Assassinat d'un jeune homme en Haute-Saône : un couple mis en examen pour complicité

Publié le 23/10/2021 - 09:12
Mis à jour le 23/10/2021 - 09:12

Un homme et une femme soupçonnés d’avoir participé, en août en Haute-Saône, à l’organisation de l’assassinat d’un étudiant de 19 ans auquel ils voulaient voler environ 200.000 euros de cryptomonnaie, ont été placés en détention ce vendredi 22 octobre 2021, a annoncé le procureur.

Etienne Manteaux, procureur de la République de Besançon. © Alexane Alfaro
Etienne Manteaux, procureur de la République de Besançon. © Alexane Alfaro

Mis en examen pour "complicité d'assassinat", ils ont reconnu avoir été informés du projet de trois de leurs proches de tuer la victime, a précisé lors d'une conférence de presse le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux. Ces trois proches avaient, eux, déjà été mis en examen et écroués pour"assassinat" en août dernier.

Une "séance de torture"

Le 18 août, le corps de l'étudiant, originaire de Tours, avait été retrouvé dans un étang à Planche-Bas, petite commune située dans l'est de la Haute-Saône. L'autopsie a révélé plus d'une vingtaine de coups de couteau au niveau du cou et du torse, dont aucun n'a été mortel, ce qui permet d'envisager "une séance de torture", selon le magistrat. L'étudiant est finalement mort noyé, après avoir été jetée dans l'étang, encore agonissant.

200.000 euros en cryptomonnaie

D'après les investigations de la section de recherches de la gendarmerie de Besançon, ce passionné d'informatique avait "créé un logiciel pour boursicoter dans le domaine des cryptomonnaies", a précisé le commandant Yves Raguin. Il avait révélé à son compagnon, un homme de 32 ans domicilié à Montbéliard (Doubs), avoir amassé environ 200.000 euros en cryptomonnaie, dont des bitcoins. Ce dernier en avait informé à son frère jumeau et sa femme, domiciliés en Haute-Saône, qui hébergeaient deux jeunes de leur famille à la personnalité fragile, âgés de 18 et 23 ans.

Lors de la découverte du cadavre, le compagnon trentenaire avait d'abord déclaré aux gendarmes avoir été été la cible, avec l'étudiant, d'une agression homophobe, avant d'admettre lors de sa garde à vue avoir participé à l'assassinat, avec les deux jeunes de 18 et de 23 ans.

Le trio a reconnu son implication, "même si personne n'assume avoir donné les coups de couteau", a souligné le procureur.  Et les suspects ont finalement révélé que le frère jumeau et sa femme les avait aidés à préparer le crime.

Ces cinq individus aux revenus modestes avaient déjà déterminé la répartition du butin à venir. Ils auraient par ailleurs fomenté une première tentative d'assassinat qui a échoué la veille du crime. Ils étaient connus de la justice pour des délits mineurs et la femme du groupe, qui avait ouvert un compte en ligne avant l'assassinat, a déjà été condamnée pour des escroqueries, selon M. Manteaux.

(Source AFP)

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