garantit aux étrangers en situation irrégulière depuis plus de trois mois en France la prise en charge gratuite de soins médicaux sous condition de ressources, est aujourd’hui "beaucoup trop large", selon elle.

Sa nomination va ouvrir un poste convoité de vice-président de l’Assemblée, que les groupes pourraient se disputer via un vote dans l’hémicycle.

(Source AFP)

Politique

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